Les investisseurs sont plus pessimistes, selon J.P. Morgan

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J.P. Morgan AM constate dans un sondage que les investisseurs sont moins optimistes qu’en 2015 dans leurs intentions d’investissement. Les actions ont toutefois encore la cote.

Pour la deuxième année consécutive, la firme d’investissement J.P. Morgan Asset Management a demandé à certains de ses clients de dévoiler leurs intentions de placement. Quelque 345 investisseurs au Luxembourg, à Amsterdam, à Genève et à Bruxelles (95) se sont prêtés àl’exercice. Par rapport à l’année dernière, ils se sont montrés moins optimistes pour les actions pour cette année. Quelque 75% des clients belges indiquaient vouloir augmenter leur exposition en actions en 2015, contre 58% pour cette année. Ils veulent aussi réduire leur exposition aux actions américaines, asiatiques et émergentes. Un paradoxe, alors que les actions européennes sont celles, avec les valeurs chinoises, qui souffrent le plus depuis le début de l’année, alors que les actions américaines et même celles des pays émergents offrent une résistance.

91 milliards €
Les coco bonds ont été émis pour ce montant depuis 2013 par les banques. Ils inquiètent et pourtant, chez J.P. Morgan, on garde confiance.

Quant à leurs intentions de placement en obligations, Nicolas Deblauwe, responsable Benelux pour J.P. Morgan AM, constate que "de plus en plus de clients sortent des obligations pour se tourner vers des fonds multi-actifs". Une tendance qui s’observe selon lui dans tout le secteur des fonds. Chez J.P. Morgan AM, leur fonds bestseller, Global Income, a profité de ce mouvement, précise Nicolas Deblauwe.

Janvier difficile

Le sondage a été effectué entre décembre et janvier auprès des investisseurs, une période particulièrement délicate, puisque les marchés d’actions européens ont connu une fin d’année très hésitante, avant de connaître leur pire mois depuis la crise financière de 2008. Et il faut ajouter qu’en janvier, des prévisions alarmistes venant d’investisseurs chevronnés comme le milliardaire George Soros, et même le patron de la firme d’investissements BlackRock, Larry Fink, n’ont pas rassuré les investisseurs. L’appel d’Andrew Roberts, analyste crédit chez Royal Bank of Scotland, de tout vendre à part des obligations de qualité, a été répercuté même dans la presse généraliste…

Pourtant, chez J.P. Morgan AM, Vincent Juvyns, responsable de la stratégie d’investissement, ne comprend pas la peur qui s’est installée la semaine dernière sur les marchés, ciblant en particulier les banques. Les craintes d’une récession aux Etats-Unis ont hanté l’esprit des intervenants de marché. Pourtant, Vincent Juvyns écarte ce scénario. "Les résultats des banques américaines donnent l’illustration de la bonne santé de l’économie américaine. Ceux-ci sont notamment tirés par les prêts", indique-t-il. "80 à 85% des entreprises du S&P 500 ont publié des résultats positifs. Et si l’on prend la performance du S&P 500 depuis le début de l’année, en excluant les sociétés du secteur de l’énergie, elle s’élève à 8%", ajoute-t-il.

Reprise de risques

Vincent Juvyns souligne que les investisseurs institutionnels, comme les assureurs et les fonds de pension, ont repris des risques sur les marchés, en ciblant les actions européennes et les obligations convertibles.

Dans la classe des obligations convertibles se retrouvent les ‘contingent convertibles’ des banques (coco bonds), dont le cours a dégringolé depuis le début de l’année. Mais Vincent Juvyns indique que sa firme investit dans les coco bonds. "Il n’y a pas de stress sur les financières", constate-t-il, en dénonçant de "l’intox".

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