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L'enthousiasme d'ING envers l'évolution des marchés boursiers est quasi sans faille

L'institution financière relève de manière substantielle les perspectives bénéficiaires des poids lourds européens

L'environnement boursier n'est pas des plus favorables depuis le début du mois de mai. On le sait. Le doute s'est emparé d'un certain nombre de gestionnaires. Les indices boursiers, eux, évoluent de manière incertaine, loin en dessous de leurs meilleurs niveaux atteints fin avril.

Tranchant avec ce tableau morose, les analystes et stratégistes d'ING n'y vont pas par quatre chemins pour afficher haut et fort leur optimisme sur l'évolution à venir des Bourses. Il est vrai, observent-ils, que depuis la tenue de la réunion du G-7 le 22 avril dernier, les marchés financiers sont confrontés à davantage de volatilité. A l'instar des devises, dont la japonaise, mais aussi celle des cours des matières premières.

Une volatilité qui, plus encore que les anticipations de hausse des taux d'intérêt américains, a fait craindre une correction sur les Bourses. Dans ce contexte, les indices ont plié. Et ce mouvement négatif s'est accéléré avec l'apparition de ce que l'on appelle le phénomène de la rotation sectorielle. C'est-à-dire que des secteurs en Bourse ont subi des dégagements au profit d'autres. Voilà le décor dans lequel nous nous trouvons actuellement, avec une volatilité malgré tout nettement moins dynamique.

Opportunités à saisir

Pour les experts d'ING, les Bourses nous offrent maintenant des opportunités de profiter de valorisations revenues à des seuils plus favorables. Il est vrai que, d'un niveau supportable, l'inflation est devenue menaçante depuis quelques semaines. Les taux d'intérêt ont tendance à monter, ce qui provoque un moindre appétit des investisseurs pour les placements plus risqués comme les actions. Mais la croissance de l'activité économique, qui devrait décélérer en 2007, apaisera ces menaces. Les analystes d'ING sont d'ailleurs d'avis que la situation de l'inflation américaine évolue dans un scénario normal de fin de cycle, et que les taux d'intérêt baisseront en 2007 aux Etats-Unis. Il n'y a pas lieu dès lors de revoir à la baisse son appréciation sur les marchés d'actions.

BPA 2006: +17%

Autre motif pour lequel ING fait preuve de beaucoup d'enthousiasme envers les marchés d'actions, son modèle de prévision des profits de sociétés indiquait en mars dernier que l'on peut encore s'attendre à une hausse moyenne de 17,4% des bénéfices par action (BPA) au cours du quatrième trimestre de cette année pour les pensionnaires de l'indice FTSEurofirst 300, contre 8% cinq mois plus tôt. Dopés par cette perspective plutôt encourageante, les analystes tablent sur un indice DJ Stoxx 600 à 360 points d'ici la fin de l'année, et à 390 points à fin 2007. Il évoluait juste au-dessus de la barre des 315 points jeudi. Attention cependant, avertit ING, la croissance des BPA ne sera plus que de 4,9% dans un an. Il faudra donc espérer que les statistiques économiques soient à ce moment meilleures que prévu, afin de compenser ce recul de la croissance bénéficiaire.

Super-dividendes

Dans sa sélection d'actions préférées, au nombre de 10, ING privilégie celles dont les sociétés peuvent être capables de décréter des dividendes exceptionnels. La banque pointe en priorité les valeurs des groupes pétroliers qui, outre le fait qu'elles affichent des valorisations attractives, sont le plus à même de proposer de tels dividendes, en raison de l'envolée des prix de l'énergie. On retrouve ainsi Total, BP et Eni. Le secteur industriel, qui est également en mesure d'annoncer des dividendes extraordinaires, a aussi la cote, en particulier en Europe où la reprise en Allemagne lui sera profitable. Parmi les sociétés à avoir déjà décidé cette année d'attribuer des dividendes sensiblement plus élevés que les montants prévus par les analystes, Arcelor, Statoil OMV, Neste Oil, Volvo Numico et Suez, notamment, ont vu le cours de leurs actions surperformer leur marché.

En revanche, ING sous-pondère les valeurs de la construction, en raison de la baisse d'activité dans l'immobilier aux USA et de sa sensibilité à la hausse des taux d'intérêt. Les "utilities" et l'agroalimentaire sont aussi sous-pondérés.

Les banques n'ont pas davantage la cote. Par contre, sur notre place à Bruxelles, KBC est appréciée. KBC est actif à la fois dans la zone euro et les pays émergents. Récemment, Fortis et Dexia ont investi sur ces marchés, en particulier en Turquie. Mais ce pays, précise Alain Tchibozo, analyste auprès d'ING, est le moins bien loti économiquement parlant. De plus, KBC dispose d'importantes liquidités, ce qui devrait lui permettre de bénéficier de la remontée des taux d'intérêt. Mais à choisir entre d'autres banques de la zone euro, ce sont les celles cotées à Madrid que Tchibozo privilégie le plus. Car, dit-il, elles devraient très peu souffrir d'une éventuelle remontée des provisions pour créances douteuses, actuellement à de bas niveaux, du fait qu'elles sont peu exposées au monde des entreprises.

Marc Collet

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