Wall Street rattrapée par le nuage noir de la chute du pétrole

©AFP

Wall Street a terminé en hausse jeudi, après trois séances dans le rouge, portée par une salve d'indicateurs économiques laissant penser que l'économie peut s'affranchir des implications négatives induites par la chute des cours pétroliers.

Wall Street a achevé en petite hausse jeudi une séance mouvementée, l'anxiété des investisseurs en pleine déroute des prix du pétrole l'emportant sur l'optimisme suscité par de bonnes ventes de détail: le Dow Jones a pris 0,36% et le Nasdaq 0,52%.

Selon les résultats à la clôture, le Dow Jones Industrial Average a avancé de 63,19 points, à 17.596,34 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, de 24,14 points, à 4,708,16 points.

L'indice élargi S&P 500 s'est adjugé 0,45%, ou 9,19 points, à 2.035,33 points.

Après un départ sur les chapeaux de roue, les indices new-yorkais ont nettement ralenti leur cadence en deuxième partie de séance, dans la foulée de la clôture du marché du pétrole.

Pour beaucoup d'investisseurs en effet, les cours du pétrole coté à New York, le WTI, ont franchi le Rubicon en tombant sous le seuil psychologique des 60 dollars le baril pour la première fois depuis 2009 jeudi. Certes, un pétrole moins cher signifie un carburant plus abordable et plus d'argent dans le porte-monnaie du consommateur pour le dépenser ailleurs et nourrir la croissance.

Mais "lorsque vous avez un plongeon de plus de 40% des prix (depuis la mi-juin, ndlr) dans l'un des secteurs les plus importants de l'économie en si peu de temps, cela peut avoir des conséquences graves (...) jusque dans les marchés financiers", a expliqué Jack Ablin, de BMO Private Bank. Selon l'investisseur en effet, cela fait peser "un gros nuage noir sur le marché" en laissant ouverte la possibilité d'un choc trop brutal pour un fonds spéculatif ou une grosse institution financière trop exposée au secteur.

Les sociétés dans l'énergie représentent un peu plus de 10% de l'indice élargi S&P 500. Dans la matinée, l'annonce d'excellentes ventes de détail en novembre, dans un pays où la consommation est le moteur essentiel de la croissance, avait rendu son sourire à un marché qu'un autre plongeon du brut la veille avait rendu nerveux. Ces chiffres ont en effet apaisé des craintes suscitées fin novembre par des ventes en magasins mitigées lors du lancement officiel de la période cruciale des fêtes au lendemain de Thanksgiving, le "Black Friday".

Sur le marché de l'emploi américain, les courtiers ont aussi salué un nouveau signe d'embellie avec l'annonce, anticipée, d'un recul des inscriptions hebdomadaires au chômage début décembre. Pour Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management, le retour de bâton dans l'après-midi après un début de séance plus fulgurant n'avait rien d'étonnant: "ces indicateurs étaient bons mais le marché était remonté trop haut, trop vite".

Le marché obligataire a fini sans direction. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a progressé à 2,178% contre 2,169% mercredi soir, mais celui des bons à 30 ans a baissé à 2,825% contre 2,835% à la précédente clôture.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés