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Guy Wagner mise sur les valeurs défensives

L'économiste de la Banque de Luxembourg reste positif à plus long terme.

(l'echo) Si l'année 2006 connaît depuis avril une correction au niveau des marchés boursiers, cela n'est pas de nature à inquiéter Guy Wagner, le chief investment officer de la Banque de Luxembourg.

«Les perspectives des marchés financiers à plus long terme ne sont pas mauvaises», indique-t-il.

La volatilité actuelle des cours est sutout liée à des facteurs de court terme. Elle est le fruit des incertitudes économiques et géopolitiques dans le monde, du cycle de hausse des taux d'intérêt des banques centrales et de la décélération de la croissance des bénéfices des entreprises.

Si à plus long terme les perspectives boursières sont bonnes, cela est dû à plusieurs facteurs.

Tout d'abord au début du rééquilibrage de l'économie mondiale reflété par l'amélioration des taux de croissance en Europe et au Japon. Autre élément important, l'inflation restera contenue malgré le niveau élevé des cours des matières premières. «Cela limitera les pressions à la hausse sur les taux d'intérêt», explique Wagner.

Si les statistiques sur l'inflation se sont détériorées au cours des derniers mois aux états-Unis et en Europe, la situation s'explique essentiellement par la montée des prix pétroliers et non pas par une dégradation de la productivité des entreprises. Alors que les resserrements monétaires ne sont peut-être pas terminés des deux côtés de l'Atlantique, «une remontée durable de l'inflation n'est pas à craindre», explique Wagner.

Troisième source d'optimisme, les valorisations des marchés boursiers sont aujourd'hui dans l'ensemble «raisonnables». L'Europe, où les valeurs se traitent en moyenne à 13 fois les bénéfices, est dans une situation «privilégiée», note Wagner.

L'économiste reste également optimiste sur le potentiel élevé que présente l'Asie. Dans les années 1990, beaucoup d'entreprises n'y étaient pas gérées selon des critères de rentabilité. «Le test consiste à voir si les entreprises renouent aujourd'hui avec les bénéfices. Si l'Asie passe ce test, les valorisations y commenceront également à être raisonnables», note Wagner.

Stratégie

Au niveau de la stratégie d' investissement, Wagner préconise toutefois la prudence. Dans un contexte de ralentissement général induit par les états-Unis s'accompagnant d'une décélération de la croissance des bénéfices, il y a lieu d'adopter pour le moment une stratégie visant à privilégier les classes d'actifs plus défensives. Celles-ci ont pour la plupart largement sous-performé au cours des dernières années.

«Dans nos portefeuilles, nous privilégions ainsi les états-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse en Europe et, parmi les pays émergents, l'Asie du sud-est. Par ailleurs nous restons également confiants dans les perspectives à moyen terme du Japon», explique l'économiste.

Au niveau des capitalisations, il préfère les grandes valeurs aux valeurs petites et moyennes.

Jean-Claude Weishaar, à Luxembourg

photo belga

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