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John Thain, plus d'un projet d'alliance dans la tête

Euronext, une première étape dans la globalisation des marchés. John Thain (Nyse) projette de s'allier avec la bourse du Japon et les marchés émergents après Euronext.

(l'echo) Dans sa tournée des grands ducs, John Thain s'est arrêté hier à Bruxelles. Le patron du Nyse y est venu rencontrer journalistes, mais aussi régulateur, investisseurs, politiques et sociétés cotées, afin de convaincre du bien-fondé de la fusion de son groupe avec Euronext.

« Les marchés de capitaux sont devenus globaux. Cette opération va créer le premier marché global des Euronext, il s'agira d'une étape supplémentaire dans son modèle», a-t-il indiqué lors d'une interview. John Thain a précisé que la fusion avec le groupe paneuropéen ne constituait que la première étape vers une globalisation plus générale des marchés de capitaux. Alors que de plus en plus de grosses introductions en Bourse s'effectuent sur des marchés émergents, le patron du Nyse a annoncé qu'il envisagerait de s'allier avec d'autres Bourses en dehors de l'Europe. « Nous ajouterons probablement une pièce asiatique au puzzle. Nous regardons aux opportunités sur les marchés émergents, notamment la Chine et l'Inde», relève-t-il. «Le patron de la Bourse de Tokyo, qui est le deuxième plus important marché d'actions au monde, a déclaré qu'il supportait la combinaison entre le Nyse et Euronext, et qu'il voit cette alliance comme un moyen de faciliter davantage les transactions et de diminuer les coûts», ajoute-t-il.

Le reste de l'Europe toujours convoité

John Thain dit également s'attendre à un développement du modèle Euronext en Europe. «Tout marché intéressé pour rejoindre notre groupe y sera inclus à travers Euronext», précise-t-il. Le patron du Nyse se dit confiant dans l'arrivée de Borsa Italiana. «L'Italie a déclaré qu'elle voulait nous rejoindre», affirme-t-il. Olivier Lefebvre, membre du comité de direction d'Euronext, a lui voulu démentir les rumeurs au sujet d'une alliance Borsa Italiana - DeutscheBörse au détriment du groupe paneuropéen. «Borsa Italiana a déclaré qu'elle appréciait le modèle fédéral d'Euronext. Mais il est vrai que dans le même temps, Borsa Italiana regarde à vérifier la volonté de la Deutsche Börse à revoir son modèle» indique -t-il.

Concurrencer Londres

Le but avoué de John Thain dans cette fusion est de créer un grand marché global, capable de rivaliser avec Londres. Il a tenu à préciser que, non, il ne lancerait pas un marché à la City pour concurrencer le London Stock Exchange. «Notre but est de créer un concurrent face à Londres, mais pas en lançant un nouveau marché»,explique-t-il. Le patron du Nyse ne veut pas non plus s'engager dans la voie empruntée par le Nasdaq. La Bourse électronique avait échoué avec l'Easdaq et le Jasdaq. «L'erreur du Nasdaq a été de proposer des transactions 24 h sur 24, alors que la tendance de la liquidité est de suivre la lumière du jour, note-t-il. Ici, nous fusionnons deux grands marchés déjà établis. Nous essayons de relier les pools de liquidités.»

La question des actionnaires

Si le Nyse et Euronext ont signé un accord stratégique, ils leur restent encore à passer le test des régulateurs et des actionnaires. Jan Michiel Hessels, le président du conseil de surveillance d'Euronext, et Olivier Lefebvre se disent confiants dans le vote des actionnaires en faveur de ce projet. JohnThain indique, lui, que les deux groupes planchent actuellement à l'élaboration d'un document présentant le projet aux actionnaires lors d'une assemblée extraordinaire prévue en automne. Le patron du Big Board espère toujours que l'opération sera finalisée d'ici la fin du premier trimestre 2007. Il reste à voir si les régulateurs européens et les actionnaires d'Euronext le veulent aussi. Et à attendre une nouvelle offensive de la Deutsche Börse?

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