Les marchés tiraillés entre la politique et l'actualité des entreprises

©REUTERS

Au menu de la semaine sur les marchés financiers, la politique à toutes les sauces. Donald Trump prête serment ce vendredi, tandis que Theresa May doit faire le point sur l'avenir du Royaume-Uni. La saison des résultats a par ailleurs démarré à Wall Street.

Les investisseurs font preuve de prudence en ce début d'année dans l'attente de l'investiture de Donald Trump le 20 janvier. La thématique politique prédominera aussi en Europe cette semaine, avec les détails très attendus de la stratégie de Londres sur leBrexit. Dans ce contexte, les entreprises et la Banque centrale européenne (BCE) devront jouer des coudes pour s'imposer sur l'agenda des marchés, à l'instar de la méga-fusion annoncée ce lundi entre Essilor et Luxottica.

Aux Etats-Unis, les incertitudes demeurent nombreuses sur les mesures que pourraient prendre le président américain élu lors de ses 100 premiers jours. Lors de sa première conférence de presse mercredi, Donald Trump n'a donné que peu de précisions sur ses projets de relance budgétaire et de politique commerciale, ainsi que sur ses promesses de baisse de la fiscalité et de déréglementation de certains secteurs d'activité.

Les investisseurs suivront donc de près le discours d'investiture vendredi du président élu, qui fait traditionnellement office de pierre angulaire du mandat à venir.

"Les marchés seront à l'affût d'indications sur le type d'administration qui commencera à prendre forme"
analystes d'Investec

Mario Draghi interrogé sur le retour de l'inflation

©EPA

En Europe, la BCE se sera réunie la veille pour rendre sa décision de politique monétaire. Peu d'annonces sont attendues après les mesures entreprises en décembre, et ce en dépit du retour de l'inflation en zone euro qui poussent certains économistes et responsables politiques allemands à plaider pour une inflexion de la politique de la BCE.

Le mois dernier, les prix à la consommation dans l'union monétaire ont crû de 1,1% sur un an, ce qui représente le plus fort taux d'inflation depuis septembre 2013. Les chiffres définitifs seront publiés mercredi. "Il sera intéressant de voir si la progression modeste de l'inflation de base a été tirée par une hausse temporaire des prix des forfaits vacances enAllemagne ou par des pressions fondamentales sur les prix, qui pourraient être durables", indiquent les économistes de Credit Suisse.

Cette question de l'inflation devrait constituer un des éléments clés de la traditionnelle conférence de presse de Mario Draghi après la réunion du conseil des gouverneurs. Tout commentaire du président de la BCE sur l'arrivée du prochain président américain sera également scruté.

Retour des méga-fusions en Europe

Côté entreprises, Essilor et Luxottica ont frappé fort en ce début de semaine avec l'annonce de leur projet de fusion. Véritable "serpent de mer", ce rapprochement entre le fabricant français de verres optiques et le fabricant italien de lunettes s'est finalement concrétisé dans un contexte difficile pour le secteur et alors que la question de la succession de Leonardo Del Vecchio, le fondateur de Luxottica, se faisait de plus en plus pressante.

Le bal des publications de résultats aux Etats-Unis pour le quatrième trimestre devrait également contribuer à animer le marché cette semaine. La saison montera en puissance, avec notamment de nouvelles publications parmi les banques, dont Morgan Stanley, Citigroup et Goldman Sachs. General Electric, considéré comme un baromètre de l'économie, publiera ses comptes trimestriels en fin de semaine.

Selon le consensus FactSet, les analystes tablent sur une progression de 2,6% des bénéfices par action des entreprises du S&P 500 au quatrième trimestre, et sur une hausse de 5,3% de leur chiffre d'affaires. Cela marquerait un nouveau trimestre de croissance pour les sociétés américaines, après l'amélioration constatée au troisième trimestre.

Les analystes interrogés par FactSet misent sur une progression de 12,2% des bénéfices par action des entreprises du S&P 500 pour l'ensemble de 2017, après une petite progression attendue de 1,3% en 2016.

En Belgique, Bone Therapeutics doit publier son business update mardi et les résultats d'Ahold Delhaize sont attendus jeudi matin. 

Quelle stratégie du Royaume-Uni sur le Brexit ?

D'autres rendez-vous sont prévus cette semaine, avec notamment le début mardi du Forum économique mondial de Davos. Par ailleurs, plusieurs banquiers centraux doivent s'exprimer : la présidente de la Réserve fédérale (Fed), Janet Yellen doit prononcer des discours mercredi et vendredi tard dans la soirée. D'autres discours de membres du comité de politique monétaire (FOMC), comme William Dudley etJohn Williams, sont aussi attendus dans les prochains jours.

De son côté, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, s'exprimera lundi sur les problématiques de la banque centrale. Le lendemain, la Première ministre britannique, Theresa May, dévoilera son approche du Brexit dans un discours très attendu. La chef du gouvernement s'est jusqu'ici refusée à donner des détails sur sa stratégie concernant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Son ministre de l'Economie, Philip Hammond, a toutefois prévenu que faute d'avoir accès au marché européen, le pays pourrait "changer de modèle" économique: en clair, le Royaume-Uni n'hésiterait pas à jouer du levier fiscal pour gagner en compétitivité en cas de "hard Brexit", une perspective qui fait chuter la livre lundi matin.

La procédure de Brexit doit officiellement débuter avant la fin mars, avec l'activation de l'article 50 du Traité de Lisbonne.

 

©AFP

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés