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La correction des marchés n'est que temporaire

Eric Tazé-Bernard, d'Invesco AM, estime que la correction des Bourses devrait s'achever en septembre.

(L'Echo) Pas de panique! La correction actuelle des marchés n'a rien à voir avec celle vécue en 2001. Eric Tazé-Bernard, chief investment officer chez Invesco Asset Management, s'est voulu rassurant lors d'une conférence de presse ce jeudi. Selon lui, les turbulences de ces dernières semaines ne sont que temporaires et devraient prendre fin en septembre-octobre. «Les marchés d'actions restent bon marché et les bénéfices d'entreprises toujours solides. Nous n'assistons donc pas à une crise majeure», indique-t-il. «Toutefois, les marchés devraient rester volatils pendant encore quelques semaines», ajoute-t-il.

Eric Tazé-Bernard explique la correction actuelle des marchés, toutes catégories confondues, par un phénomène plus technique qu'autre chose. «La forte correction s'explique par le fait que les marchés ont trop progressé ces derniers mois», note-t-il. «De plus, on a assisté à une forte remontée de la volatilité, qui devrait encore durer.»

L'économiste souligne que les marchés sont entrés dans une phase d'incertitude accrue autour des taux d'intérêt aux Etats-Unis. «Les intervenants s'interrogent sur le moment où la Réserve fédérale choisira de terminer sa politique de resserrement monétaire», observe-t-il.

Il relève également que les inquiétudes autour d'un ralentissement de la croissance économique américaine provoquent une hausse de la volatilité. «Nous devrions assister à une modération de l'économie américaine vers 2,5 à 3% au cours du deuxième semestre. Un ralentissement plus fort est improbable en raison de la bonne santé des entreprises et d'un resserrement monétaire graduel», constate-t-il.

«Même si l'économie américaine ralentit, les autres économies s'améliorent», indique Eric Tazé-Bernard. Il se montre particulièrement positif pour l'économie japonaise, enfin sortie de sa période de déflation. «Si les marchés d'actions ont chuté ces dernières semaines, c'est en raison de la sensibilité du marché aux flux de capitaux étrangers et du changement de ton de la Banque du Japon», note-t-il. En Europe, il juge également positives les nombreuses réformes adoptées par des pays comme l'Allemagne et l'Italie.

Les fondamentaux macroéconomiques se veulent donc rassurants pour les marchés. Toutefois, Eric Tazé-Bernard reconnaît certains risques à surveiller. «Le principal risque pour les marchés reste lié au relèvement des taux d'intérêt», explique-t-il. Il prévoit cependant le principal taux d'intérêt de la Fed à 5,5% dans les deux à trois prochains mois, et s'attend à un taux directeur de 3,5% pour la BCE d'ici la fin 2006. Quant au Japon, l'économiste n'y prévoit pas un fort resserrement des taux d'intérêt.

Eric Tazé-Bernard signale en outre un autre risque pour les marchés. «Les bénéfices des sociétés américaines pourraient être touchés par les prix élevés des matières premières. Mais d'un autre côté, les coûts du travail restent sous contrôle», note-t-il. En conséquence, il s'attend à un ralentissement de la croissance des bénéfices à 5-10% au deuxième semestre contre 13-14% actuellement.

La forte correction des marchés envoie-t-elle un signal d'achat? Eric Tazé-Bernard estime que revenir sur les marchés d'actions est prématuré. «Certes, la situation semble se normaliser, mais nous nous attendons à ce que les marchés restent volatils aussi longtemps que l'incertitude persistera autour de la politique monétaire américaine», relève-t-il. Selon lui, les marchés devraient rester difficiles encore deux ou trois mois. «En septembre, lorsque la Fed marquera une pause, l'opportunité se présentera de réinvestir en actions», souligne-t-il.

Pour l'instant, l'économiste se dit neutre pour les actions, avec toutefois une exception pour les actions japonaises.

Du côté des obligations, il sous-pondère toutes les catégories sauf les obligations émergentes libellées en devises locales. «Les devises émergentes sont sous-évaluées, et particulièrement celles des pays asiatiques», note-t-il.

J.N.

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