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Pourquoi le rêve de deux nations a tourné au cauchemar ?

Incontestable réussite technologique, Eurotunnel fut rapidement un gouffre financier.

(l'echo) Le tunnel sous la Manche a été financé sans aucune intervention des États britannique et français, en contrepartie d'une concession d'exploitation valable jusqu'en 2052. Une étude menée en 1984 par un groupe de banques britanniques et françaises avait affirmé que le projet était viable malgré son gigantisme. Mais le gouvernement britannique de l'époque, dirigé par Margaret Thatcher avait dicté sa loi: «Not a public penny» (pas le moindre penny public) pour le tunnel, position actée dans le traité de Cantorbéry signé le 12 février 1986 par François Mitterrand et Margaret Thatcher.

La société s'est retrouvée au bord de la faillite dès 1997, soit trois ans seulement après la mise en service du Chunnel. Les gouvernements ont alors accepté de prolonger la durée de la concession de 34 ans, portant son terme en 2086.

Comment en est-on arrivé là?

A cause des coûts, d'une part, qui ont dérapé tout de suite: estimés à 49 milliards de francs français en 1987, ils sont montés finalement jusqu'à près de 105 milliards, soit plus du double. Le creusement du tunnel a par exemple coûté 21 milliards de FRF au lieu de 13,3 milliards prévus.

Exploitation impuissante

Dans la foulée, le montant des intérêts d'emprunts a atteint des niveaux astronomiques, rendant impossible tout sauvetage du Tunnel par les chiffres d'exploitation. D'autant que, dans un premier temps, le niveau du trafic n'a pas répondu aux attentes (très optimistes). Ainsi, une publicité d'Eurotunnel, datée du 6 novembre 1987, annonçait 30 millions de voyageurs et 15 millions de tonnes de fret annuels, alors qu'en 2003 le trafic atteignait seulement de 6,8 millions de voyageurs et 1,5 million de tonnes de fret. De même, l'Eurostar, victime au début de sa lenteur sur le territoire britannique et de ses prix non compétitifs, n'a dû qu'à une campagne de marketing sans précédent de remonter la pente ces dernières années.

Pour les quelque 700.000 petits porteurs (dont 80% seraient Français), entrés en masse au capital dans l'euphorie boursière des années 80, l'opération est une véritable catastrophe. Le cours de bourse d'Eurotunnel, qui était de 35 francs français par action en 1987 lors de la première souscription (puis 25 francs en novembre 1990 pour la deuxième tranche qui leva 870 millions d'euros, et 22,50 francs en mai 1994 pour la troisième qui leva 1,07 milliard d'euros), a atteint un record historique le 30 mai 1989 à 95,51 FRF, avant de rapidement s'effondrer, perdant 90% de sa valeur, malgré les plans de redressement successifs, pour stagner entre 1 et 0,5 euro depuis 1995 (minimum à 0,34 euro le 13 mars 2003). La cotation de l'action Eurotunnel a été suspendue par l'Autorité des marchés financiers le 15 mai? Elle l'est toujours.

Pour les quelque 700.000 petits porteurs (dont 80% seraient Français), entrés en masse au capital dans l'euphorie boursière des années 80, l'opération est une véritable catastrophe. Le cours de bourse d'Eurotunnel, qui était de 35 francs français par action en 1987 lors de la première souscription (puis 25 francs en novembre 1990 pour la deuxième tranche qui leva 870 millions d'euros, et 22,50 francs en mai 1994 pour la troisième qui leva 1,07 milliard d'euros), a atteint un record historique le 30 mai 1989 à 95,51 FRF, avant de rapidement s'effondrer, perdant 90% de sa valeur, malgré les plans de redressement successifs, pour stagner entre 1 et 0,5 euro depuis 1995 (minimum à 0,34 euro le 13 mars 2003). La cotation de l'action Eurotunnel a été suspendue par l'Autorité des marchés financiers le 15 mai? Elle l'est toujours.

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