analyse

Spirale négative pour les banques

©REUTERS

Les attentes bénéficiaires du consensus des analystes pour les banques européennes ont plongé de 30%, faisant écho au recul de plus de 30% en moyenne des actions des grands groupes bancaires. ING et KBC restent toutefois sur les listes d’achat de la majorité des courtiers.

Le secteur bancaire européen fait face à une nouvelle crise de confiance depuis le début de l’exercice 2016, avec des cours en recul de plus de 30% en moyenne pour les plus grands groupes, les pires performances étant enregistrées par la Deutsche Bank et le Crédit Suisse ainsi que par les banques italiennes. Et de même, les attentes bénéficiaires au niveau du consensus ont également plongé de plus de 30%. Plusieurs facteurs ont joué dans cette mauvaise performance.

8%
Les revenus nets d’intérêts des banques ont reculé de 8% dans la zone euro depuis le début de cette année, selon une étude de Deutsche Bank.


Craintes

Premièrement, l’action de la Banque centrale européenne a maintenu les taux obligataires à des niveaux extrêmement déprimés, et la politique des taux de dépôt négatifs a entraîné un nouvel effondrement des marges. Selon une étude récente de la Deutsche Bank, les revenus nets d’intérêts ont reculé de 8% dans la zone euro depuis le début 2016. Cette étude pointe également que "depuis janvier 2010, les emprunts dans la zone euro sont restés pratiquement stables tandis que les marges s’effondraient de 14%".

Deuxièmement, l’annonce du Brexit a entraîné une correction pour les banques britanniques, et la baisse des taux annoncée par la Banque d’Angleterre aura à terme un impact négatif sur les marges.

Troisièmement, le Brexit et la baisse des taux ont renforcé la crise pour les groupes bancaires italiens, qui étaient déjà dans une passe difficile avant l’annonce du vote. Les efforts pour apurer le secteur italien ont été moins importants que dans les autres pays, et des provisions devront encore être comptabilisées durant les prochains trimestres dans un contexte économique et réglementaire qui reste difficile. Avec le risque corollaire de devoir recourir à d’importantes augmentations de capital.

Quatrièmement, la baisse des cours boursiers et la forte volatilité sur les marchés ont fait pression sur les revenus de commissions, typiquement en provenance des activités de marchés (introductions en Bourse, etc.) et des activités de gestion d’actifs.

Et cinquièmement, ce contexte très défavorable a rattrapé les groupes les plus actifs sur les marchés financiers, comme la Deutsche Bank ou le Crédit Suisse, qui se voient aujourd’hui forcés à faire des ajustements douloureux.

Point d’optimisme

Dans ce contexte peu encourageant, quelques groupes ont mieux traversé la crise que d’autres, et sont parvenus à limiter la baisse à moins de 20% depuis le début 2016, et en particulier les grands groupes du Benelux (ING, KBC et ABN Amro) ainsi que BNP Paribas. Ces quatre groupes figurent également parmi la minorité qui récolte encore une majorité d’avis à l’achat chez les analystes.

L’annonce des stress tests passés par le secteur bancaire constitue une bonne nouvelle, mais d’un autre côté, il faut aussi noter que l’écart de valorisation entre les bons et les mauvais élèves de la classe atteint aujourd’hui des niveaux très élevés, avec des ratios cours/valeur comptable qui vont par exemple de 0,25 jusqu’à plus de 1.

Il reste toutefois probable que le secteur continuera d’accorder une prime importante aux groupes les plus défensifs avec des bilans sains, mais les attentes des analystes semblent encore largement trop optimistes.

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Consensus

"Le consensus s’attend à une progression des résultats de 21% pour 2017, avec une croissance des revenus de 2,4%, une compression des coûts de 3,1% et une baisse des provisions de 6,2%. C’est totalement irréaliste, et appelle de nouvelles baisses des attentes au niveau du consensus durant le second semestre. La capacité à gérer ses coûts va devenir un critère différenciateur au niveau du secteur européen, dans un contexte de croissance faible et de taux négatif", soulignait récemment Berenberg dans un rapport consacré à ING.

Le groupe néerlandais est d’ailleurs le préféré de nombreux courtiers (68% d’avis à l’achat), par sa capacité à pouvoir survivre dans le contexte actuel de taux négatifs en se montrant généreux avec ses actionnaires (rendement de 6,6% attendu pour 2016). Avec 64% d’avis positifs, KBC Group arrive en deuxième position, en dépit d’une valorisation sur base des fonds propres qui se situe de loin en tête du peloton.

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