"Dans le domaine de la gestion d'argent, les gens se sentent assez démunis"

©Wouter Van Vooren

François Blondel / CEO de KitoZyme depuis 2013 / Cofondateur de 3 entreprises actives dans les sciences de la vie, son domaine de prédilection / A travaillé comme dirigeant au sein de Delphi Genetics (spin-off ULB), KiOmed Pharma, OncoDNA, Nanocyl, Kazidomi, Ovizio, Celyad, etc. / En 1987, il réalise un tour du monde en solitaire d’un an / Débute ensuite chez Petrofina / Rejoint la start-up IBt (1999 à 2010) / Passionné d’opéra, de BD, de tennis et du jeu d’échecs / Marié, 4 enfants.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui entame des études?

Sois curieux de tout et exigeant avec toi-même! Sois attentif aux opportunités qui se manifestent durant cette période exceptionnellement fertile et ouverte que constituent tes études.

Parlez-vous d’argent en famille ou avec vos amis?

Avec les amis, pas du tout. En famille, c’est différent. Enfants, nos parents ne nous parlaient jamais d’argent. "Nous avons assez d’argent pour vivre", nous répondait invariablement mon père lorsque nous l’interrogions. J’ai appliqué la même philosophie pendant longtemps avec mes propres enfants… avant d’opérer un virage à 180 degrés quand mes garçons jumeaux, les aînés, ont eu 18 ans. Ils voulaient savoir ce que coûtent les choses: une facture d’électricité, une maison… ou une table, et voulaient également savoir ce que gagne un boulanger ou un dentiste. Depuis ce jour, nous parlons d’argent de manière très ouverte. Sans excès… mais sans aucun tabou.

Le conseil

"Si vous pouvez épargner, ne laissez pas votre argent sur un livret d’épargne qui ne vous rapporte rien. Investissez chaque mois, sans discontinuer, une petite somme dans un indice boursier/tracker. Vous serez gagnant à 67 ans!"

Vous demande-t-on souvent conseil?

Oui, très souvent. Membres de la famille ou amis. Cela illustre le fait que dans le domaine de la gestion d’argent, les gens se sentent assez démunis, ils ne savent pas trop que faire. Et sur un plan macroéconomique, c’est très frappant en Belgique. Les Belges détiennent 270 milliards d’euros sur leur compte à vue ou sur des livrets à intérêts. Cela signifie qu’ils détiennent plus de 25% de leur patrimoine en cash… ce qui n’a aucun sens puisque, au gré de l’inflation, tout cet argent ainsi immobilisé perd insensiblement son pouvoir d’achat! Ce n’est pas rationnel. Lorsque l’on m’interroge sur ce que je pense de tel investissement dans telle action, je réponds de manière très prudente. Je préfère me limiter à indiquer ce que je fais, moi, sans donner conseil.

Quel(s) comportement(s) ou sujet(s) relatif(s) à l’argent vous insupportent?

De manière générale, j’abhorre la mesquinerie. C’est un comportement qui n’est pas que relatif à l’argent bien sûr. Dans ce domaine, la mesquinerie peut se traduire par la pingrerie. Un exemple qui me vient à l’esprit: je suis joueur de tennis et il y a des personnes qui n’ont jamais de balles neuves… C’est bizarre, non? (rires)

Quel est votre pire investissement?

Curieusement, dans le domaine du durable. J’ai soutenu financièrement deux entreprises, l’une qui s’appelait GreenWatt (Sopartec-VIVES), et l’autre, Windeo Green Energy. L’une a été vendue pour un euro symbolique, l’autre a fait faillite. Cela a affecté ma manière de réfléchir et d’agir car elles étaient actives dans deux domaines qui correspondaient à des convictions que j’ai, et non à mes compétences ou à mes connaissances. Aujourd’hui, je m’aventure plus rarement en dehors de celles-ci (sourire).

La crise financière a-t-elle modifié votre manière de gérer vos finances?

Absolument pas. J’ai la "chance" d’avoir un peu d’expérience, c’est-à-dire que j’ai connu plusieurs cycles, plusieurs crises. Celle de 1987, puis la crise japonaise de 1989, ensuite la bulle internet de 2001, etc. Comme tout le monde, j’ai été surpris et affecté par la crise de 2008, mais cela n’a pas profondément modifié la manière dont je gère mes investissements.

À quel âge souhaiteriez-vous pouvoir prendre votre retraite?

À 95 ans! Fondamentalement, je fais ce que j’aime faire et j’adore le faire. Je n’ai pas vraiment le sentiment de travailler. Donc une retraite à 95 ans me conviendrait bien. Ce qui pourrait toutefois me faire changer d’avis, ce serait de me rendre compte que mon entourage, ma famille, mes amis, aspirent à vivre autrement et à le partager.

En chiffres

3-2

"Le score du match de foot entre la Belgique et le Japon lors de la dernière Coupe du monde. C’était une émotion extraordinairement forte et partagée en famille. Nous étions tous les six en vacances à l’étranger, au Timor-Leste, au bout du monde, au moment de ce match. Un très grand moment!"

4

"Comme mes quatre enfants. Je suis par ailleurs moi-même l’aîné d’une famille de quatre garçons, vous voyez qu’il y a comme une répétition… Et mes trois frères ont chacun quatre enfants!"

92

"C’est l’âge de mon père, Alfred Blondel, sculpteur, il en a fait une deuxième vie. Je le vois chaque semaine et il me bluffe par sa forme et son état d’esprit positif."

10/10

"Ce chiffre-là est pour mon épouse, c’est son jour et son mois de naissance, le 10 octobre, mais je ne vous donne pas l’année (rires). C’est une date symbolique forte."

"Il est strictement utilitaire, aussi réduit que possible. C’est un porte-cartes. Depuis que les cartes d’identité et permis de conduire ont été réduits à la forme des cartes de banque, c’est parfait. Tout est dans ce tout petit porte-cartes. Je n’ai jamais de monnaie sur moi, juste quelques billets. En ce qui concerne les cartes de fidélité, je suis très mauvais dans le domaine, et si je devais en avoir, elles seraient enregistrées dans mon téléphone." ©doc

Publicité
Publicité

Echo Connect