Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

En Asie, mieux vaut miser sur les marchés de l'ASEAN que sur la Chine

Lorsqu'on évoque les marchés émergents asiatiques, les premiers pays venant à l'esprit restent toujours la Chine et l'Inde. Pourtant, l'investisseur avisé qui aurait misé sur les marchés de l'ASEAN (Asie du Sud Est) aurait trouvé son bonheur.

(l'écho) Depuis 2001, les Bourses de Bangkok, Jakarta, Manille,Kuala Lumpur et les autres ont surperformé la place de Hong Kong et rivalisent plus qu'honorablement avec celle de Bombay. Sur la période, le Hang Seng a pris 9,40 % et l'indice Sensex 30 de la Bourse de Bombay a bondi de 148,31 %. Comparativement, la Bourse de Jakarta a grimpé de 248,20 %, celle de Bangkok de 216,25%, celle de Manille de 62,18% et celle de Kuala Lumpur de 41,38 %. Pour rappel, dix pays forment l'ASEAN, à savoir l'Indonésie, la Thailande, le Vietnam, les Philippines , Singapour, la Malaysie, le Cambodge, le Laos, la Birmanie et le Sultanat de Brunei.

Un petit coup d'oeil aux plus grandes pondérations des indices boursiers de quelques-uns de ces pays permet déjà de comprendre cettesurperformance. Aux Philippines, l'indice est principalement composé de compagnies de télécommunications et de banques. Philippine Long Distance Telephone, qui pèse près de 24 % de l'indice, a grimpé de 126,67 %sur cinq ans. Bank of the Philippine Islands (10,3% de l'indice) a elle pris 30,51% surla même période.

En Thailande, les compagnies pétrolières se taillent la part du lion dans l'indice. PTT, plus grosse valeur de l'indice, s'est adjugé une hausse vertigineuse de 584,06 % depuis 2001.

En Malaisie, l'indice boursier se partage entre banques , compagnies pétrolières et groupes d'éléctricité. Toutefois, les plus fortes pondérations de l'indice n'expliquent pas à elles seules la progression de celui-ci, en raison de leurs performances contrastées.

En Indonésie, sociétés de télécommunications, compagnies pétrolières et banques composent l'indice de la Bourse de Jakarta. La flambée des cours de l'or noir a permis à Perusahaan Gas Negara (6% de l'indice) de bondir de 661,29 % en cinq ans. Telekomunikasi Indonesia (17 % de l'indice) a vu son titre s'envoler de 490,10 %.

Des flux favorables

Fidelity Investments souligne que sur les dix dernières années, les pays de l'ASEAN ont bénéficié des flux d'investissement étrangers dans la région malgré la forte influence économique de la Chine. Pour 2005, les flux d'investissement directs pour les pays de l'Asie du Sud Est ont grimpé de 27 % à 33 milliards d dollars, soit un montant légèrement inférieur par rapport aux sommes records de 1997, relève la firme d'investissement américaine.

Les économies des pays de l'ASEAN bénéficient également du soutien de leur démographie. Environ 500 millions de personnes peuplent la région, avec une proportion de 60% âgées de moins de 30 ans. Fidelity Investments indique que le Produit Intérieur Brut par habitant excède maintenant les niveaux d'avant la crise asiatique de 1997, et que ces sociétés s'urbanisent de plus en plus rapidement.

De sérieux concurrents pour la Chine

Fidelity Investments note que la compétitivité des pays de l'ASEAN a augmenté en matière de coûts. En conséquence, les multinationales considèrent de plus en plus la région comme une alternative à l'Empire du Milieu, surtout depuis que les coûts du travail ont remonté en Chine. Par exemple, la Thailande, aidée par de faibles salaires et une main-d'oeuvre pléthorique, a vu ses parts d'exportation d'automobiles et de pièces automobiles grimper de plus de 50 % par année. Le pays abrite à présent des constructeurs comme Toyota, Honda et Nissan.

Singapour a lui attiré les multinationales grâce à ses infrastructures, un régime fiscal favorable , une main-d'oeuvre qualifiée et des institutions financières régulées. L'Indonésie a lui vu arriver des sociétés chinoises qui ont délocalisé leur production en raison des faibles salaires et du grand marché domestique du pays.

Les pays de l'ASEAN restent toutefois soumis aux mêmes problèmes que les autres marchés émergents, à savoir l'insta bilité politique, la corruption, une pesante bureaucratie et un manque d'infrastructure, relève Fidelity Investments. Mais la firme d'investissement souligne que le renforcement de la santé économique de ces pays plaide en faveur des investissements sur ces marchés.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés