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Pourquoi bien s'assurer? Pour ne pleurer que deux fois...

Vous connaissez l'adage: "quand on paie cher, on ne pleure qu'une fois". En matière d'assurance, on pleure deux fois. Quand on paie ses primes, que l'on trouve le plus souvent trop élevées, et quand survient ce que les assureurs appellent dans leur macabre jargon "le sinistre".

(l'écho) Payer deux fois, c'est déjà beaucoup. Hélas, trop de nos concitoyens s'exposent à un troisième coup dur, celui de devoir payer une troisième fois. De devoir payer les conséquences de ce qui leur est arrivé parce qu'ils sont mal assurés.

Cas de négligence à ne pas sous-estimer

Il y a des cas plus ou moins dramatiques, celui de la dame qui vit seule et qui n'a plus revu sa prime d'assurance incendie depuis quinze ans. Sa maison part en fumée, on lui applique la règle proportionnelle et elle ne touche que 50 % de ce qui est nécessaire pour reconstruire. Celui du père de famille un peu brouillon, un peu distrait. La grille du jardin est ouverte, un chat passe, le chien court derrière, traverse la rue, un motocycliste veut éviter le duo et fait une lourde chute. Pas d'assurance familiale? Bonjour les dégâts! Il y a deux limites à l'assurance, l'une est liée au risque que l'on assure, l'autre à la signification du mot "assurance". Commençons par ce dernier. L'homme est peureux. Depuis les origines, il a cherché à se prémunir contre les risques de l'existence. à assurer. Les risques matériels d'abord. Les archéologues ont retrouvé en Mésopotamie des contrats datant de 2000 avant Jésus-Christ qui décrivaient comment devaient être réparties les pertes lors du naufrage d'un bateau ou de la disparition d'une caravane. Dans l'Empire romain, on pratiquait une forme primitive d'assurance maritime (les transporteurs étaient payés à l'avance, trop de tempêtes, trop de pirates), mais il a fallu attendre le XXIe siècle de notre ère pour voir les marchands italiens se regrouper pour alimenter un fonds dans lequel ils pouvaient puiser en cas de naufrage. C'était le fameux Code d'Amalfi.

Que les choses soient donc bien claires: l'assurance vise à dédommager, à protéger contre les suites d'un accident, etc. C'est important parce que cela signifie qu'en aucun cas l'assurance ne peut servir à s'enrichir. Il y a des limites

La nature du risque Si monsieur Machin, employé au ministère des Finances, pardon au SPF Finances, souhaite souscrire un contrat d'assurance décès pour un montant de 2,5 millions d'euros (à supposer que lui et sa femme soient capables de payer une prime mensuelle de 2.000 euros), cela provoquera des froncements de sourcils au sommet de la compagnie.

Ensuite, il y a assurance et assurance. Les mots sont trompeurs, la confusion est entretenue par exemple entre assurance décès et assurance vie. La première couvre le risque que l'assuré décède avant telle date, la seconde couvre le risque qu'il soit toujours en vie à telle date, par exemple à l'âge de la pension. Dans le premier cas, la compagne et les enfants de l'assuré toucheront un capital compensant financièrement le décès de papa; dans le second cas, papa, toujours en vie, touchera un capital compensant le fait que, l'heure de la retraite venue, il n'a plus de revenus professionnels.

Revenons à la première limite de l'assurance: son but est de couvrir un risque. L'assurance est indispensable, mais pour être bien assuré, il faut analyser le risque sous deux angles:

* le contrôle. C'est l'assureur qui, dans le contrat qu'il vous propose, va décrire le risque qu'il couvre. Soyez très, très attentif, c'est plein de pièges. Non que les assureurs soient des escrocs, mais une assurance couvrant les dégâts aux tiers est ainsi faite que si la cheminée de votre maison tombe sur votre garage et celui de votre voisin, votre voisin sera indemnisé et pas vous. Il faut le savoir;

* l'évaluation. Quels sont les risques que vous voulez couvrir? Les assureurs sont de bons vendeurs, ils ne demandent qu'une chose: que vous ayez peur. Et vous, de quoi avez-vous peur? Comme disait l'autre, "il faut être raisonnable. Même dans ses craintes". Etre mal assuré, c'est s'exposer à pleurer trois fois. Etre trop bien assuré, c'est s'exposer à ne pleurer que deux fois, certes. Mais à quel prix!

Poser les bonnes questions

En Belgique, s'assurer est parfois une obligation légale. Certes, la loi n'en impose pas beaucoup. Mais tout de même, si les assurances accident du travail, RC automobile et incendie s'imposent avec évidence, ce n'est pas le cas de l'assurance "gens de maison" qui, sous certaines conditions, est aussi obligatoire. Autant le savoir. Comme il faut savoir (connaître) quelle est sa situation patrimoniale avant de s'assurer.

Jean Blavier

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