Le Nasdaq tente de doubler Nyse Euronext sur les dérivés aux USA

La Bourse de New York a battu son éternel rival pour la création du premier marché transatlantique en fusionnant avec Euronext. Le Nasdaq tente maintenant de battre son concurrent sur un autre terrain: les options.

(l'écho) La Bourse électronique américaine, tenue en échec par le London Stock Exchange pour créer le premier marché transatlantique, pourrait déposer une offre de rachat sur le Philadelphia Stock Exchange (PHLX). En février, le patron du Nasdaq, Robert Greifeld, avait annoncé son intention de proposer des transactions en options au troisième trimestre de cette année. «Il y a un monde d'opportunités, mais nous n'allons négliger aucune piste domestique» avait-il répondu suite à une question sur un rachat d'une Bourse d'options par son groupe. Les deux parties avaient déjà tenté dans le passé de fusionner, en 1998, mais avaient abandonné le projet l'année d'après.

Avantages d'un éventuel rachat

Le PHLX présente un double avantage pour le Nasdaq :

  • Troisième marché d'options aux Etats-Unis, il lui permettrait d'accéder à ce juteux marché à l'heure où toutes les Bourses américaines essaient de proposer à la fois des transactions en actions et en dérivés.
  • De plus, le PHLX constitue actuellement un concurrent sérieux pour le Nasdaq mais aussi pour Nyse Euronext sur les transactions en actions. En le rachetant, le Nasdaq pourrait continuer à grappiller des parts de marché à son ennemi juré, qui paie très cher l'impact de l'entrée en vigueur du règlement Reg NMS aux Etats-Unis depuis mars.

Une longueur d'avance sur NYSE Euronext

Ce rachat permettrait également au Nasdaq de prendre Nyse Euronext de vitesse sur le marché des options aux Etats-Unis. John Thain, le patron du premier marché transatlantique, avait indiqué la semaine dernière que sa priorité résidait à présent dans les dérivés aux Etats-Unis. Son groupe devrait en effet proposer des options outre-Atlantique sur sa plate-forme ArchaEx, basée à Chicago.

De plus en plus de Bourses aux Etats-Unis commencent à proposer aux investisseurs la possibilité de négocier à la fois des options et des actions. D'une part, des marchés de dérivés comme le Chicago Board Options Exchange et l'International Securities Exchange ont introduit les transactions en actions l'année passée. Ils représentent les deux marchés d'options les plus importants outre-Atlantique. D'autre part, Nyse Euronext est entré dans ce marché l'année dernière avec le rachat d'Archipelago Holdings.

Elargissement de l'offre

Pour rappel, une option donne le droit d'acheter ou de vendre une quantité d'actifs (actions, obligations, indice boursier, matière première ou devise) à un prix précisé à l'avance et à une échéance convenue. Les options sur les indices boursiers, comme le Nasdaq 100, constituent les plus populaires parmi leurs catégories.

Le PHLX a, lui, proposé récemment une nouvelle gamme d'options sur les devises, telles que l'euro et la livre sterling. Grâce à l'élargissement de son offre, le Philadelphia Stock Exchange a vu le volume de ses transactions grimper de 33% au premier trimestre, soit la plus forte progression parmi les marchés d'options américains. Sa part de marché sur les options serait de 13,4% selon Options Clearing Corp. Ce qui en fait le troisième marché d'options le plus important aux Etats-Unis.

Concurrents neutralisés

En rachetant le PHLX, le Nasdaq neutraliserait un de ses concurrents. La Bourse électronique, tout comme Nyse Euronext, souffre de la concurrence des autres plates-formes électroniques. Elle doit batailler avec des Electronic Communication Networks (ECN) mais aussi avec des Bourses plus locales comme celles de Boston, Chicago et Philadelphie. Celle -ci est détenue depuis 2005 à 90% par six firmes de courtage, dont Merrill Lynch et Morgan Stanley. Ces firmes souhaitent casser le duopole des transactions en actions du Nyse et du Nasdaq et tirer les prix de ces transactions à la baisse.

A chacun ses armes

Nyse Euronext et le Nasdaq ont pris des voies différentes pour lutter contre cette concurrence. Le premier se concentre sur une réorganisation interne et absorbe des Bourses comme Archipelago Holdings et Euronext dont la technologie est beaucoup plus développée. Il essaie ainsi de combler son retard face aux plates-formes électroniques plus rapides et plus efficaces. Le deuxième, lui, privilégie l'absorption de ses concurrents. Il a déjà racheté BRUT et Inet, deux des plus importants ECN aux Etats-Unis. Le PHLX traite 7.000 actions listées sur le Nasdaq, sur le Nyse et sur l'Amex. Son volume des transactions en actions a progressé de 6,15% en mars. Et maintenant, il s'attaque aux Bourses locales. J.N.

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