Alors que le prix de l'or progresse, l'or noir évolue en dents de scie

A Londres, le baril de Brent pour livraison en mai a fait une brève incursion sous les 67 dollars, la première depuis jeudi dernier, après l'annonce par le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, que les marins britanniques seraient graciés et libérés.

(l'echo) Les analystes expliquaient jusqu'alors que la simple possibilité d'une dégradation de la crise avec l'Iran se traduisait par une «prime de risque», généralement évaluée à plus de 5 dollars.

L'apparente détente des relations entre l'Iran et la Grande-Bretagne, du moins sur ce dossier précis, devrait donc conduire les investisseurs à réévaluer à la baisse le prix du baril.

L'annonce de la relaxe des Britanniques en Iran a été ignorée par le marché pétrolier

Cette bouffée d'oxygène pour le prix de l'or noir ne fut toutefois que de courte durée. L'annonce de réserves d'essence en net recul aux états-Unis a rapidement redonné un coup de fouet au prix du Brent à 67,74 dollars à la clôture européenne. Ces réserves d'essence sont les plus surveillées à l'approche du pic annuel de consommation. Elles ont reculé de 5 millions de barils.

Les cours pétroliers ont été chahutés ce mercredi, profitant tout d'abord de l'annonce de la libération programmée des 15 militaires britanniques capturés en Iran. Un soulagement toutefois de courte durée. Les stocks américains de pétrole brut ont en effet augmenté plus que prévu la semaine dernière, mais la diminution des réserves d'essence a été plus marquée qu'attendu, selon les statistiques publiées hier. Résultat: vers 18 h, le cours du baril de brent à Londres prenait 0,28% à 67,74 dollars.

Les Bourses européennes ont quant à elles avant tout profité du reflux des cours pétroliers (le Bel 20 a clôturé en hausse de 0,24% à 4.558,50 points), qui a éclipsé l'impact de données économiques américaines décevantes. L'indice ISM d'activité des services a pourtant touché son plus bas niveau depuis avril 2003, alors que les commandes à l'industrie ont enregistré une hausse de 1,0% en février aux états-Unis, inférieure au consensus. En conséquence, le dollar a reculé face à l'euro et au yen, l'indice ISM des services plus faible allant dans le sens d'une baisse des taux. Le billet vert avait auparavant regagné du terrain face à la devise européenne après l'annonce de la libération programmée des militaires britanniques capturés en Iran. A 18 h, l'euro s'affichait inchangé à 1,336 dollar. Les emprunts d'état de la zone euro ont par contre clôturé en hausse, avec un OLO à dix ans qui progresse de 3 points de base à 4,13%.

Le prix de l'or devrait encore prendre de la hauteur

Le prix de l'or devrait continuer de progresser en 2007, toujours soutenu par l'appétit des investisseurs, a estimé le cabinet spécialisé GFMS. En moyenne annuelle, le prix de l'once devrait réaliser une performance supérieure à celle de son record de 614,50 dollars en 1980, selon la société d'études. Depuis le 1er janvier 2007, la moyenne du prix d'une once est de 650 dollars. «Je ne serais pas surpris que l'or batte cette année le pic de 725 dollars l'once inscrit en 2006», a estimé le président du GFMS. L'once d'or a atteint 725,75 dollars l'once au fixing du 12 mai 2006 sur le London Bullion Market. «Toutefois, a-t-il ajouté, il est moins sûr que l'or ira défier son record absolu de 850 dollars», atteint en janvier 1980. La spirale haussière des prix devrait se poursuivre jusqu'en 2008, selon les prévisions du GFMS, alimentée, comme en 2006, par l'appétit des investisseurs. La demande des investisseurs n'a pesé en 2006 «que» 743 tonnes, contre respectivement 2.280 tonnes pour la demande joaillière, mais elle est devenue une composante essentielle de la hausse des prix.

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