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L'aversion pour le risque affecte plus durement l'investisseur belge

Le moral continue de s'effilocher parmi les investisseurs belges. Pour le quatrième mois d'affilée, leur optimisme a baissé en intensité.

(l'echo) Encore au top en janvier, avec un indicateur fixé à 132 points, le Baromètre des investisseurs a poursuivi son mouvement de repli amorcé en février, pour tomber au cours du mois de mai à 123. C'est 4 points de moins que le niveau atteint en avril, et 9 points depuis son sommet du début de l'année. Pour la banque ING, le maître d'oeuvre de ce baromètre qui mesure la confiance des investisseurs particuliers en Belgique (en collaboration avec l'Université de Gand et les quotidiens L'Echo et De Tijd), il n'y a rien de dramatique. Le niveau actuel reflète toujours un optimisme certain, même s'il est manifestement plus modéré que les mois précédents. L'indicateur, explique Peter Vanden Houte, chef économiste chez ING, est fort corrélé à l'évolution des marchés financiers fragilisés depuis début mai. Et si 21% des investisseurs pensent que les cours des actions vont encore baisser au cours du trimestre à venir, en revanche, ils sont encore plus de 50% à prévoir le contraire.

En fait, ajoute Vanden Houte, le scénario observé au cours des deux dernières années semble en piste pour se répéter en 2006. Le moral des investisseurs est au beau fixe en début d'année, avant de se dégrader par la suite pour se reprendre en septembre. L'on peut imaginer que, sur les marchés, la tendance se stabilisera au cours de l'été, avant de s'améliorer à partir de l'automne. Disons, avoue le chef économiste, que les gens deviennent prudents et que leur appétit pour des actifs plus risqués s'amenuise.

Alors que que durant la première semaine de mai, 35% des investisseurs jugeaient encore le moment opportun pour passer à des placements plus risqués, ce pourcentage n'atteignait plus que 27% à la fin du mois. Si les investisseurs ont moins le moral pour ce qui concerne les marchés boursiers, par contre, révèle l'enquête, ils restent relativement positifs à l'égard de l'évolution conjoncturelle. En janvier, ils étaient 36% à s'attendre à une amélioration de la situation économique en Belgique. Quatre mois plus tard, ils sont encore 30% à partager ce sentiment.

Dans le cadre de cette enquête, ING s'est intéressé aux types de placements réalisés par les investisseurs belges selon leur activité professionnelle. Il en ressort que les Belges ont des profils d'investisseurs différents, selon leur activité professionnelle. On apprend ainsi que le portefeuille de placements des travailleurs indépendants s'avère en moyenne plus important que celui des employés et des ouvriers.

Cela s'explique par le fait que cette catégorie d'investisseurs, qui comprend notamment les avocats et les médecins, est celle qui dispose généralement d'une fortune moyenne élevée. Les indépendants sont, avec les employés, ceux qui s'occupent aussi un peu plus activement de leur portefeuille que les ouvriers et les personnes inactives. On précisera que dans cette dernière catégorie sociale, 30% des sondés n'ont pas souhaité révéler l'importance de leur portefuille.

Quels placements ces trois catégories sociales privilégient-elles? Avant tout les fonds. 60% des indépendants en détiennnent, contre 47% pour les ouvriers. Les obligations ont sont également prisées, surtout auprès des 51% des retraités sondés. Parmi les autres faits marquants de l'enquête, 81% des indépendants prétendent qu'ils possèdent nettement plus d'actions étrangères que l'investisseur moyen. Une situation qui tient fort à l'importance de leur portefeuille qui permet une plus grande diversification. Enfin, on notera que les employés (7%) sont plus nombreux à s'intéresser aux options que les indépendants (6%). C'est sans doute, conclut Vanden Houte, parce que les indépendants estiment prendre suffisamment de risques au niveau de leur profession.r

Marc Collet

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