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Le conte de fées est terminé pour les marchés d'actions, selon ING

Face à l'aversion au risque accrue, mieux vaut privilégier les valeurs défensives.

Les perspectives sont devenues moins claires pour l'investisseur. Tel est le constat tiré par Peter Vanden Houte, chef économiste d'ING Belgique, lors d'une conférence ce jeudi. Celui-ci constate que dans un contexte de croissance moindre et d'inflation plus présente, l'aversion au risque est remontée chez les investisseurs. "Certes, le niveau de l'appétit pour le risque est repassé en territoire négatif mais il ne se situe pas encore à un point extrêmement bas", nuance-t-il.

Dans un tel environnement, Patrick Moonen, responsable de l'allocation d'actifs pour la banque, recommande de privilégier les valeurs plutôt défensives.

Pour expliquer l'origine de cette aversion au risque accrue, Peter Vanden Houte cite les craintes concernant la croissance économique et l'inflation. L' économiste reconnaît que, du côté américain, les perspectives s'avèrent plus sombres que pour la zone euro et le Japon. "Après deux ans de resserrement monétaire, cela commence à avoir un impact sur la croissance économique. De plus, les prix du pétrole, qui n'ont cessé de grimpé, ont aussi contribué à ce ralentissement", observe-t-il. "Ces effets se ressentent aussi sur le marché immobilier. Le prix des maisons ne monte plus", ajoute-t-il. Pourtant, Peter Vanden Houte prévoit un scénario d'atterrissage en douceur de l'économie US. Il s'attend à une croissance du PIB de 3,4% à la fin de cette année et de 2,3% en 2007.

Du côté japonais et européen, l'économiste se montrepar contre plus optimiste. Il note que la demande interne japonaise devient de plus en plus vigoureuse et que la consommation européenne commence à se reprendre. Mais, du fait du ralentissement de la croissance américaine, et de l'impact du relèvement de la TVA en Allemagne au 1er janvier 2007, il prévoit un niveau de PIB de 2,2% cette année et de 1,7% pour 2007 pour la zone euro. Au Japon, il anticipe une croissance du PIB de 3,2% à la fin de 2006 et de 2,6% en 2007.

Peter Vanden Houte ne se veut pas alarmiste pour l'inflation . "L'inflation est un phénomène qui se manifeste toujours en retard. On devrait voir les prix augmenter plus vite dans les deux ou trois trimestres à venir, puis retomber. Nous ne croyons pas à une spirale inflationniste", remarque-t-il. "De plus, le commerce avec les pays émergents et la menace de la délocalisation ont joué un effet déflationniste sur les prix", ajoute-t-il.

Dans ce contexte, l'économiste s'attend à ce que la Réserve fédérale américaine baisse ses taux d'intérêt d'ici la fin de l'année. Quant à la BCE, elle devrait encore procéder à deux tours de vis jusqu'à 3,25%, contre 2, 75% actuellement.

Patrick Moonen, responsable de l'allocation d'actifs chez ING, estime que la volatilité des marchés d'actions devrait encore perdurer dans les prochains mois. "La hausse de la volatilité affecte aussi les fonds de pension et les fonds spéculatifs, qui réduisent leurs actifs plus risqués en portefeuille", précise-t-il. De plus, il observe un ralentissement de la croissance bénéficiaire des entreprises. "Les bénéfices par action et le retour sur fonds propres des sociétés ont touché un plus haut depuis trois ans. Ceci explique pourquoi la croissance bénéficiaire commence à ralentir aux Etats-Unis et en Europe", affirme-t-il. Le stratégiste s'attend à une poursuite de cette tendance et prévoit une croissance de 6 à 7% pour les mois à venir. Les valorisations et dividendes attractifs restent néanmoins des arguments pour privilégier les actions, relève le stratégiste. Toutefois, il préconise les secteurs défensifs tels que la pharmacie, l'énergie et les télécoms. Il recommande aussi les grandes capitalisations. Au niveau de l'allocation géographique, il donne sa préférence au Japon, en raison de la reprise structurelle et cyclique toujours en vigueur dans le pays.

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