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La baisse des prix pétroliers s'inscrit-elle sur le long terme?

Les analystes parient toujours sur des prix élevés de l'or noir. Les fondamentaux pour le pétrole plaident plutôt pour le contraire.

(l'echo) L'hypothèse d'un baril à 100 dollars a du plomb dans l'aile. Du moins temporairement. Depuis deux semaines, les prix pétroliers ont chuté de 6% et semblent s'inscrire dans une baisse durable. Pourtant, certains analystes et gestionnaires de fonds estiment toujours que les cours de l'or noir vont rester à des niveaux historiquement élevés dans les prochains mois, voire dans les prochaines années.

La baisse actuelle des prix pétroliers tient son explication à des facteurs spéculatifs et saisonniers. Tout d'abord, la fin de la «driving season» approche à grands pas aux états-Unis. Cette période se traduit généralement par une remontée des prix pétroliers en prévision d'une demande accrue en essence outre-Atlantique.

Ensuite, les intervenants spéculent sur un ralentissement de la croissance économique américaine qui induirait une demande moindre en pétrole. Enfin, l'apaisement des tensions entre Israël et le Liban ont apaisé les investisseurs.

Toutefois, du côté des fondamentaux, la situation reste toujours tendue. «La demande reste forte . En Chine, elle progresse toujours bien. Aux états-Unis, même avec des prix du gasoil constamment élevés, la demande reste soutenue» précise Robin Batchelor, gestionnaire du fonds Merrill Lynch World Energy.

De fait, la Deutsche Bank prévoit dans une étude que la demande mondiale en pétrole va continuer à progresser dans les années à venir. La banque chiffre à 91,5 millions de barils (Mb/j) par jour la demande pour 2010 contre 83,7 Mb/j en 2005, principalement à cause de l'appétit de la Chine et des autres marchés émergents asiatiques.

Elle souligne également que la production mondiale va tout juste satisfaire cette demande. Elle indique que l'offre mondiale s'élèvera à 91,6 Mb/j pour 2010, soit à peine 100.000 b/j de plus que la demande. «La production mondiale reste limitée en raison des sous-investissements dans l'exploration et le développement, du manque de nouvelles découvertes et des difficultés à exploiter les nouvelles sources de pétrole», indique David Field, analyste spécialisé dans les matières premières chez Carmignac Gestion. «L'approvisionnement mondial doit compter avec les interruptions de production au Nigeria et l'arrêt d'une partie de la production du champ pétrolifère de BP à Prudhoe Bay», précise Robin Batchelor. «Avec quelques 750.000 barils par jour en moins au Nigeria et approximativement 200.000 b/j en mois pour Prudhoe Bay, on atteint le million de b/j manquant ainsi au marché», ajoute-t-il.

Une volatilité élevée

Avec un marché de l'offre et de la demande tendu, la moindre petite contrariété vient peser sur les cours du pétrole.

«Les problèmes en Irak et en Iran, qui pèsent sur le marché pétrolier, ne vont pas se résoudre du jour au lendemain», relève Robin Batchelor.

Le gestionnaire prévoit dès lors que les prix pétroliers vont se montrer plus volatils dans les mois qui viennent et vont évoluer dans une fourchette de plus ou moins 10 dollars. «Il ne faut pas oublier qu'à 71 dollars le baril, les prix du pétrole restent à des niveaux élevés», conclut-il.

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