Perte abyssale pour EON

©REUTERS

Le géant allemand des services aux collectivités E.ON annonce des charges supplémentaires liées à ses centrales électriques qu'il s'apprête à scinder, portant le total des dépréciations à plus de 18 milliards d'euros depuis 2014, soit un montant proche de sa capitalisation actuelle.

Sous l'effet de nouvelles provisions et dépréciations sur ses activités de production fossile d'énergie, les comptes semestriels du numéro un allemand de l'énergie EON affichaient de nouvelles pertes abyssales, provoquant son plongeon en Bourse.

"Des dépréciations sur les centrales électriques et réservoirs à gaz et des provisions à hauteur de 3,8 milliards d'euros (...) ont conduit à une perte élevée de quelque 3 milliards d'euros chez EON" au premier semestre, a indiqué le groupe, en passe de scinder ses activités traditionnelles à la peine et ses activités plus rentables dans les renouvelables et les réseaux.

Ces résultats ont fait plonger le titre du groupe à la Bourse de Francfort.

Passées au deuxième trimestre (avril à juin), ces charges ont entraîné pour la période une perte encore plus lourde de 4,2 milliards, selon le rapport trimestriel d'EON.

En passant ces dépréciations au premier semestre, le groupe, en pleine refonte, a pris les devants en prévision de la mise en Bourse prévue en septembre d'Uniper, nouvelle entité qui regroupera ses activités dans le charbon et le gaz, et devrait faire ses débuts sur le parquet avec un bilan nettoyé.

• La valeur comptable d'Uniper a ainsi été réduite à environ 12 milliards d'euros, a souligné le directeur financier du groupe, Michael Sen, lors d'une conférence téléphonique, expliquant les dépréciations et provisions entre autres par "une hausse des risques concrets liés à la réglementation pour les centrales électriques" ainsi que par des difficultés dans l'activité de stockage du gaz.

"Il est très probable que la dépréciation ne suffise pas", estime Guido Hoymann, analyste de la banque Metzler, cité par Bloomberg News. Il évalue la valeur de marché d'Uniper à environ 3 milliards d'euros, quatre fois moins que sa valorisation comptable actuelle.

 

• Les problèmes

La production fossile d'électricité d'EON, comme de tous ses grands concurrents européens, souffre de la chute des prix de gros de l'électricité et la concurrence des énergies renouvelables. EON, qui a dû déprécier ses comptes de plus de 10 milliards d'euros ces dernières années pour tenir compte de la rentabilité en berne de ses centrales, a déjà essuyé en 2015 une perte nette de 7 milliards d'euros.

Sur le front des rares bonnes nouvelles, EON s'est félicité de la hausse du bénéfice d'exploitation Ebit des activités liées aux énergies renouvelables, en progression de 26% à 254 millions d'euros au premier semestre.

Pour le nouvel EON allégé, le groupe a confirmé ses prévisions, et table en 2016 un bénéfice net compris entre 600 millions à 1 milliard d'euros et un Ebit compris entre 2,7 et 3,1 milliards d'euros.

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