Les conseillers-robots plus efficaces pour les placements?

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Aux Etats-Unis, les courtiers comme Charles Schwab proposent à leurs clients d’être conseillés par des robots, afin de les retenir. Avec les changements de régulation en Europe, ces robots pourraient aussi tirer leur épingle du jeu.

Les conseillers financiers laisseront-ils bientôt place à des robots? Aux Etats-Unis, une partie des investisseurs est déjà conseillée par un logiciel. Pas moins de onze sociétés, dont Betterment, Personal Capital et Wealthfront, offrent ce service à leur clientèle. Et même des courtiers s’y mettent, à l’image de Charles Schwab, une firme basée à San Francisco (non loin de la Silicon Valley), spécialisée dans les ETF (fonds indiciels). Le courtier n’a pas basculé complètement dans le conseil financier robotisé.

19 milliards $
Aux Etats-Unis, seule une toute petite partie de l’argent des particuliers est gérée par un robot, mais la tendance progresse selon Deloitte.

Mais depuis le début de l’année, il a commencé à proposer ce service, afin de retenir sa clientèle. Son Schwab Intelligent Portolio présente l’avantage de ne pas compter de frais de conseil, et de demander des commissions de gestion de 0,15 à 0,35% des actifs sous gestion, bien moins que pour les conseils financiers humains du courtier. Il souhaite aussi attirer une plus jeune clientèle, alors que la base de ses clients a passé la cinquantaine.

Un phénomène encore confidentiel

Selon un rapport de Deloitte, à la fin 2014, 19 milliards de dollars étaient gérés ainsi par les onze sociétés leaders des conseillers-robots outre-Atlantique, soit une progression de 65% sur une période de 8 mois. Mais la firme de consultance note que ce montant représente une goutte d’eau par rapport aux 25.000 milliards d’actifs de particuliers gérés aux Etats-Unis.

Morningstar relève pour sa part que les conseillers-robots attirent surtout les clients les moins fortunés. La firme a calculé que les clients avec 25.000 à 35.000 dollars en portefeuille ont tendance à s’orienter vers des conseils financiers automatisés, alors que ceux qui possèdent dix fois plus privilégient encore le contact avec un conseiller humain.

Deloitte souligne cependant que cette digitalisation des conseils financiers pourrait encore progresser aux Etats-Unis et envahir le Royaume-Uni. Comme le pointe son rapport, l’avantage de ces conseils robotisés repose sur leur très faible coût et leur accessibilité aisée, même si pour l’instant, les clients ne se bousculent pas.

Naviguer dans le vaste monde des placements

Dans le contexte actuel de changement de régulation en Europe pourrait aussi favoriser l’essor de ce type de gestion à faible coût. Car la directive MiFID 2, prévue pour janvier 2017, vise à supprimer le régime des rétrocessions, ces commissions que versent les gestionnaires de fonds aux distributeurs de leurs produits auprès de la clientèle. Aux Pays-Bas, cette règle a déjà été adoptée depuis l’année passée. Les clients se sont retrouvés à devoir choisir entre payer une commission pour pouvoir se faire conseiller sur un fonds ou prendre eux-mêmes leurs décisions de placements. Beaucoup ont privilégié la seconde option. Avec le problème de se retrouver noyés par l’offre de placements.

Les algorithmes utilisés par les conseillers-robots sont capables de naviguer à travers la grande quantité de placements qui existent, et en sélectionner quelques-uns. Toutefois, comme le pointe Dan Hallett, directeur de HighView Capital Group, ces algorithmes ne cherchent pas la simplicité, et restent perfectibles. Ils posent toutefois un sacré défi.

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