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Vent de folie sur le marché de l'art

Le marché de l'art se porte bien, même très bien. Les sommets atteints dans les années 1980 sont allégrement franchis et tout porte à croire que l'engouement pour l'art ne devrait pas faiblir dans l'immédiat.

(l'écho) Ils sont, pour l'heure, plus d'un millier d'amateurs américains, mais aussi russes ou chinois, prêts à débourser plus de 5 millions de dollars pour une peinture contemporaine, un vase chinois ancien, un violon Stradivarius ou un masque africain.

D'après le dernier rapport des experts de Cyclope traitant des marchés mondiaux en 2006, les niveaux atteints sur le marché international de l'art ont battu de 20% le niveau record de la précédente bulle (en 1989), lorsque les Japonais achetaient de l'art à tour de bras. Le total des ventes aux enchères réalisées dans le monde a atteint l'an dernier 10,7 milliards de dollars, contre 8 milliards en 2005 (+33%), selon des estimations réalisées par Cyclope.

«Et même s'il est difficile à évaluer, le chiffre d'affaires mondial (enchères et ventes privées) a dû se situer quelque part entre 30 et 40 milliards de dollars en 2006», estiment les experts.

Croissance économique, spectaculaires bonus engrangés par les «golden boys» de Wall Street ou de la City de Londres, mais aussi apparition de nouveaux acheteurs issus de pays émergents (Russie, Chine, Inde) «à la recherche de certitudes artistiques»: tous ces facteurs provoquent une demande d'œuvres d'art quasi sans précédent et qui fait face à une offre limitée.

«Au total, on compterait, selon Cyclope, un bon millier d'amateurs dans le monde jouant dans la catégorie des achats à plus de 5 millions de dollars». Steve Cohen, magnat américain des fonds spéculatifs, aurait dépensé l'an denier 200 millions de dollars des 350 millions gagnés en 2005, pour enrichir sa collection de Picasso, de De Kooning et de Jasper Johns. Les oligarques russes, eux, écument les ventes d'art russe à Paris ou à Londres, les chinois celles de Hong-Kong. Christie's a ainsi réalisé un chiffre d'affaires de 275 millions de dollars à Hong Kong et de 200 millions à Paris. A Londres, Christie's et Sotheby's ont réalisé pour 70 millions de dollars des ventes d'art indien. Notons, à cet égard, que les salles de ventes aux enchères basées aux Etats-Unis sont de plus en plus nombreuses à afficher leurs enchères en rouble. Sotheby's a même ouvert hier un bureau de représentation à Moscou pour répondre à l'intérêt croissant des Russes pour le marché international de l'art.

Comment investir sur le marché de l'art?

Londres continue à régner en maître sur la peinture ancienne, Paris sur les ventes d'arts premiers et d'art «déco», la Suisse sur la joaillerie et l'horlogerie. New York se taille la part du lion pour les ventes de vins aux enchères, qui ont atteint l'an dernier 131 millions de dollars (sur des ventes mondiales de 245 millions de dollars).

Il est également possible d'acquérir des œuvres d'art en Belgique en passant, notamment, par une salle de vente.

Pour être conseillé utilement sur les pièces d'art à acheter à titre de placement, il est aussi possible de passer par un gestionnaire de fortune ou par un expert indépendant. Précisons-le d'emblée, les grandes banques du pays n'ont bien souvent pas d'expert «maison» pour conseiller leurs clients sur les œuvres à acheter ou vendre et font, par conséquent, appel à des experts indépendants.

«Lorsque des œuvres d'art font déjà partie d'un patrimoine, Fortis Private Banking peut apporter des conseils au niveau de la valorisation, de l'assurance ou de la transmission. Nous ne disposons pas de l'expertise nécessaire pour conseiller les clients au niveau de l'achat d'œuvres d'art dans le cadre d'une diversification. Si un client nous fait part de cette demande, Fortis Private Banking fait alors appel à des experts externes», explique le porte-parole de Fortis.

«Dans le cadre d'une gestion patrimoniale globale, nous intégrons l'art aux portefeuilles de nos clients, mais nous faisons appel à des experts externes pour ce marché spécifique», confie également la Banque Privée Edmond De Rotschild Europe.

Même son de cloche du côté de la Banque Degroof, qui considère, elle aussi, que l'art fait partie intégrante de la gestion patrimoniale, mais doit recourir au service d'experts indépendants pour approcher ce marché spécifique. Karine Huet

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