Les marchés attendent: 1, les élections 2, la BCE

Une poussée des eurosceptiques au Parlement européen pourrait provoquer lundi une réaction négative des marchés de la dette des pays périphériques de la zone euro mais cette tension devrait être de courte durée tant les attentes d'une action résolue de la Banque centrale européenne (BCE) sont fortes

Directrice de la gestion taux chez Groupama Asset Management, Gaëlle Malléjac souligne que le risque de ces élections serait de voir la montée des eurosceptiques ou des partis  extrémistes menacer la stabilité politique de tel ou tel pays. Mais pour l'instant, ce n'est pas le scenario retenu.

"Les élections européennes sont source de volatilité si elles remettent en cause un gouvernement en place", dit-elle en se félicitant de voir qu'aux Pays-Bas, le Parti pour la liberté, une formation anti-islam et eurosceptique donnée favorite avant le scrutin, se retrouve en 4e position dans les sondages à la sortie des urnes.

"Il y aura du bruit, il y aura de la volatilité mais très vite, on va se tourner vers la BCE qui a créé des attentes très fortes", dit-elle.

Le 8 mai dernier, Mario Draghi a clairement laissé entendre que lors de la réunion de politique monétaire du 5 juin, la BCE pourrait annoncer une baisse des taux directeurs et des mesures non conventionnelles d'assouplissement quantitatif.

"Les échéances électorales et un newsflow macroéconomique qui ne s'est pas amélioré remettent un peu de volatilité. C'est plutôt sain dans un marché qui s'était un peu emballé avec la course des investisseurs au rendement", dit Ronan Blanc, gérant taux chez Quilvest Gestion.

"La BCE sera la véritable force de rappel. L'environnement de taux bas est fait pour durer et la course au rendement ne va pas disparaître", ajoute-t-il.

Si les inquiétudes sont contenues aujourd'hui, la semaine dernière, le film de la crise de la zone euro s'est rejoué en miniature sous l'effet de l'annonce d'une croissance plus faible que prévu en zone euro et des sondages électoraux.

PRISES DE PROFITS

Les rendements à 10 ans italien et espagnol sont ainsi passés respectivement de 2,92% le 14 mai à 3,27% le 20, et de 2,86% à 3,11%, alors que le retour de l'aversion au risque s'est traduit par une détente du rendement du Bund allemand, référence de la zone euro, à 1,31%.

Avant le discours de Mario Draghi du 26 juillet 2012, le rendement à 10 ans italien culminait à 6,21% et l'espagnol à 7,28%.

Les écarts de rendement avec le Bund 10 ans sont passés de 811 points de base à 164 pdb pour l'obligation espagnole à 10 ans aujourd'hui et de 504 pdb à 181 pdb pour le BTP italien.

"Dans le cadre de notre mandat, la BCE est prête à tout (what ever it takes) faire pour préserver l'euro et croyez-moi : ce sera suffisant", avait lancé le président de la BCE.

Les marchés ont suivi et réduit la fragmentation provoquée au sein de la zone euro par la crise de la dette.

Emmanuel Petit, directeur de la gestion obligataire de Rothschild & Cie Gestion, souligne que depuis le début de l'année "les obligations périphériques ont enregistré des performances spectaculaires (...) environ 11% en quatre mois sur le 10 ans italien".

Selon plusieurs intervenants de marché, la faible croissance a incité surtout des "hedge funds", qui avaient massivement investi sur la dette périphérique, à protéger leur performance et prendre leurs profits.

Les investisseurs sont confrontés à un dilemme :

  • faut-il vendre et prendre ses profits tout de suite en se disant que le marché va se retourner ou
  • maintenir ses positions dans l'attente d'une nouvelle détente des taux ?

Les investisseurs institutionnels penchent pour la deuxième option, et s'appuient sur la BCE, qui après voir pesé de tout son poids pour faire baisser les taux périphériques, ne permettra pas un retour de la fragmentation.

"Si une vague populiste fait trop baisser les obligations ce sera un point d'entrée", dit Christian Jimenez, président de Diamant Bleu Gestion.

Les professionnels interrogés tablent sur une baisse de tous les taux de la BCE et notamment un taux négatif pour la facilité de dépôts ainsi qu'un dispositif de refinancement des banques conditionnés au financement de l'économie réelle.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés