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Le charbon est sous-évalué par rapport au pétrole

Les actions du secteur font état d'une décote injustifiée. Le charbon est-il en passe de supplanter le pétrole comme l'investissement énergétique le plus performant des dix prochaines années?
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C'est, en tout cas, la conviction de pas mal d'investisseurs parmi lesquels on retrouve, notamment, le courtier US Merrill Lynch, le plus grand mineur au monde, BHP Billiton, ou le milliardaire Wibur Ross, spécialisé dans la reprise des sociétés en difficultés financières.

A les entendre, le charbon s'affiche comme la source énergétique la plus abondante et la moins chère. Présent de l'Amérique du nord à la Chine, le minerai devrait profiter de la flambée des prix pétroliers qui encouragent les entreprises à développer des programmes de génération d'électricité à partir du charbon et de conversion du charbon en diesel.

Comme le souligne Stephen Leer, le patron d'Arch Coal, le plus grand producteur US de charbon, la conversion du charbon en essence ou gaz devient économiquement viable à partir du moment où le baril de pétrole dépasse les 40 USD.

Or le pétrole culmine actuellement à plus de 75 USD et les fondamentaux (insuffisance des raffineries capables de traiter le pétrole lourd, quasi-inexistence des capacités excédentaires d'or noir et incertitudes géopolitiques) plaident toujours en faveur d'une cherté durable de l'or noir. Pour retrouver un baril de brut WTI à 40 USD, il faut remonter à janvier 2004.

Depuis le début de l'année, les cours du brut se sont encore appréciés d'un peu plus de 10%, alors que les cours du charbon se sont, dans le même temps, dépréciés de 16,6% sur le marché US à près de 49 USD la tonne pour cause d'un hiver peu rigoureux.

Hausse de la demande en vue

Inutile de préciser que le substantiel écart de prix entre les deux sources énergétiques plaide en faveur d'un accroissement de la demande de charbon. Pour les états-Ûnis et la Chine, les deux plus grands consommateurs d'énergie, le charbon offre, en effet, l'opportunité de réduire leur importante dépendance à l'égard du pétrole du moyen-orient dont le coût a augmenté de près de 730% depuis ses planchers de la fin des années 1990. Le charbon constitue pour les états-Unis, qui importent près des deux tiers du pétrole qu'ils utilisent, une «échappatoire» d'autant plus tentante que leur sol renferme suffisamment de charbon pour satisfaire à près de deux siècles de consommation. De même, la Chine, dont les importations pétrolières ont été multipliées par trois ces cinq dernières années, dispose d'assez de charbon pour couvrir ses besoins énergétique pendant une centaine d'années. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Royal Dutch Shell et Sasol investissent sur place dans des projets d'exploration avec des mineurs locaux. On comprend que le gouvernement US table désormais sur une hausse de la demande de charbon de 3% par an, soit deux fois plus que la croissance attendue pour le pétrole. Il a, notamment, l'ambition de faire passer de 50 à 57% la proportion d'éléctricité créée à partir du charbon. Dans cette perspective, synonyme de resserrement de l'écart entre les cours du pétrole et du charbon, les producteurs de charbon tentent d'augmenter leurs stocks. C'est ainsi que l'américain Peabody Energy a émis une offre d'achat sur Excel Coal, le troisième producteur de charbon australien.

Opportunités d'achat

Ce qui fait dire à certains que les cours des actions des mineurs spécialisés dans le charbon incorporent actuellement une décote trop importante. Pour en juger, il suffit de comparer l'évolution de l'indice S&P 500 du secteur pétrole et gaz depuis le début de l'année (+25%) à celle de titres comme Ross's International Coal (-32%), Arch Coal (-13%), Peabody Energy (+13%) ou Consol Energy (+17%). Depuis son sommet du 11 mai, l'indice Bloomberg des valeurs US actives dans le charbon s'est tassé de 34%. Compte tenu du potentiel d'appréciation des cours du charbon, les producteurs du secteur constituent donc de réelles opportunités d'achat: ils devraient pouvoir surperformer les actions pétrolières.

Luc Charlier

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