interview

Vincent Van Dessel: "Jouer au golf, cela amène parfois à faire du business"

©Dieter Telemans

En semaine, Vincent Van Dessel, président d’Euronext Bruxelles, suit les cours de Bourse dans son bureau. Le week-end, il tient absolument à être sur son terrain de golf. Pour être dehors, qu’importe le temps.

Votre passion, c’est donc le golf…

C’est le golf et la côte aussi en fait. Je ne suis pas un homme de la ville. Comme je travaille à Bruxelles, j’avoue que j’habite en ville la semaine seulement pour dormir et éviter la mobilité réduite de Bruxelles. Le week-end, je rentre à la côte, mon paradis sur terre. Habiter là-bas, c’est déjà en soi un plaisir. L’air de la mer, cela fait beaucoup de bien.

Et effectivement ma passion là-bas, c’est le golf. Je me considère comme compétitif amateur, c’est-à-dire que je ne me fais pas d’illusion sur mon niveau. Il faut rester les pieds sur terre. Et même si on essaye toujours de bien prester…

"Le golf, c’est comme la Bourse. Il y a des jours où cela va bien et d’autres où cela ne va pas du tout."

Je dis toujours: le golf c’est comme la Bourse. Il y a des moments où cela va et d’autres pas du tout. L’avantage quand cela ne va pas, c’est que l’on sait que cela ira mieux. À l’inverse, quand cela va bien, on profite du moment présent car on sait qu’on doit s’attendre à des moments plus difficiles.

Quand avez-vous commencé à pratiquer le golf?

J’y joue depuis une vingtaine d’années. Auparavant, j’étais hockeyeur. Un sport très sympa qui me permettait de revoir mes amis d’université. Mais à 35 ans, j’ai commencé à avoir des problèmes de genou et de dos. Avec un ami, on a décidé de se tourner vers le golf. C’était très motivant, parce que l’un motivait l’autre. On a très vite accroché. Et une fois qu’on est mordu, automatiquement on continue.

Qu’est-ce qui vous attire dans le golf?

J’y tiens beaucoup parce que c’est d’abord quelque chose que l’on peut pratiquer très longtemps. Je vois sur le terrain au Zoute, il y a des personnes de 80-90 ans qui jouent encore au golf.

©Dieter Telemans

Deuxièmement, c’est extrêmement agréable parce que c’est l’un des rares sports où l’on peut parler avec ses adversaires et partenaires tout en pratiquant. Et le plus important: on est dehors pendant 4 heures. On se force quelque part à faire une grande promenade, qu’on ne ferait jamais sinon. On fait quand même à peu près dix kilomètres par parcours. D’ailleurs, il y en a certains qui n’aiment pas trop jouer avec moi parce que je joue quel que soit le temps. Même s’il pleut. Je me fous de ce qu’est mon résultat, du temps, je suis dehors pendant 4 heures. Qu’il pleuve ou non, je continue.

Après, il y a également un aspect social. On rencontre beaucoup de gens sur le terrain. Et on apprend très vite à les connaître parce que nous sommes 4 heures ensemble. On discute, on voit le caractère des gens avec qui on joue. C’est très amusant.

Vous découvrez aussi les gens à travers leur manière de jouer?

En quelque sorte. Comme ancien hockeyeur, je ne suis pas nécessairement celui qui a le plus beau swing (rires). On me dit toujours que personne ne comprend comment je tape sur une balle. Mais au niveau du caractère des joueurs, cela se voit surtout chez ceux qui veulent gagner, qui ne supportent pas de rater un coup, qui râlent, qui voient les fautes dans le terrain, etc. C’est comme dans tous les sports, il y a parfois des caractères qui sont très fort exprimés sur un terrain mais, une fois que la partie est finie, on boit un verre. Cela reste un jeu. Moi, mon objectif principal est d’être dehors.

En plus, il y a cet aspect de concentration. On doit se concentrer sur son jeu et on ne pense qu’à son golf. On est obligé d’oublier tout le reste. Le golf, cela a l’air très technique mais c’est au fond très mental. C’est une leçon de vie: se concentrer sur l’essentiel et pas sur l’accessoire. En fait, le score, c’est accessoire. Le plus important, c’est le prochain coup. Quoi qu’il s’est passé auparavant, on ne le changera pas. Cela ne sert don à rien de stresser. C’est une leçon de vie permanente.

Et cela se voit dans votre façon de travailler?

Cela a beaucoup influencé mon métier parce qu’on se trouve également dans un monde où l’on rencontre des gens très intéressants, qui dans mon cas sont dans des sociétés…

Les phrases clés
  • "Je joue au golf depuis une vingtaine d’années J’ai démarré avec un ami et nous avons très vite accroché. Nous nous motivions l’un l’autre."
  • "C’est l’un des rares sports où l’on peut parler avec son adversaire tout en pratiquant. Mais surtout, on est à l’extérieur pendant 4 heures."
  • "Je joue quel que soit le temps. Qu’il pleuve ou non."
  • "Le golf, cela a l’air très technique mais c’est au fond très mental. On est obligé de penser qu’à son jeu et rien d’autre."
  • "On considère qu’en tant que président de la Bourse je dois connaître quel sera le niveau du Bel 20 dans six mois ou un an."
  • "Des sociétés organisent des concours privés. C’est un moyen décontracté d’avoir des contacts avec des gens".

Ce qui est toujours très amusant, c’est qu’on considère que, comme je suis président d’Euronext Bruxelles, je dois savoir exactement quel sera le niveau du BEL 20 (l’indice de référence de la Bourse de Bruxelles, NDLR) dans six mois ou un an, ce qu’il faut acheter ou ce qu’il faut vendre, etc.

Vous parlez de la Bourse sur le terrain de golf?

Bien sûr. Certains me posent des questions et j’y réponds évidemment. Mais on n’a pas le temps non plus d’entamer des discussions très longues puisqu’on va jouer chacun à son tour. Ce sont à chaque fois des courts moments de discussion et des petites réflexions.

Vous jouez toujours avec les mêmes partenaires?

J’aime bien jouer avec tout le monde. Nous sommes trois ou quatre en général. Maintenant, tous les week-ends, je participe à un concours. Le golf, cela reste quelque chose de très structuré. Quand on participe à un concours, on a un départ à une heure précise et on garde une certaine discipline. On joue ensemble sur le terrain et puis, on va boire un verre.

Il y a également des concours privés "professionnels", c’est-à-dire qu’ils sont organisés par des sociétés (généralement entre mai et septembre). De nouveau, c’est très intéressant parce que l’on rencontre beaucoup de gens. Après le tournoi, des réceptions sont organisées. C’est un moyen décontracté d’avoir des contacts avec des gens. Et les contacts, c’est très important. Il y a quand même des choses qui se sont faites sur un terrain de golf. On parle, on découvre le poste de son partenaire, et parfois cela amène du business également. Ce n’est pas toujours le cas mais cela peut arriver. C’est une formule qui plaît à beaucoup de monde.

Que diriez-vous à quelqu’un qui hésiterait à s’essayer au golf?

Quand on commence le golf à 30-40 ans, la première chose qu’il faut se dire: on ne va pas devenir champion du monde. Ensuite, le jeu est très frustrant (rires). Parfois, cela marche et on ne sait pas pourquoi. Et parfois, cela ne marche pas et on ne sait pas non plus pourquoi. On apprend à relativiser, à être humble. Cela a l’air de rien, mais les débuts sont très difficiles. J’ai suivi des cours au début. Mais cela n’est pas évident. Il faut surtout le faire pour s’amuser et à nouveau pour être dehors.

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