Les prix pétroliers ont perdu plus de 20% depuis juin

©REUTERS

La perspective d’une offre plus élevée et d’une faible croissance mondiale recommence à peser sur les prix du brut, après leur rebond du premier semestre.

Les prix du pétrole sont à nouveau en "bear market" (marché baissier). Autrement dit, leur baisse de lundi soir les a fait retomber plus de 20% sous leurs sommets du mois de juin, qui se situent à 51,23 dollars pour le baril de "light sweet crude" (West Texas Intermediate ou WTI) et 52,51 dollars pour le baril de Brent de la mer du Nord. Mardi, les prix pétroliers ont bénéficié d’un rebond technique. Le Brent est revenu à 43 dollars le baril, contre 42,14 dollars la veille et le baril de WTI a dépassé 40,50 dollars, contre 40,06 lundi soir. Mais les achats à bon compte qui ont permis cette petite remontée ne parviennent pas à occulter le problème de l’offre excédentaire de pétrole, qui avait fait chuter les cours en dessous de 30 dollars début 2016.

40 $
Le prix du baril de pétrole américain est passé sous le seuil symbolique de 40 dollars lundi soir pour la première fois depuis le 20 avril 2016.

"Les prix du pétrole se sont légèrement redressés mardi après que les deux contrats de référence principaux que sont le WTI et le Brent sont entrés en territoire baissier lundi", confirmait Hussein Sayed, analyste chez FXTM. Mais en dépit de ce rebond, dû essentiellement à des achats à bon compte favorisés par la forte baisse des cours depuis un mois et par la faiblesse actuelle du dollar, devise dans laquelle sont libellés les prix du brut, le marché pétrolier restait foncièrement orienté à la baisse. Selon Hussein Sayed, les mêmes facteurs qui ont entraîné les prix à leurs niveaux planchers sur plus de dix ans en début d’année sont de retour sur le devant de la scène.

La Libye est de retour

En janvier (pour le Brent) et février (pour le WTI), les cours avaient atteint des plus bas de près de 13 ans, en dessous de 30 dollars, sous l’effet cumulé de l’excès d’offre, d’une croissance mondiale morose, de la faiblesse de la demande et des inquiétudes sur l’essoufflement économique chinois. "Le rééquilibrage de l’offre et de la demande qui devait se produire dans la seconde partie de l’année semble avoir été reporté à 2017 alors que la production interrompue dans certaines zones a repris, que l’on s’attend à ce que la production de l’Organisation des pays producteurs de pétrole augmente à des niveaux records et que le nombre de puits de forage en activité a continué à progresser aux Etats-Unis", poursuivait Hussein Sayed.

De plus, l’Arabie saoudite a baissé le prix de vente de son pétrole à destination de l’Asie et le gouvernement libyen est parvenu à un accord au cours du week-end pour relancer ses exportations de brut depuis deux terminaux pétroliers jusqu’alors fermés. Dans ce contexte, le WTI est même tombé lundi sous la barre des 40 dollars le baril pour la première fois depuis avril, atteignant jusqu’à 39,82 dollars le baril en séance.

Si le Brent venait à lui emboîter le pas en tombant également à 40 dollars le baril, "cela marquerait une annulation de 50% des gains réalisés depuis son plus bas de cette année" en janvier, relevait Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets. David Lennox, analyste chez Fat Prophets à Sidney, a déclaré à Bloomberg que l’excès d’offre allait continuer de peser sur les prix. "Nous continuons de penser que le seuil de 40 dollars est une zone autour de laquelle le prix va se maintenir", a-t-il dit.

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