Les dessous du succès de la nouvelle Olo

©REUTERS

La nouvelle obligation que l’État belge a émise lundi a rencontré un succès historique en partie grâce aux inquiétudes qui ont précédé le discours de la Première ministre du Royaume-Uni.

Six milliards d’euros: jamais l’État belge n’avait emprunté un tel montant en une seule opération sur le marché des obligations.

Dans un communiqué publié ce mercredi, l’Agence de la dette donne les détails de cette levée de fonds record qui a permis au Trésor public de déjà réaliser plus de 15% de son programme de financement de 2017 et d’émettre plus de 17% du montant que les obligations linéaires (Olo) doivent rapporter cette année.

Mardi, l’Agence de la dette était sur le pied de guerre. Il s’agissait de lancer le traditionnel nouveau "benchmark", c’est-à-dire une nouvelle ligne d’obligations à dix ans qui sera utilisée tout au long de l’année pour refinancer la plus grosse partie de la dette publique belge.

Plusieurs records

Moins de trois heures après la première prise de contact avec les investisseurs potentiels, le carnet d’ordres, qui accueille les offres des investisseurs intéressés par l’emprunt belge, a été bouclé, la demande atteignant 21,5 milliards d’euros, un record absolu. "La qualité du carnet d’ordres a permis à l’Agence de la dette de fixer le montant de la nouvelle émission à 6 milliards d’euros", précise le communiqué, un montant historique pour l’État belge.

Le coupon de cette nouvelle Olo a été fixé à 0,80%. Il s’agit là aussi d’un record: jamais l’État n’avait placé une obligation "benchmark" à dix ans à un taux inférieur à 1%.

Mercredi matin, Jean Deboutte, directeur à l’Agence de la dette, était quasiment euphorique: "C’est un véritable succès, on peut déjà dire que c’est l’un des deals de l’année 2017."

Effet Theresa May

Selon lui, si la demande des investisseurs a été aussi forte, c’est parce que l’émission d’Olo a eu lieu au bon moment et dans le meilleur des contextes. "Nous avons eu un peu de chance, reconnaît Jean Deboutte. Nous avons bénéficié d’un bon timing. Mardi matin, le marché était caractérisé par un ‘flight to quality’ (recherche de titres de bonne qualité, NDLR) vers les obligations de la zone euro, notamment parce qu’on attendait un discours de la Première ministre du Royaume-Uni sur le Brexit."

Le succès de cette émission a eu un effet sur le marché secondaire. Mardi, la forte demande de titres belges a fait baisser le taux de l’Olo à dix ans de 3 points de base (0,03 point de pourcentage), à 0,64%, alors que le taux allemand, référence du marché, était resté stable. Pour Jean Deboutte, "c’est remarquable. Notre taux à dix ans est désormais 9 points de base plus bas que celui de la France, ce qui n’était jamais arrivé", souligne-t-il.

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