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Le CO2 part en fumée

Qui aurait parié il y a un an que les cours du CO2 iraient aussi bas? Leurs cours n'en finissent plus de dégringoler. Les conditions climatiques n'ont pas non plus stimulé ce marché. Un créneau à oublier?
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(l'écho) Les permis d'émission de dioxyde de carbone, à échéance immédiate, ont chuté à 0,66 EUR la tonne métrique, selon la European Energy Exchange basée à Leipzig .

Les permis d'émission de CO2 pour échéance en décembre ont eux dévissé à 0,80 EUR la tonne, sur l'European Climate Exchange, à Amsterdam. Il s'agit des niveaux les plus bas historiquement observés depuis la création des marchés de CO2 en 2005.

Mécanisme

Pour rappel, le système des quotas d'émission de dioxyde de carbone, un des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, a été imaginé par les signataires du Protocole de Kyoto. Celui-ci établit une limite de pollution pour les entreprises les plus dépensières en énergie.

Si celles-ci veulent émettre plus qu'autorisé, elles doivent acheter des permis d'émission aux sociétés émettant en dessous des quotas fixés. Chaque pays définit ses quotas de pollution et ceux-ci doivent être validés par la Commission européenne.

Effet inverse

L'effondrement du cours de la tonne de CO2 sur le marché au comptant représente donc une aubaine pour les pollueurs. Ils peuvent désormais acheter des permis à bon compte. Et cela ne les incite guère à investir dans des énergies propres.

Comment expliquer cette dégringolade?

  • de la météo
  • du prix relatif des combustibles
  • de la croissance économique
  • de la contrainte imposée par les pouvoirs politiques pour réduire ces émissions.

Le repli des prix du gaz, les températures plus douces que la moyenne saisonnière justifient donc en partie la chute des cours du CO2. La perspective que les producteurs d'électricité (principaux acheteurs de crédit) ont presque tous complété leurs achats de couverture pour 2007 explique aussi ce phénomène. Mais surtout, le marché s'est aperçu que les Pnaq étaient trop généreux avec les entreprises.

Perspectives

"A court terme, il n'y a pas tellement de raisons que les choses changent», estime le directeur général de Powernext. «D'autant plus que la douceur de l'hiver laisse un répit aux centrales thermiques et aux émissions de CO2», précise-t-il.

Mais à plus long terme, les cours du carbone pourraient toutefois remonter. La Commission européenne a indiqué vouloir se montrer plus sévère sur les pnaq. Les investisseurs sont déjà convaincus que la phase 2 des pnaq devrait mieux se passer. Ceci apporte d'ailleurs du soutien aux cours du carbone sur le marché à terme. La tonne de CO2 se négocie autour de 14 à 15 EUR pour 2008.

De plus, le marché du carbone devrait recevoir un soutien supplémentaire grâce aux mécanismes de développement propres (CDM). Ceux-ci permettent aux pays riches d'investir dans des projets d'énergie propre dans les pays en voie de développement en échange de crédits de pollution. Ils devraient également permettre d'accroître la liquidité sur le marché du carbone. L'attention pour ces CDM se porte déjà sur la Chine, selon certains observateurs.

D'autres développements, comme la demande pour des produits dérivés sur le CO2, pourraient aussi jouer en faveur du marché du carbone.

J.N.

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