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Le recul des bourses permet-il de revenir à la chasse aux bonnes affaires?

La sévère correction des Bourses mondiales mardi est due en grande partie à une ruée des fonds spéculatifs sur les marchés d'options, en prévision d'une éventuelle crise immobilière américaine. Fiction ou réalité?

(l'écho) Quelques milliers de grands et petits investisseurs ont attentivement suivi l'ouverture et l'évolution des marchés boursiers jeudi. Après avoir accusé un repli de 3% mercredi, les bourses en Europe ont encore cédé quelque 2%.

Evolution décevante

A l'ouverture, il régnait une certaine effervescence. Car beaucoup d'investisseurs ne s'attendaient pas à une si mauvaise ouverture. Ils ont dès lors vendus par crainte de voir les cours se replier davantage. Heureusement après quelques heures de séance, les chasseurs de bon gibier se sont présentés en quête d'actions avant même de connaître les chiffres de quelques statistiques importantes aux Etats-Unis publiées dans l'après-midi. Jusqu'à ce qu'un indice des directeurs d'achat de Chicago décevant freine à nouveau l'amélioration en cours. D'autant plus qu'ensuite la publication des ventes de nouvelles habitations aux Etats-Unis a également déçu.

Les spéculateurs en cause

Selon certains opérateurs, le plongeon des grands indices européens en quelques heures mardi est venu "d'un très fort regain de volatilité, sur le marché des options sur actions. Les hedge funds ont ainsi acheté massivement des options de vente sur l'indice boursier des 50 premières sociétés européennes, dont les chiffre d'affaires pâtiraient d'une récession de l'économie américaine.Le prix de cette option, désigné par les banquiers comme "l'indice de la peur", a bondi de 42% en deux jours.

Stratégistes rassurants

Quelques stratégistes de pointure internationale estiment que cette correction était bienvenue et saine et permettent de rappeler aux investisseurs que les bourses peuvent aussi fléchir.

Mislav Mateka de JP Morgan, déclare notamment que la plupart des modèles boursiers, tant au niveau technique que sur le plan fondamental indiquent déjà depuis deux mois que les actions sont surachetées et qu'une correction de 10% était donc attendue.

Selon certains, les investisseurs professionnels cherchaient un prétexte pour vendre. Le repli des bourses chinoises leur en a donné l'occasion. Pourtant l'évolution économique n'a pas changé, déclare Mateka. L'économie mondiale reste robuste et les bourses ne sont pas encore surévaluées. Au contraire : au fur et à mesure que les investisseurs cherchent refuge dans les obligations, ce qui fait baisser les taux à long terme, les actions redeviennent d'autant plus attrayantes. Il n'y a donc aucune raison de vendre intempestivement.

En Belgique, les maisons de bourse estiment ces fortes fluctuations non préoccupantes, tant que cette correction ne bascule pas dans un marché baissier (bearmarket).

Situation comparable à celle de mai 2006?

En réalité, ce sont surtout les valeurs cycliques qui sont affectées. Beaucoup d'investisseurs comparent la correction actuelle avec celle de mai dernier. A cette époque, les marchés avaient reculé d'un bon 10%. Mais la plupart estime que le repli sera de moindre envergure cette fois-ci et se lancent donc dans des achats

Conseils

Pour ceux qui détiennent de fortes positions dans des marchés qui ont progressé uniquement parce qu'ils progressaient déjà feraient mieux de profiter de la volatilité actuelle pour investir dans des actifs plus porteurs. Quant aux investisseurs de long terme, qu'ils évitent de réagir sur effet de panique.

Ruysschaert recommande de prendre en portefeuille des valeurs un peu plus défensives. Des secteurs tels que la pharmacie et les télécoms subissent souffrent actuellement moins du malaise boursier en vigueur. Leur solide rendement sur dividende ou leur sensibilité conjoncturelle réduite constituent de bons matelas pour amortir les chocs boursiers.

SM

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