Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Eviter de tomber dans les pièges du crédit à la consommation

L' image du prêteur aux yeux torves, nez crochu et à l'avidité plus grande que le lac Tanganyika est une vision digne de dessins animés. Il n'en reste pas moins que les risques d'abus de la part du prêteur existent, certains ne se gênent d'ailleurs pas pour avoir des pratiques à la limite de la déontologie.

(l'écho) Les actes impulsifs et non raisonnés de la part de l'emprunteur, actes risquant de le mettre dans une situation délicate, ne sont par ailleurs pas rares, reconnaissons-le.

Dans ce contexte, et estimant que le consommateur est peu armé pour se défendre, le législateur a entouré le crédit à la consommation de règles très strictes. Il a notamment prévu des taux d'intérêt maximaux pour chaque type de crédit (maxima en passe d'être revus à la baisse). Bref, dès que vous souscrivez un crédit à la consommation pour une période de plus de trois mois ou pour un montant supérieur à 1.250 euros, vous bénéficierez d'une protection renforcée. Et les prêteurs ont intérêt à s'y conformer; les sanctions à leur encontre pouvant être très lourdes. La plus grave est l'annulation pure et simple du coût du crédit. En d'autres termes, l'emprunteur ne doit plus rembourser que le capital, les intérêts, eux, passant à la trappe.

Pas de bobard

Vous êtes ainsi protégé dès l'étape "marketing et publicité" mise en place par le prêteur pour vous appâter. Les organismes de crédit doivent notamment afficher sur leur publicité le TAEG, le taux annuel effectif global. Il détermine le coût du crédit (taux d'intérêt, frais de dossier, assurances obligatoires éventuelles) et constitue un bon moyen pour comparer les offres des différentes institutions financières.

Avant de signer, le prêteur doit aussi, entre autres, vous conseiller, vous informer et vous proposer le produit le plus adapté à vos besoins et à votre situation.

Ça y est, vous vous décidez? Les conditions proposées vous conviennent et, après avoir évalué votre budget, vous vous estimez capable d'assumer un emprunt? Ne vous offusquez pas si le prêteur, ou l'intermédiaire de crédit, vous pose quelques questions sur vous et sur votre situation financière . Il en a l'obligation! Et c'est tant mieux. Ce serait dommage de négligemment vous accorder un crédit alors que vous n'avez pas les moyens de le rembourser. Le prêteur devra en outre consulter la centrale de crédit aux particuliers (lire encadré) afin de vérifier le nombre de crédits ouverts à votre nom et si vous n'êtes pas fiché pour défaut de paiement.

Vous pouvez dire non

Les démarches sont faites, vous avez introduit votre demande, le prêteur l'a examinée et la réponse tombe: "oui mais" ou "oui, à condition que". Le prêteur peut en effet vous demander quelques "efforts" supplémentaires. Il peut par exemple exiger que votre conjoint signe le contrat et devienne par conséquent co-emprunteur. Il peut aussi demander que quelqu'un se porte caution (bref payera à votre place si vous ne le faites plus) ou encore que vous preniez une assurance. Vous avez toujours le droit de refuser! Le prêteur n'a notamment pas le droit de vous obliger à prendre une assurance. Exception. "Le prêteur pourrait vous imposer de conclure une assurance solde restant dû mais à deux conditions: il ne peut vous imposer l'organisme assureur et le coût de l'assurance solde restant dû doit être inclus dans le TAEG", précise Sylvie Moreau, juriste au sein de l'observatoire du crédit. Entre le principe et la réalité, il y a cependant souvent un fossé. Et les prêteurs ont depuis longtemps trouvé des formulations pour vous inciter à prendre une assurance, sans vous y obliger. De plus, si vous refusez de prendre l'assurance ou de trouver une caution, le prêteur pourrait vous rétorquer: "Pas de caution, pas de crédit". à vous de choisir alors, mais en connaissance de cause. Cette question de garantie réglée, reste l'étape de la signature du contrat. Le texte en lui-même est entouré d'un formalisme très strict. Une liste de mentions doit ainsi obligatoirement figurer dans le contrat.

Voilà, vous avez votre contrat en poche. Vous êtes content? ou un peu moins.

La nuit portant conseil, vous réalisez que vous vous êtes emballé un peu trop vite. Que faire? Si vous avez signé dans le bureau du prêteur et que le crédit porte sur un montant inférieur à 1.250 euros, pas de chance, vous ne pourrez plus revenir sur votre décision. Par contre, si vous avez signé en dehors des locaux de l'organisme de crédit, par exemple dans un magasin, ou que les montants empruntés s'élèvent à plus de 1.250 euros, vous disposez de 7 jours pour renoncer à votre crédit.

Vous devrez évidemment le faire par lettre recommandée. Enfin si vous "omettez" de rembourser votre crédit, le prêteur ne pourra le dénoncer, donc vous en demander le remboursement immédiat voire entamer des poursuites à votre encontre, que si deux échéances sont impayées et uniquement après vous avoir envoyé une mise en demeure et vous avoir donné un mois pour vous exécuter.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés