Les bons d'État plus généreux, pas les carnets d'épargne

©Frank Toussaint

Le prochain bon d’État sera (un peu) plus intéressant pour les épargnants que lors de la précédente émission. Les banques ne sont manifestement pas près de suivre le mouvement.

Les taux auraient-ils touché le fond? Alors que les épargnants s’étaient habitués à n’être pratiquement plus rémunérés, les carnets des grandes banques n’offrant bien souvent pas plus de 1% au grand maximum, voici que le nouveau bon d’État reprend, pour la première fois depuis septembre 2013, le chemin de la hausse.

0,80 %
Pour la première fois depuis septembre 2013, le taux du bon d’État remonte. Il était de 0,60% lors de l’émission précédente

Le coupon du bon d’État à 10 ans qui sera émis le 4 juin 2015 prochain est en effet fixé à un taux brut de 0,80%, contre 0,60% lors de la précédente émission (pour rappel, un précompte de 25% ampute encore ce rendement brut).

Le prix d’émission est fixé à 100% et la période de souscription sera ouverte du 26 mai 2015 au 3 juin 2015 inclus, avec versement des fonds le jeudi 4 juin 2015.

La dernière émission, qui date de mars 2015, avait à peine récolté 3,49 millions d’euros, soit le plus faible montant jamais levé par l’Agence de la dette.

Les banques se taisent

Les banques vont-elles suivre le mouvement? Alors qu’elles n’ont pas hésité à (fortement) relever leurs taux hypothécaires depuis la mi-avril, on ne peut pas dire qu’on se bouscule pour annoncer de meilleurs rendements sur les carnets, les bons de caisse et les comptes à terme.

Émission obligataire
Engraisser ses économies de 2,25% par an?

Le groupe gantois Vandemoortele (margarines, produits de boulangerie surgelés...) lance une offre publique d’obligations à 7 ans qui offriront un rendement brut de 3,06% par an, soit un rendement actuariel brut de 2,762% puisque les obligations sont émises à 101,875% du prix qui sera remboursé à l’échéance.

Chaque année, ces titres, qui sont accessibles à partir de 1.000 euros, donneront donc droit à un coupon net de 2,295% (3,06% moins le précompte de 25%) ou 2,25% en tenant compte de la prime.

La souscription, qui vise à lever entre 75 et 100 millions d’euros, commence ce 22 mai à 9 heures et se terminera, à moins d’une clôture anticipée, le 9 juin à 16 heures. Disponibles chez Belfius, ING, KBC, BNP Paribas Fortis, Rabobank et Degroof. 

Voici une réponse type, en l’occurrence celle du service de presse d’Argenta, qu’on aurait pu écrire d’avance: "Nous ne prévoyons pas de modification tarifaire sur les produits d’épargne actuellement. Nous suivons bien entendu de près tous les facteurs pertinents".

ING parvient toutefois à faire plus court encore: "ING Belgique suit l’évolution des taux du marché de près". KBC n’a "rien à signaler" non plus et Belfius n’a "pas de projet de modification des taux d’intérêt sur les comptes d’épargne".

Chez Deutsche Bank, Jean-Michel Segers relève que "si aucune hausse de taux n’est prévue, c’est parce que les rendements des produits d’épargne sont liés aux taux à court terme sur le marché. Or le taux belge à deux ans est encore négatif et le taux à trois ans est tout juste positif. En fait, l’épargne est déjà sur-rémunérée en Belgique".

Les obligations, un pas vers le risque

Restent les alternatives. Ainsi les sociétés qui font appel à l’épargne publique, comme Vandemoortele pour l’instant (voir encadré ci-dessous), offrent des rendements largement supérieurs sur leurs émissions obligataires.

Mais ces placements ne présentent évidemment pas le même niveau de risque. Non seulement les obligataires peuvent perdre une partie de leur mise en cas de faillite de la société émettrice (même s’ils passent à la caisse avant les actionnaires), mais en outre, de tels emprunts ne sont pas couverts par la garantie de l’État qui protège l’épargne réglementée à hauteur de 100.000 euros par compte et par épargnant.

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