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Contraignant, Mifid devrait aussi se révéler profitable pour les banques

Dès le 1er novembre de cette année, les entreprises financières européennes devront appliquer la réglementation Mifid (Financial Markets Instruments Directive). Néanmoins, toutes ne sont pas prêtes et ne voient pas d'un bon œil la mise en place d'une réglementation qui modifiera parfois fondamentalement leur méthode de travail.

(l'écho) Pour rappel, la réglementation européenne Mifid, relative à l'harmonisation des pratiques financières en Europe, a entre autres pour ambition de mettre le client au cœur du système en imposant aux institutions financières des règles de transparence et de «bonnes pratiques financières».

D'après un article publié par le bureau de consultance McKinsey & Company dans le «Wall Street Journal», en réduisant les différences de réglementation entre les 27 pays de l'Union européenne, le nouveau régime imposé aux institutions financières devrait à long terme réduire les coûts, accroître l'efficacité et stimuler la croissance. A plus brève échéance, les banquiers et les gestionnaires d'actifs seront toutefois contraints de travailler davantage pour des bénéfices qui pourraient être moindres.

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Que ça leur plaise ou non, dès le 1er novembre, toutes les institutions financières devront être en mesure d'appliquer les règles édictées par Mifid. De récentes études démontrent toutefois que la moitié des entreprises concernées ne seront pas prêtes pour cette date. L'expérience de McKinsey avec ses clients confirme ce constat.

Ceux qui auront réussi à s'adapter rapidement à cette nouvelle réglementation auront l'avantage de pouvoir donner le ton. Les derniers de la classe seront pour leur part pénalisés par les autorités de marché (la CBFA en Belgique) mais également par le marché.

Europe à plusieurs vitesses

Tous les pays européens ne sont pas égaux face à cette nouvelle réglementation des pratiques financières. Ainsi, la Grande-Bretagne a un avantage certain, sa réglementation actuelle étant très proche de celle imposée par Mifid. D'autres pays auront, par contre, plus d'efforts à fournir. C'est entre autres le cas de la Grèce, la France, l'Italie ou l'Espagne qui vont devoir abandonner leur règle de «concentration», qui les oblige à réaliser toutes leurs transactions sur actions sur une Bourse régulée, alors que la nouvelle réglementation rend possible l'exécution des transactions boursières sur des plateformes non régulées.

Toutes les institutions financières ne sont pas, non plus, égales face à la hauteur des coûts de ces modifications à leur méthode de travail. Après avoir segmenté leur clientèle entre clients particuliers, banques d'investissement et professionnels, il faut encore leur appliquer le test «Connaissez-vous votre client?».

Ce test peut se révéler très coûteux en temps et en moyens. Réaliser l'interview d'un de ses clients durant 45 minutes afin de déterminer son profil de risque, sans avoir la certitude que ce dernier investira effectivement une partie de ses économies, peut s'avérer beaucoup trop onéreux pour certains acteurs financiers.

McKinsey prend l'exemple d'une banque italienne qui a pris le parti de ne plus offrir à la clientèle de masse les produits financiers régulés par Mifid. D'autres sociétés pourraient être tentées de contourner le problème en proposant à leur clientèle des produits financiers non couverts par Mifid, comme les produits d'assurance vie, relève également McKinsey. Elles pourraient également simplement appliquer Mifid en parallèle à leurs activités actuelles, sans chercher à les modifier de quelque manière que ce soit, ou à intégrer cette nouvelle législation de manière cohérente. Ce dernier comportement est toutefois risqué pour l'institution financière évoluant dans un marché compétitif.

La meilleure des alternatives pour les institutions financières, d'après McKinsey, est de redessiner leur stratégie à la lumière de cette nouvelle législation. Dans ce cas, Mifidpeut devenir une opportunité d'améliorer leurs relations avec leurs clients en simplifiant leur gamme de produits de placement et en améliorant le processus de vente en fonction des profils de risque de leurs clients. Cela implique de scruter en profondeur quels sont les produits désirés par quelle clientèle, comment ils sont vendus, et comment le système administratif peut être reconfiguré pour supporter ce nouveau modèle. Cette dernière approche n'est pas la plus simple, mais saisir Mifid comme une opportunité stratégique est le seul choix gagnant sur le long terme, d'après McKinsey.

K.H

Photo Bloomberg

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