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La sécurité sociale, assurer et redistribuer

La sécurité sociale, affectueusement (!) appelée "la sécu", est un monstre. Non un monstre insatiablement assoiffé de cotisations et de subsides publics. Ce temps-là est passé, la sécu n'est plus en déficit et ce depuis quelques années déjà. Mais un monstre de par sa complexité et, surtout, de par le poids social (ses interventions) et financier (son budget) qu'elle représente.

(l'écho) Un seul chiffre et tout est dit: l'ensemble des dépenses de la sécurité sociale est de plus de 53 milliards d'euros, soit 18% d'un PIB qui avoisine les 300 milliards d'euros.

La sécurité sociale n'est plus déficitaire depuis quelques années, les chiffres transmis au Parlement par le ministre concerné, Rudy Demotte, en attestent.

Lorsque le bon peuple, c'est-à-dire vous et moi, parle de la sécu, il n'embrasse généralement pas tout ce qu'elle recouvre. Trop souvent, nous assimilons la sécu aux soins de santé, qui représentent certes un gros morceau (44%), mais il faut aussi compter avec les autres risques contre lesquels sont assurés ceux qui cotisent et les autres dépenses pour lesquelles elle remplit un rôle de redistribution.

La sécu, lato sensu, c'est à la fois une assurance (contre l'incapacité de travail, la maladie, l'invalidité, le chômage) et un mécanisme de redistribution partiel (frais de santé, éducation, pécules de vacances) ou total (pensions).

Le plus important, c'est que la sécu organise la solidarité entre ceux qui paient des cotisations et ceux qui en bénéficient, entre ceux qui ont un job et les chômeurs, entre les actifs et les pensionnés, entre ceux qui sont en bonne santé et les malades, entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n'en ont pas, entre ceux qui ont des rentrées financières et ceux qui n'en ont pas.

En ce sens, elle est aussi un rempart contre la pauvreté, qu'elle ne parvient cependant pas à endiguer puisque, selon le critère que l'on prend, notre pays compte entre 10 et 15 % de pauvres, c'est-à-dire de personnes ne disposant pas de revenus ou d'un revenu totalement insuffisant pour couvrir les dépenses de la vie courante.

Une roue de secours

Lorsque la sécurité sociale n'est pas à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre d'elle - c'est le cas pour les pensions des indépendants, pour certains soins de santé, pour l'aide aux handicapés -, il faut aller chercher ailleurs.

Souvent, mais pas toujours, hélas, il ne faut même pas chercher.

Le secteur privé est tout heureux de venir au secours de ceux qui s'estiment insuffisamment couverts par la sécu.

Ainsi, quel est l'indépendant qui n'a pas été contacté par une compagnie d'assurances pour "s'assurer" un complément de pension ou pour se prémunir contre une perte de revenus?

Quel est le père de famille qui n'a pas souscrit une assurance hospitalisation? Quel est l'employeur qui n'est pas assuré contre les accidents du travail? On pourrait encore citer les assurances de groupe, les assurances complémentaires des mutuelles, les multiples assurances contre les accidents?

Hélas, plusieurs nuages obscurcissent le beau tableau que prétend nous peindre le secteur privé. Notamment parce que certains risques, réels pourtant, ne sont tout simplement pas assurables - le chômage d'un salarié par exemple - et que certaines assurances sont fort chères, pour ne pas dire dispendieuses, notamment les assurances hospitalisation au-delà d'un certain âge ou après un grave accident de santé.

Bref, il y a deux types de risques:

ceux que l'on ne peut pas couvrir en sus de la sécu. Il faut les gérer; ceux que l'on peut couvrir. Il faut s'y prendre le plus tôt possible. C'est-à-dire avant d'être tombé malade ou d'être trop avancé en âge. C'est la morale économique de l'histoire.

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