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La défense du capital via une stratégie d'attaque

L'innovation financière permet à l'investisseur de diversifier les risques. Ce type de gestion alternative a le vent en poupe. Il rassure les épargnants...

(l'echo) Depuis quelques années sont apparus les fonds dits de «performance absolue» ou encore «absolute return». Ils ont pour objectif de produire une performance indépendante de l'évolution du marché, et qui n'est donc jamais évaluée dans un classement (benchmark). Preuve de l'intérêt suscité par ces produits, les fonds de ce type ont représenté 5,3% de l'ensemble des fonds (et 4,3% des encours) lancés en 2005.

Les marchés financiers ont amorcé, sur la dernière décennie, une mutation, pour le moins profonde, portant le double sceau de la globalisation et de l'innovation financière. L'innovation financière a donné le jour à de nouveaux outils tels que les produits structurés notamment, qui ont permis de revisiter la relation entre rendement et risque. Notamment en garantissant le capital.

Cette évolution s'est également traduite dans les faits par le renouvellement des techniques de gestion alternative. Très friand de diversification, de marchés liquides à même d'être arbitrés, de produits de couverture du risque, le monde de l'alternatif a profité de cette aubaine côté offre pour évoluer méthodologiquement mais aussi (et surtout?) en termes d'image commerciale.

Cependant, une certaine opacité demeure dans la mesure où la terminologie définissant ces fonds manque de consistance pour les regrouper au sein d'une classe d'actifs homogène. Ainsi, au départ, les fonds «absolute return» étaient assimilés à des méthodes de gestion héritées de la gestion obligataire, utilisant des outils conventionnels. Ils visent à produire une performance en tout temps positive, et surtout supérieure dans la durée à celle du marché monétaire, sans quoi ces produits auraient bien du mal à se faire une place ou n'auraient même aucune raison d'être. Ce concept d'un surplus de performance sans contrepartie en termes de risque est le socle fondamental de son succès.

Toutefois si dans la conscience commune cette assimilation perdure, il est nécessaire d'être conscient qu'aujourd'hui cette classe d'actifs a perdu de sa «pureté». Ainsi se sont engouffrés dans la brèche d'une terminologie trop vague de nombreux fonds aux méthodes de gestion hétéroclites et aux contours parfois flous. La désignation «absolute return» ou «total return» est ainsi portée par des fonds que Lipper classe parmi les catégories «Equities» (actions), «Fixed Income» (obligations), «Mixte», ou encore «Money Market» (monétaire). Pour preuve, il est surprenant de constater que, du fait de cette dispersion, Lipper n'ait que quatre fonds à proposer au sein de cette catégorie (voir tableau ci-dessous). Il résulte de ces observations qu'une prise d'informations préliminaire est nécessaire avant toute décision d'investissement sur ce type de produits. En effet, en dépit de leur dénomination «absolute return», tous ne sont pas immunisés contre la perte en capital, et cela même si leur degré de diversification élevé doit les protéger d'une infortune trop marquée.

Cette multitude de fonds aux patronymes peu idoines et aux caractéristiques diverses et variées grèvent quelque peu la lisibilité commerciale de ces produits mais cela n'affecte guère pour l'instant l'appétit des investisseurs en leur faveur. Selon les spécialistes, les perspectives les plus prometteuses pour cette classe d'actifs devraient se situer du côté des fonds dits «tous temps» ou «all weather». Ce type de fonds se caractérise par une grande liberté donnée au gérant dans son allocation d'actifs, qu'il peut ainsi ajuster de manière très flexible et opportuniste en fonction des événements affectant n'importe quel type de marché.

L'opportunisme semble d'ailleurs devenir le maître mot de la gestion de performance absolue. Les gérants misent en effet sur leur double diversification en thèmes et en gammes d'investissement pour annihiler au maximum les risques systématiques et spécifiques et ensuite profiter des opportunités de marché pour créer la performance.

Fabrice Kremer (FundMarket)

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