L'accès des hedge funds à MTS ne plaît pas aux banques

La question d'un accès des hedge funds à MTS soulève la controverse, mais pas du côté de la plate-forme de négociation des obligations d'état de la zone euro. La plate-forme obligataire va devoir concilier les intérêts de chacun.

(l'écho) A l'issue d'une réunion de son conseil d'administration vendredi dernier, la société a, selon un communiqué, «apporté son support au principe d'une libéralisation de l'accès au marché à une troisième partie afin d'accroître la liquidité». Par contre, du côté des primary dealers, c'est-à-dire les banques négociant sur cette plate-forme, il en va autrement. «Tous les primary dealers sur MTS doivent respecter beaucoup de contraintes. Ils doivent coter les prix d'achat et de vente pour les obligations. Ils sont obligés de fournir de la liquidité de façon continue entre eux sur des spreads définis. Ils doivent aussi publier pour les autres des informations sur la dette d'un pays», explique Junter Fluyt, responsable de la négociation sur les obligations d'état chez ING. «Les hedge funds veulent pouvoir participer à ce système comme market makers, mais sans les mêmes contraintes imposées aux primary dealers», ajoute-t-il. «Les hedge funds seraient donc privilégiés. Aussi, pour les primary dealers, il faudrait que ces fonds répondent aux mêmes contraintes qu'eux», affirme-t-il.

Négociations possibles

MTS n'a toutefois pas encore avalisé complètement l'ouverture de son marché aux hedge funds. Le conseil de surveillance du groupe a remis au comité de direction la tâche «de formuler des propositions pratiques, après avoir consulté le comité pour l'accès aux tierces parties et les autres intéressés, pour les soumettre à la prochaine rencontre du conseil de surveillance», précise le communiqué de la société. «Beaucoup de banques sont présentes au conseil d'administration de MTS, et certaines pourraient voter contre cette décision», rappelle toutefois Paolo Senes, directeur exécutif de MTS Belgium.

Un besoin de liquidités supplémentaires?

Les derniers résultats publiés par MTS jugés décevants sont à l'origine du débat autour de l'accès des hedge funds à cette plate-forme. «Certains hedge funds veulent depuis déjà un certain temps entrer sur le marché des obligations d'état. Ils ont contacté les principaux marchés et demandent depuis longtemps l'accès à notre plate-forme», précise Paolo Senes.

Six fonds d'arbitrage, dont 3i group, Citadel Investment et Vega Asset Management, ont exprimé leur souhait de négocier sur MTS. Leur arrivée permettrait d'augmenter les volumes de transactions sur cette plate-forme, et constitue donc un élément déterminant pour les futurs revenus du groupe.

Toutefois, l'association européenne des primary dealers estime que ce changement pourrait bouleverser la délicate balance du marché des obligations d'état. Le comité de direction de MTS devra tenter de concilier les intérêts de chacun. Une tâche bien délicate! J.N.

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