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Les "short sellers" sont-ils des manipulateurs?

Certains accusent des vendeurs à découvert de détruire des entreprises en diffusant des informations trompeuses ou de fausses rumeurs. Le Financial Times a mené l'enquête. Résultat: une seule condamnation en 15 ans.

Lundi, au prix de mon intégrité physique, j’ai salué le travail de Gotham City Research, ce short-seller qui a mis à jour la falsification des comptes opérée par la société espagnole Let’s Gowex. Depuis les aveux de son président, la survie de ce spécialiste de l’installation du Wi-Fi dans les centres urbains, ne tient plus qu’à un fil. Quant à son action (toujours suspendue depuis le 2 juillet), elle devrait peser tout juste une poignée de centimes contre 19,9 euros avant la note assassine de Gotham.

Bien sûr, je ne crains pas d’être molesté à la sortie de la rédaction. Mais les vendeurs à découvert provoquent une telle animosité au sein de la communauté des investisseurs qu’il faut avancer bardé de kevlar si on écrit quelques lignes pour leur défense. Et le revers de fortune rencontré par ThromboGenics, la cible belge préférée des " shorteurs " anglo-saxons n’a fait qu’exacerber ce sentiment.

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Pourtant, on ne peut pas les accuser de manipuler les cours de Bourse. C’est vrai qu’avec le " naked short selling ", une pratique désormais interdite qui permettait de se mettre à la vente sans même emprunter des actions, on pouvait provoquer une pression sur le cours en gonflant artificiellement le nombre de titres à céder.

Reste, bien sûr, la possibilité de diffuser de fausses informations ou de lancer des rumeurs négatives sur telle ou telle entreprise afin de plomber les cours. Mais, apparemment, cela arrive beaucoup moins souvent que ce que l’imaginaire collectif aime à croire.

Des sociétés ciblées par des attaques de vendeurs à découvert n’hésitent d'ailleurs pas à les menacer de poursuite judiciaires pour diffusion d’informations trompeuses.

Sur son blog Alphaville, le Financial Times est parti à la recherche de short sellers qui ont été condamnés pour de tels faits. Après examen d’une base de données, un seul cas, qui remonte au début des années 2000 et qui concernait le compartiment des "penny stocks" a pu être identifié. En 2007, la société Overstock a bien intenté une action en justice mais elle ciblait des " prime brokers ", ces banquiers qui arrangent les prêts d’actions destinés aux vendeurs à découvert. Elle a d’ailleurs été abandonnée sur un point technique.

Voilà. Je ne dis pas que les " shorteurs " sont des saints et je suis le premier à condamner les excès de ce système. Mais la réputation sulfureuse qui leur colle aux basques semble un peu surfaite, non ?

Si vous n’êtes pas d’accord réagissez. Allez-y, j’ai mis mon armure cloutée…

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