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En cas de malheur, l'assurance "revenus garantis"

Devant le malheur des autres, on ne peut s'empêcher, un moment, de se dire que ça peut arriver à tout le monde et que donc ça n'arrive pas qu'aux autres. Après, on oublie. Et on retombe dans le confort bourgeois. Et puis, un jour, on apprend qu'untel est tombé de l'échelle en élaguant un arbre dans son jardin et qu'il est en incapacité de travail pendant six mois. Peut-être plus. Peut-être même pour de bon. Dans de tels moments, une petite voix revient à la charge: "attention, ça n'arrive pas qu'aux autres".

(l'écho) Ces allers et retours sont tellement courants chez les indépendants - ils en parlent beaucoup entre eux - que l'on peut se demander si la formule n'a pas une fonction incantatoire. En fait : "attention, ça n'arrive pas qu'aux autres", cela veut dire "pourvu que ça ne m'arrive jamais". Hélas, les formules incantatoires ont montré leurs limites. Pour se prémunir contre le mauvais sort, il faut s'assurer. Notamment contre le risque que représente le fait de ne plus avoir de revenus. C'est l'objectif des polices d'assurance "revenus garantis".

Première chose à savoir: ce type d'assurance est réservé aux indépendants, qu'ils soient "cols blancs" (travailleurs intellectuels) ou "cols bleus" (travailleurs manuels). C'est la formule que l'on utilise chez Axa et elle est parfaitement explicite. Les salariés, eux, bénéficient souvent d'un régime de protection prévu par leur employeur.

Deuxième chose à savoir: il y a un délai de carence. L'assuré qui veut faire intervenir sa compagnie ne peut le faire qu'après un certain délai, appelé délai de carence, qu'il choisit librement au moment de signer son contrat. Minimum 1 mois, maximum 12 mois. Minimum 1 mois, cela veut dire que la compagnie d'assurances va payer pour la première fois à la fin du mois qui suit celui où est intervenu l'accident (ou la maladie). Evidemment, la prime est à l'avenant: plus le délai de carence est court, plus la prime est élevée.

Troisième chose à savoir: les "revenus garantis" que la compagnie d'assurances va payer s'ajoutent aux indemnités versées par la mutuelle. Les uns n'influencent pas les autres, ce sont deux choses différentes.

Quatrième chose à savoir: comme les primes d'assurance "revenus garantis" sont déductibles, ces revenus de remplacement sont taxés. Et ils ne sont pas éternels. Une fois atteint l'âge de 65 ans, fini. Et après? "Le contrat est arrivé à expiration", dit-on blanchement dans les compagnies d'assurances. Autant le savoir.

Comme on le voit, l'assuré a beaucoup de cartes en main. C'est à lui d'évaluer son risque de ne plus pouvoir travailler, totalement ou partiellement (en fonction de son job), c'est à lui d'évaluer le niveau des revenus dont il a absolument besoin (en fonction de ses frais fixes comme le ménage et le prêt hypothécaire), c'est à lui d'évaluer son délai de carence (en fonction des réserves financières dont il dispose). Mais, car il y a trois mais:

A Il faut tenir compte de la prime. Il faut qu'elle soit supportable. Pour un homme (ou une femme, les tarifs ont été uniformisés) de 35 ans, "col blanc" et non fumeur, qui désire bénéficier en cas de pépin majeur d'un revenu annuel de 24.000 euros, soit 2.000 euros (brut) par mois, la prime est de 4% de la rente annuelle, soit environ 960 euros par an. Si l'intéressé préfère 48.000 euros par an au lieu de 24.000, libre à lui. Mais la prime est à l'avenant, il suffit d'appliquer la règle de trois.

A L'âge de l'assuré est un élément déterminant dans le calcul de la prime. Si, dans l'exemple ci-dessus, on passe de 35 à 55 ans, la prime augmente de? 75%. Il vaut donc mieux s'y prendre à temps!

A Il existe une limite supérieure. Personne ne peut s'assurer en "revenus garantis" à concurrence de plus de 80% de ses revenus en régime normal. Pourquoi? "Pour qu'un incitant demeure qui pousse l'assuré à retourner au travail", dit-on dans les compagnies d'assurance Ce doit être et rester son objectif.

Sur le plan administratif, les compagnies d'assurances ont fait de gros efforts ces dernières années. Les indépendants n'aiment pas la paperasserie. Dans ce cas-ci, on ne peut dire que les démarches soient fastidieuses: un contact avec le courtier, un questionnaire médical à remplir, une déclaration sur l'honneur pour les revenus et le tour est joué. à faire pour s'assurer un minimum de confort financier en cas de gros pépin. Quand on voit ce que les mutuelles paient comme indemnités...

Jean Blavier

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