L'euro à un niveau historique

L'euro est monté vendredi jusqu'à 1,3682 dollar, son plus haut niveau jamais atteint depuis son premier jour de cotation en 1999, dans la foulée d'un chiffre décevant sur le PIB américain.

(l'écho/belga) - La devise européenne a été dopée par la faible croissance américaine. Le FMI vient d'ailleurs de revoir en forte baisse sa prévision de croissance américaine pour 2007 à 2,2%, contre 2,9% auparavant. A l'inverse, le FMI vient de relever sa prévision de 2% à 2,3% pour la zone euro.

Le Dow Jones franchit le seuil des 13.000 points, tandis que l'euro touche 1,3682 USD

En cette traditionnelle période de publication de résultats trimestriels d'entreprises, les investisseurs auraient pu rester sur le qui-vive. Mais l'annonce de résultats meilleurs que prévu ainsi que l'activité toujours soutenue du côté des fusions-acquisitions les ont vite rassurés. Quelques statistiques américaines et européennes de bon augure ont parachevé le travail. Résultat, en Europe et aux Etats-Unis, certains indices boursiers se sont senti le courage de battre de nouveaux records. Le Dow Jones a franhi la barre tant attendue des 13.000 points mercredi. Sur le Vieux Continent, les records ont surtout concerné les petits marchés. Notre Bel 20 a fait partie du lot, avec ses 4657,98 points atteints en séance mercredi. Les Bourses suisse, autrichienne, portugaise, luxembourgeoise, norvégienne, grecque et d'une partie des pays de l'Est ont suivi le même mouvement.

Du côté des statistiques, l'immobilier américain a donné quelques signes de frayeur mardi, avec la publication des reventes de logements en mars. Celles -ci ont accusé leur chute la plus importante depuis dix-huit ans, avec une baisse de 8,4% sur un mois. La confiance du consommateur américain a également donné quelques soucis aux marchés. L'indice de confiance mesuré par l'institut Conference Board a reculé à 104 points en avril, contre 108,2 points en mars, et des attentes à 105 points. Mais ces deux indicateurs ont vite été oubliés suite à l'annonce d'autres statistiques beaucoup plus encourageantes. L'indice Ifo est, en effet, ressorti plus fort que prévu en avril en Allemagne, renforçant le sentiment que l'Europe est aujourd'hui davantage en mesure de résister à un ralentissement de l'activité américaine. Par ailleurs, les commandes de biens durables ont progressé plus fortement qu'attendu en mars aux Etats-Unis, alors que les économistes craignent que le cumul d'un ralentissement de l'investissement et de la crise de l'immobilier ne fasse plonger l'économie américaine dans la récession.

Un euro à son plus haut depuis son lancement

L'euro a grimpé vendredi à un record depuis son lancement en 1999, à 1,3683 USD. Ceci résulte à la fois du ralentissement économique aux Etats-Unis et de la bonne santé de l'Europe, où les entreprises craignent toutefois une perte de compétitivité. Alors que le record était en vue depuis une semaine, le coup de grâce pour le billet vert est venu du chiffre de la croissance américaine au premier trimestre. Le produit intérieur brut (PIB) américain n'a progressé que de 1,3% en rythme annuel au premier trimestre, en net ralentissement par rapport au dernier trimestre 2006 (+2,5%). Il s'agit du rythme de croissance le plus faible aux Etats-Unis depuis quatre ans. La devise européenne a progressé de 0,22% sur la semaine.

Les taux longs européens se sont eux fortement tendus suite notamment à la publication d'un indice Ifo en forme et à la hausse supérieure aux attentes du baromètre GfK du moral des consommateurs en Allemagne. Les obligations d'état de la zone euro ont aussi souffert de la défection des investisseurs au profit des actions. Le taux belge à dix ans a avancé de deux points de base à 4,28 % d'un vendredi à l'autre. J.N.

La croissance américaine au plus bas depuis 4 ans

La croissance américaine est tombée au premier trimestre à son plus bas niveau en quatre ans, ralentissant à 1,3% seulement contre 2,5% au trimestre précédent (en rythme annuel), a indiqué vendredi le département du Commerce. C'est une déception pour les analystes qui tablaient sur une hausse de 1,8% du produit intérieur brut (PIB). Dans le sillage de ce rapport, l'euro a battu son record historique, passant à 1,3682 dollar.

Il faut remonter au premier trimestre 2003, marqué par le début de la guerre en Irak, pour trouver une croissance moins forte. Cette fois, la faiblesse s'explique notamment par la crise persistante de l'immobilier résidentiel et la détérioration de la balance commerciale. Les exportations ont baissé de 1,2% au premier trimestre alors que les importations augmentaient de 2,3%, ce qui a retiré l'équivalent de 0,52 point à la croissance totale. L'investissement résidentiel a pour sa part accusé son sixième trimestre consécutif de baisse, avec un recul de 17% (après -19,8% au trimestre précédent).

La crise de l'immobilier est l'une des grandes inconnues planant sur l'économie américaine. La crainte des économistes est que la consommation, pilier incontournable de la croissance, ne se mette à vaciller si les difficultés immobilières contaminaient le pouvoir d'achat des ménages. J.N.

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