Octobre détonant sur les Bourses

©Vince

Tout indique que la fin d’année sera positive sur les Bourses. Il sera néanmoins difficile de répéter les hausses de 7 à 8% enregistrées en octobre.

C’est la surprise du mois d’octobre: les Bourses ont non seulement repris de la hauteur, mais elles signent aussi à ce jour leur meilleur bilan mensuel de 2015 et même depuis le mois de juillet 2009. Qui aurait pu imaginer cela, alors qu’au cours de l’été, les marchés ont passé le plus clair de leur temps à broyer du noir? Au point que les indices boursiers étaient revenus à leur niveau du début de l’année. Parfois même, comme à Wall Street, ils avaient carrément viré dans le rouge.

L’indice Stoxx 600 paneuropéen a regagné 7,95% au cours des quatre dernières semaines pour revenir à 375,47 points. Chez nous, à la Bourse de Bruxelles, l’indice Bel 20 est remonté de 7,63% à 3.600,20 points.

L’indice S & P 500 de Wall Street a pour sa part récupéré 8,83% à 2.089,5 points.

Cette superbe performance des Bourses apporte une fois encore un démenti catégorique à la réputation que traîne ce mois d’octobre auprès de certains commentateurs boursiers. Entre 2001 et 2015, octobre s’est clôturé 11 fois sur un bilan positif. 4 seulement ont enregistré des pertes. Par contre, il faut bien reconnaître que les plus importantes crises boursières ont souvent lieu au cours de ce premier mois d’automne.

Fin d’année favorable

À présent, ce qui préoccupe surtout les investisseurs, et on le comprend fort bien, c’est la question de savoir si les marchés boursiers seront en mesure de poursuivre sur leur lancée pour le restant de l’année. Dans son billet boursier, Philippe Gijsels (BNP Paribas Fortis) rappelle qu’"au cours des 100 dernières années, près de 80% de tous les bénéfices boursiers ont été réalisés entre Halloween (novembre) et le mois de mai. Les 20% restants l’étant entre mai et fin octobre".

Est-ce pour autant qu’il faille s’imaginer que nous sommes réellement au seuil d’un marché boursier prometteur? C’est peut-être aller vite en besogne que d’affirmer cela. Tous les experts de la finance s’accordent sur ce point: les fins d’années sont traditionnellement positives sur les marchés boursiers. Pour 2016 par contre, les incertitudes sont telles aujourd’hui, qu’il est difficile de déjà établir des pronostics.

Par ailleurs, après avoir tant brillé en octobre, rien ne permet de prévoir que les indices continueront à progresser au même rythme. Sur ce point, les années passées peuvent aussi nous éclairer. Le dernier trimestre a été positif pour le Stoxx 600 à 11 reprises depuis 2000. Les chances de bien terminer 2015 sont donc élevées. Tout indique que pour cet indice qui gagne déjà près de 10% depuis janvier, le bilan annuel sera favorable.

©Patrick Pdhaeyere

Les Bourses ont rebondi partout dans le monde

Quant à la question de savoir si les mois de novembre et de décembre seront aussi beaux qu’octobre. Là, le doute est permis. On observe en effet que, depuis 2000, si le mois d’octobre a été brillant, les deux mois qui suivent le sont moins. Quand le Stoxx 600 avait gagné 7,09% en octobre 2003, il avait limité ses gains à 0,8% et 2,7% respectivement les deux mois suivants. Plus près de nous, en 2011, les Bourses avaient gagné 7,65% en octobre. Mais affiché une perte de 1,4% le mois suivant avant de regagner 1,9% en décembre.

Autre exemple, octobre 2002 s’était achevé sur un bond de 9,4% pour les marchés. Ceux-ci ont encore gagné 4,4% en novembre de la même année, mais reculé de 9% en décembre.

En revanche, quand les performances sont moyennes en octobre, les chances sont alors plus grandes alors de connaître de beaux mois de novembre et décembre.

Les raisons du rebond

Pour tenter de prévoir la direction que prendront les marchés dans les semaines à venir, il peut être utile avant tout de savoir pourquoi ils ont rebondi en octobre. Simple reprise technique, prétendent certains. Retour à des valorisations plus attrayantes après la correction subie durant l’été, avancent d’autres. Probablement ces deux raisons à la fois.

Il reste que la remontée des marchés s’est effectuée entre deux réunions qu’a tenues la Banque centrale américaine (Fed) consacrée à sa politique monétaire. La première a eu lieu à la mi-septembre, la seconde lors de la semaine qui vient de s’écouler.

Pour justifier sa décision de ne pas avoir relevé ses taux directeurs au terme de sa réunion de septembre, la Fed avait dit tenir compte notamment des difficultés rencontrées par les régions émergentes sur le plan économique. Avec le recul, on s’aperçoit que ces propos ont contribué à stabiliser les Bourses de ces pays en développement ainsi que leurs devises. Si pas même à les replacer sur un trend positif. Après 5 mois de recul, l’indice MSCI des Bourses émergentes a ainsi repris 7,1% au cours des quatre dernières semaines.

Parallèlement, les mesures adoptées par la Chine, telle que la décision de baisser son taux directeur, ont permis d’atténuer la chute de sa devise, le yuan, face à l’euro et au dollar. Une chute, on s’en souviendra, qui avait suivi la décision prise en août par la Banque Populaire de la Chine de dévaluer sa monnaie.

De l’évolution de la situation économique dans ces régions du monde, dépendra en fait pour beaucoup celle des marchés boursiers européens et américains dans les mois à venir. Des marchés boursiers dont les niveaux de valorisation ont, suite à leur récent rebond, à nouveau perdu de leur attractivité (P/E de 18,5 pour le Stoxx 600 et de 17,2 pour le S & P 500). Et ce ne sont pas les résultats de sociétés en cours de publication qui embelliront ces ratios. À Wall Street, la croissance moyenne des bénéfices des 320 sociétés qui ont déjà communiqué leurs chiffres, a été quasi nulle au 3e trimestre.

En dépit du maintien inchangé des taux d’intérêt américains, l’euro qui était monté jusqu’à 1,147 dollar à la mi-octobre, est redescendu pour revenir à 1,104 à la veille de ce week-end. En cause, la promesse de la Banque centrale européenne (BCE) émise il y a dix jours d’en faire plus si nécessaire en décembre afin de soutenir l’économie du Vieux Continent. Celle-ci renâcle toujours à s’activer davantage. Les inquiétudes persistantes de la BCE après 8 mois de politique monétaire extra-accommodante permettront-elles au Stoxx 600 d’aller beaucoup plus haut? À suivre.

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