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Arnaud Delaunay: "Je ne donnerai jamais un euro pour le financement d'un parti politique"

©Dieter Telemans

32 ans/Né à Vitré, en Bretagne/Expatrié à Bruxelles depuis 2012/Chief Economist chez Leleux Associated Brokers/Auparavant assistant gérant des grandes fortunes chez BNP Paribas à Paris et auditeur bancaire junior chez PwC/Rêvait d’être professeur d’économie/Passionné d’histoire (économie, politique, civilisations)/Numismate amateur/Pratique le golf et le footing.

Lorsque vous avez commencé à gagner votre vie, que rêviez-vous de pouvoir vous acheter?

Mon rêve n’était pas d’acheter quelque chose mais de rembourser quelque chose, à savoir mon crédit étudiant, après avoir fait une business school dont les frais de scolarité sont très élevés. Comme pour bon nombre de mes camarades d’école, le remboursement devait être effectué sur trois ans. En France, nous ne sommes pas encore au niveau des Etats-Unis, mais c’est quand même quelque chose qui retarde certains projets. Dans la vie, la dette est à la fois une source d’émancipation et une prison. Par conséquent, cela a été une satisfaction lorsque mon emprunt étudiant a été remboursé, j’étais même assez fier de moi.

Quel est le pire achat ou l’achat le plus bête que vous ayez fait dans votre vie?

Je crois que je dépense un peu trop à l’habillement. Les costumes, les chaussures… J’ai une quarantaine de chemises chez moi.

Avez-vous des loisirs coûteux?

Je pratiquais beaucoup le golf auparavant. J’aime aussi le vin, j’ai fait mes études à Bordeaux. C’est là que j’ai appris à apprécier le bon vin, parfois aussi celui d’Amérique latine.

Dans son portefeuille: "J’ai toujours du cash sur moi, des pièces et des billets, tant que ça existe, car on ne paiera un jour certainement plus que par carte. Je m’amuse à retourner les pièces pour savoir de quel pays elles proviennent et je regarde sur les billets de banque la lettre qui indique leur origine. J’ai aussi mes cartes de fidélité dans les magasins classiques. Et puis, quand on me demande une pièce d’identité, je joue toujours sur ‘vous voulez la belge ou la française?’" ©Dieter Telemans

Je collectionne par ailleurs les pièces de monnaie qui ont de la valeur. De l’Empire romain, de Grèce, de Napoléon, etc. C’est aussi un investissement.

Fréquentez-vous les restaurants étoilés?

Non, j’y suis allé une ou deux fois, mais j’aime beaucoup aller au restaurant. C’est là que je peux faire un parallèle avec la ville de Bruxelles, très cosmopolite, et des restaurants très variés, c’est très agréable.

Quel type d’éducation financière donneriez-vous à vos enfants?

Je viens d’un pays où la notion d’argent a toujours été mal vue, les gens n’aiment pas les riches. Je pense qu’en France et dans les pays latins, nous ne sommes pas très bien lotis à ce niveau-là, comparé aux pays anglo-saxons. Il y a une question de morale, presque religieuse, c’est un péché d’avoir de l’argent.

"J’espère me tromper, mais je conseille à ceux qui ont un portefeuille d’actifs de détenir plusieurs devises dans les prochaines années. La valeur de l’argent repose sur la richesse de la nation et pas sur sa quantité. Là, je souhaite bonne chance à la future présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde."
Le conseil

Personnellement, je suis partisan de donner un budget aux enfants pour qu’ils aient la notion de la valeur des choses et de l’épargne.

La nature de votre métier a-t-elle une influence sur votre façon d’appréhender les questions d’argent?

Pas pour les achats quotidiens, mais pour les dépenses plus conséquentes, des biens immobiliers ou des placements financiers, il est clair que ça a un impact très important. Quand je discutais de l’achat d’un bien avec ma compagne, je lui ai fait un petit cours d’économie, je lui ai expliqué que les taux en ce moment sont très bas et que ce n’est pas normal. Mes amis et ma famille me demandent d’ailleurs souvent conseil.

Y a-t-il des choses pour lesquelles vous ne donneriez pas un euro?

Le financement d’un parti politique. La politique c’est comme la météo et l’économie: il y a des tendances, des cycles.

En cinq chiffres
  • 7h: "L’heure à partir de laquelle j’écoute religieusement BFM Business radio depuis plus de 10 ans. Je l’écoutais déjà quand j’étais en classe préparatoire HEC."
  • 10h: "L’heure du deuxième café de la matinée."
  • 12: "Pour le 12e mois de l’année, c’est la période de l’hiver et donc de la raclette!"
  • 35500: "Le code postal de ma ville natale en Bretagne, Vitré."
  • 100%: "Le niveau de la dette de nos pays. Il faut savoir que la dette, c’est un impôt différé antidémocratique. Je ne suis pas sûr que nos hommes politiques en aient bien pris conscience."

Mon analyse historique montre que je n’aime pas le cycle politique dans lequel notre société occidentale se situe actuellement, ça me fait un peu penser à la chute de l’Empire romain.

Faites-vous vos courses en ligne?

Pour les billets de train et d’avion, oui, car c’est plus rapide. Sinon, je suis de la vieille époque, j’aime bien voir et sentir les choses, c’est valable pour tout, également les vêtements. D’ailleurs, j’avais un professeur de maths qui m’appelait Saint Thomas, parce que je ne crois que ce que je vois (rires).

Trouvez-vous certains prix et tarifs excessifs en Belgique?

Il y en a un qui est scandaleux: celui des bouteilles d’eau! Honnêtement, il faut être riche pour boire de l’eau en bouteille en Belgique.

Sur le plan financier, le Belge est-il fort différent du Français?

Je pense que l’expression "avoir une brique dans le ventre" est totalement vraie en Belgique. Je vois bien chez mes amis belges qu’il y a une grande différence par rapport à la France. Il y a beaucoup plus de propriétaires ici. Sinon, au niveau du caractère, je pense qu’il y a un peu plus de grognards en France (rires).

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