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Actions de consommation: les investisseurs y reprennent goût

Les investisseurs sont prêts à payer plus cher pour être moins exposés à un éventuel ralentissement conjoncturel. Les secteurs pharma et alimentaires sont dès lors prisés, note René Weber de chez Vontobel.
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Depuis la correction de mai, le rebalancement des portefeuilles bat son plein. Sur les trois derniers mois, le secteur consommation courante réalise la deuxième meilleure performance de l'indice S&P Global 1200, avec une hausse de 6,6%, derrière les services industriels (+7,5%). Avec des hausses de respectivement 15,1% et 9,8%, Nestlé et Danone sont bien classés. PepsiCo s'en sort également bien, tandis que Coca-Cola et Unilever sont en retrait.

Des cours qui sont à leur sommet

Les cours de Danone et Nestlé culminent à des sommets et pourtant ces titres restent prisés et font encore l'objet de recommandation d'achat.

En termes de rapport entre la valeur d'entreprise et le bénéfice opérationnel (EBITDA) estimé pour 2007, Nestlé se négocie actuellement à un multiple de 9,7, alors que celui-ci était encore de 8,5 deux mois auparavant. Comparé à une moyenne sur les dix dernières années de 9 à 9,5, . Avec un cours/bénéfice de l'ordre de 17, Nestlé n'est plus bon marché. Mais le titre a encore du potentiel. Nestlé devrait poursuivre sa croissance. Danone, qui est encore plus chère (C/B de près de 22) a également adopté une politique d'expansion.

Ces titres profitent de la rotation des portefeuilles vers des secteurs défensifs, comme le montre l'évolution de la valorisation, relève René Weber, analyste chez Vontobel. Pour James Amorso, analyste chez Helvea, la progression en bourse de ces groupes s'explique par le fait qu'il s'agit d'«excellentes sociétés». Quelle est donc leur recette pour ainsi délecter les marchés?

Une politique de diversification de produits payante

Bien que très différentes, ces entreprises ont comme point commun d'être parvenues à créer un cercle vertueux en parvenant à faire croître organiquement leurs ventes. «Quand vous croissez rapidement, il est plus facile d'investir dans le marketing et l'innovation. Plus vous investissez dans ces domaines, plus vous croissez rapidement.» Et après un certain temps, les marges peuvent progresser. Mais la croissance est primordiale, souligne James Amorso, en prenant Danone pour exemple. Il y a dix ans, le groupe français avait dans son catalogue plusieurs catégories de produits en stagnation. Le groupe s'est débarrassé de ses activités d'épicerie, de confiserie, d'emballage et brassicoles, pour se concentrer sur le développement des produits laitiers, des boissons, des biscuits et des produits céréaliers. Objectif: être numéro 1 dans des activités «mondialisables». Au début les investissements ont pesé sur les marges, notamment hors d'Europe. Mais le résultat est là: en dix ans, le cours de l'action a été multiplié par quatre. Nestlé a fait un choix similaire en axant son développement sur la santé et le bien-être. Il vient d'ailleurs de racheter Jenny Craig, une société spécialisée en produits amaigrissants pou 600 millions d'euros. Cette expansion se reflètera de manière positive sur les marges et sur les bénéfices. À cela s'ajoutent les programmes de rachats d'actions.

et les exceptions?

Mais la croissance n'est pas générale. Voyez Unilever. Le groupe néerlandais est sous pression au niveau de ses marges tant dans sa branche alimentation et que dans sa branche produits d'entretien. En augmentant les dépenses marketing pour redresser la barre, les marges baissent en conséquence, relève René Weber. Toutefois l'annonce faite lundi par Unilever de la vente des activités de surgelés en Europe, peu rentables a dopé le cours. Outre-Atlantique, Altria est confrontée aux mêmes problèmes de compression des marges. L'ex groupe Philip Morris voudrait se débarrasser de sa division Kraft.

À l'inverse, Nestlé, Lindt & Sprïngli ou Danone, mais aussi PepsiCo ou d'autres, sont bien positionnés dans des débouchés prometteurs alliant santé, bien-être et qualité, relève James Amoroso. Ainsi, Coca-Cola, dont l'action stagne, souffre de dépendre à 80% des ventes de boissons sucrées, qui déclinent aux Etats-Unis, tandis que Pepsi peut capitaliser sur le succès de la boisson pour sportifs Gatorade et que Nestlé ou Danone ont une position plus forte dans les eaux en bouteilles.

Diversification régionale

Il faut aussi être présent dans des régions offrant de bonnes perspectives de croissance. Cela va au-delà des marchés émergents: des économies matures offrent des niches très intéressantes. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, deux pays peu habitués au chocolat de qualité, sont deux marchés où Lindt & Sprüngli peut croître. Mais surtout, les entreprises du secteur doivent être numéro un ou numéro deux dans leurs catégories de produits. Sans marques de premier plan, elles sont menacées de banalisation, ce qui les laisse désarmées face à la pression sur les prix qu'exercent les grands distributeurs.

Nestlé et Unilever parmi les mieux armés face à une baisse du dollar, selon S&P

Nestlé, Unilever et Pernod Ricard font parties des sociétés offrant aux investisseurs européens la meilleure protection contre une baisse du dollar, selon la recherche action de Standard & Poor's (S&P). Parmi les secteurs de l'indice européen S&P 350, la consommation courante est loin d'être le plus exposé dans ce scénario, relèvent ses analystes dans une étude récente.

Certes, des sociétés comme Nestlé, Unilever et Pernod Ricard génèrent Outre-Atlantique une part importante de leurs revenus et de leur bénéfice opérationnel (EBIT), de 20% à 40%. Mais des entreprises de secteurs comme la santé, la consommation discrétionnaire ou l'énergie sont encore plus exposées. En outre, les producteurs d'aliments et de boissons ont recours à une couverture naturelle des risques de change, rappelle S&P dans son étude. Des unités de production locales permettent aux coûts d'être dans la même devise que les revenus auxquels ils sont liés.

En outre, la recherche action de S&P pense que Nestlé et Unilever devraient voir leurs marges se remettre, la hausse des prix des matières premières de ces dernières années ayant été absorbée. À cela s'ajoute une croissance du chiffre d'affaires. Quant à Pernod Ricard, l'acquisition d'Allied Domecq produit des synergies plus importantes que prévu. Du côté de Danone, le risque lié au dollar est moins important en raison de la part importante des revenus et des bénéfices provenant d'Europe, de quelque 70% à 75%. Le constat est similaire pour Lindt & Sprüngli. Parmi les autres groupes suisses dont l'action est à un plus haut historique, les cas d'Hiestand et de Hügli sont encore plus clairs: les activités de ces groupes sont fortement concentrées sur l'Europe. Par contre, le fabricant de chocolat Barry Callebaut tire près de 30% de ses revenus de l'Amérique du Nord, mais le risque de change est largement couvert par la production locale.

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