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Le «subprime» fait des victimes tous azimuts

Un an après l'éclatement au grand jour de la crise du « subprime », les Bourses ont toujours la gueule de bois. La plupart de leurs indices restent collés près de leur plus bas sur 12 mois.
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(l'écho) - A Wall Street, ils accusent des baisses proches de 15 % depuis leur sommet du 19 juillet 2007. En Europe, les pertes sont plus sévères. Elles sont le plus souvent supérieures à 20 % pour les principales Bourses. Le Bel 20 fait partie des indices les plus chahutés. Il a fondu de 32,7 % !

Indices nationaux


Est-il nécessaire de le rappeler ? Les banques, en raison de leur forte pondération dans les indices, comptent parmi les principaux responsables de la dégringolade boursière. Dans le Bel 20, elles sont à l'origine de 60 % des pertes en points. En un an, l'indice bruxellois a chuté de 1 590 points. Tout logiquement, les actions financières sont celles que l'on retrouve généralement dans le bas des classements. Dans le Dow Jones, la lanterne rouge Citigroup voit sa capitalisation boursière s'effondrer de 75 % à 85 milliards de USD. Sans pour autant avoir exercé un fort impact sur l'orientation des principaux indicateurs boursiers, des valeurs autres que financières ont parfois davantage reculé. C'est notamment le cas à Paris, où Alcatel a fondu de 64 %, mais n'intervient qu'à hauteur de 4 % dans la baisse du CAC 40. Agfa-Gevaert a plongé de 71,5 %, mais ne compte que pour 3,6 % dans la glissade du Bel 20.

L'exception Wal-Mart


Les Bourses ont dévalé les pentes. Il reste qu'une poignée de valeurs ont réussi à s'accrocher aux sommets, ou presque : Wal-Mart (+18 %), MacDonnell Douglas (+14,7 %), IBM (+13,9 %) dans le Dow Jones, Colruyt (+8,2 %) dans le Bel 20, VW (+56 %) à Francfort, ArcelorMittal (+10,7 %) à Amsterdam, GDF (+17,3 %) et Suez (+6,3 %).

La présence du distributeur Wal Mart étonne, alors que le moral du consommateur américain est plutôt en berne aux Etats-Unis. Pour Frédéric Buzare, responsable de la gestion actions chez Dexia Asset Management, « cela tient à la stratégie d'expansion du groupe qui multiplie les ouvertures de points de ventes. En outre, Wal Mart propose des prix bas qui attirent les gens affectés par la crise immobilière et se résignent à descendre en gamme ». Volkswagen à Francfort surprend également. Sa surperformance par rapport à son propre secteur -celui-ci dérape de 32,5 % sur les 12 derniers mois- se justifie par la volonté de Porsche d'être le principal actionnaire de VW.

Survol sectoriel


Si quelques secteurs du S & P 500 arrivent à conserver des points, en revanche, les 18 sous-groupes sectoriels du DJ Stoxx 600 évoluent tous dans le rouge un an après l'éclatement de la crise financière, les bancaires en tête (44 %).

Même ceux considérés comme défensifs, ceux qui sont sensés moins exposer l'investisseur à la chute des marchés, n'ont guère offert de résistance.

On pense aux actions de l'agroalimentaire (-22 %) et des télécoms (-18 %). Entre juillet et décembre 2007, ils étaient pourtant parvenus à maintenir la tête hors de l'eau.

« Les télécoms n'ont pas assumé leur statut de valeurs défensives, en raison de leur forte détention par des institutionnels (assureurs), qui ont cherché à réduire leur exposition aux marchés. De plus, les craintes inflationnistes ont pesé sur ces valeurs sensibles à la tension des taux d'intérêt », explique Frédéric Buzare.

Toujours au rayon des déceptions, les valeurs pétrolières se sont contractées de 20,5 %, alors que les cours du Brent ont bondi de 70 %. « Le prix moyen du baril est plus élevé que lors des précédentes décennie s », reconnaît le gestionnaire. Mais le prix de revient est, lui aussi, plus élevé, en raison de l'inflation des coûts dans ce secteur. Pour accorder des contrats d'exploitation, les pays exigent, par exemple, plus de contribution financière de la part des compagnies ».

En dépit de l'envolée des prix du brut, le compartiment de la chimie (-8 %) a, par contre, limité la casse. « Mais il s'agit d'une performance positive en trompe l'oeil », prévient Buzare. Ce secteur la doit aux titres d'entreprises qui ont bénéficié de la hausse des prix des produits agricoles. Comme Syngenta (+13 %) à Zurich, ou Monsanto (+64 %) à Wall Street ». Face à ces valeurs, des titres comme Rhodia et Ciba se sont effondrés de près de 70 % et 65 % !

Les aciéristes, qui ont également bénéficié de leur capacité à fixer les prix -et du boom des économies émergentes- ont résisté à la déprime des Bourses. « Cela ne pourra cependant se poursuivre encore bien longtemps, souligne Buzare, dans la mesure où leurs principaux clients, comme les constructeurs automobiles, connaissent actuellement des difficultés ».

Enfin, les « utilities » n'ont pas non plus à rougir de leur tenue (-13,1 %), du fait de leur « pricing power » élevé (capacité d'augmenter leurs prix de vente). « Il y a cependant une limite à cette capacité dans la mesure où une hausse sans fin des prix risque de provoquer un mécontentement social », affirme Buzare. Comme pour les autres secteurs qui ont été en mesure de limiter la casse, le gestionnaire n'écarte pas des prises de bénéfices.

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