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Des nuages en vue sur les marchés financiers américains

Avec l'apparition d'une bulle au niveau du marché immobilier américain, des nuages se profilent sur l'horizon des marchés financiers outre-Atlantique, note Ian Sheperdson, économiste en chef auprès de High Frequency DataEconomics.
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Ian Sheperdson anticipe déjà les prochaines baisses de taux US.

Le spécialiste de l'économie américaine était l'invité lundi de l'Association luxembourgeoise des gestionnaires de portefeuille et des analystes financiers (Algafi) et de la Luxembourg CFA Society.

Le raisonnement de Sheperdson part de l'hypothèse qu'à moyen terme les problèmes liés à l'immobilier, induits par les premiers «baby boomers» qui prennent leur retraite et s'offrent une maison à cette occasion, réduisant ainsi leurs investissements en actions, se répercuteront l'année prochaine sur l'économie réelle.

à une demande excédentaire dans l'immobilier succédera un surplus de l'offre, ce qui ne manquera pas d'avoir des répercussions sur le marché.

On assistera surtout à un infléchissement dans la politique des taux d'intérêt telle qu'elle est pratiquée aux états-Unis. «Avant le prochain printemps, la Federal Reserve sera amenée à baisser ses taux directeurs», prédit Sheperdson.

Il part de l'hypothèse que les prix de l'immobilier, qui ont augmenté de façon considérable et régulière ces 15 dernières années, ont commencé à stagner.

Ceci a entraîné une hausse des taux d'emprunt réels de l'ordre de 1,6% sur un an, qui risque de provoquer à moyen terme un «hard landing » (atterrissage violent) de l'économie américaine.

Le comportement des consommateurs, dont les dépenses comptent pour une bonne part de l'évolution du PIB américain, sera en effet amené à changer. «Le marché ne prend pas encore en compte le sérieux de tout ceci (un ralentissement de la consommation domestique)», note Sheperdson. Mais, «à long terme, le taux d'épargne des Américains devra augmenter», ajoute-t-il.

Surtout si l'on tient compte du renchérissement de la facture énergétique, eu égard au caractère durablement élevé des prix du pétrole, et de l'évolution des salaires, dont la hausse sera freinée. à plus long terme, le secteur des biens de consommation, dont l'évolution est encore bonne en ce moment, ne manquera donc pas d'être affecté.

«Il s'agit là d'un effet cyclique alors que la bulle immobilière est extra- cyclique», note Sheperdson.

Sachant, par ailleurs, que l'augmentation des salaires n'est plus en ligne avec l'accroissement de la productivité, il est clair que la conjonction de tous ces éléments finira immanquablement par peser sur l'économie réelle.

«Le retour de manivelle de la Fed à partir du printemps prochain risque, dès lors, de s'avérer plus dur que d'habitude», note Sheperdson qui parle d'un «ralentissement soutenu et généralisé» («sustained broad slowdown»). L'institut d'émission, qui arrive tout doucement à la fin de son cycle de resserrements monétaires, devra inverser la vapeur et baisser ses taux directeurs, afin de redynamiser la machine économique US.

Les entreprises, dont le niveau de profitabilité est élevé, seront du coup amenées à assumer le choc. Le prix à payer sera évident: les taux américains s'infléchiront mais les temps seront aussi moroses pour les actions.

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