interview

Étienne Bouillon: "Je ne mettrais pas un euro pour mettre de la glace dans mon whisky"

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58 ans/Études de vétérinaire et d’œnologie à l’école Ceria/Troisième génération de distillateurs/Il s’installe à son compte en 1992/Création 12 ans plus tard d’un whisky, "Belgian Owl", qui fait aujourd’hui référence/Son désir: élaborer le meilleur whisky au monde!

Vous souvenez-vous de votre premier job?

Je devais avoir cinq ans. Une photo me rappelle que je donnais un coup de main à la distillerie familiale en aidant à la mise en bouteille de manière artisanale, comme cela se faisait à l’époque.

Receviez-vous de l’argent de poche de vos parents?

Oui, c’était sans doute proche de l’esclavage pour ce job, mais j’en recevais.

Et votre premier "vrai" salaire?

Dans une banque, comme assistant de bureau en tant qu’étudiant. Je devais avoir 15 ou 16 ans. Cela me changeait du travail plutôt physique, manuel, de la distillerie familiale.

En 5 dates
  • 1992: "Ma rencontre avec Roland Wissels, le conservateur du musée du genièvre de Hasselt et mon nouveau départ dans le monde de la distillation comme indépendant."
  • 2004: "Ma rencontre avec Jim Mc Ewan, un distillateur hors pair dans le monde des single malts écossais."
  • 2011: "Belgian Owl reçoit une sacrée référence dans la bible du whisky de Jim Murray: meilleur whisky européen!"
  • 2013: "L’arrivée des alambics de l’ancienne distillerie écossaise Caperdonich."
  • 2018: "Des rencontres hors du commun, dont la navigatrice Morgane Ursault-Poupon."

Pour vos achats, êtes-vous du genre impulsif ou réfléchi?

Un jour, lorsque je n’en pouvais plus d’avoir distillé durant 36 heures d’affilée, j’ai signé mon bon de commande pour l’achat d’une Jeep. C’était un achat impulsif. Pour les achats plus réfléchis, je reconnais être un passionné de BD, que je collectionne souvent avec les dédicaces des auteurs.

Le vrai luxe, pour vous, c’est quoi?

Prendre le temps d’apprécier les instants de bonheur de la journée.

Comment analysez-vous l’évolution des prix du whisky?

La terre est limitée et la planète en danger. Soit on veut faire de l’intensif et on boira beaucoup et n’importe quoi, soit on produit avec respect et plus personne n’aura de gueule de bois. Pour ce qui est des prix, j’ai récemment acheté une bouteille que je voulais offrir pour remercier un ami qui m’a toujours suivi. C’était un whisky d’un confrère étranger vendu à un prix très élevé. Une petite folie.

Y a-t-il un objet que vous avez décidé de ne jamais vendre?

Mes bandes dessinées signées par des dessinateurs formidables qui sont, en plus, devenus de vrais copains.

Êtes-vous choqué par le salaire de certains grands patrons et sportifs?

Ce n’est pas ce qu’on gagne qui compte mais plutôt ce que l’on fait de cet argent. Voilà ma réflexion et ma réponse à votre question.

Un petit luxe que vous vous offrez de temps en temps?

Un week-end en famille. Maintenant, le plus souvent à deux, car les enfants sont grands et, depuis peu, un espace-temps avec mes petits-enfants.

"Au-delà de la passion, toujours y croire et surtout veiller à bien s’entourer."
Le conseil

Quelle est votre approche de la publicité pour votre entreprise?

Je viens de réaliser une action singulière. Sur le bateau Fleury Michon de la navigatrice Morgane Ursault-Poupon lors de la dernière Route du Rhum, j’avais une bouteille dédicacée de mon whisky. À l’arrivée, un producteur de rhum l’a également signée. Elle va être vendue aux enchères au profit d’une œuvre caritative.

Avez-vous un rêve que vous souhaiteriez réaliser?

Je ne sais pas si j’oserais, mais ce serait de partir en voilier avec Morgane… Alors là…

Pour vos vacances, disposez-vous d’un budget illimité?

La première chose qui est limitée, ce sont mes vacances. Mais j’aime aller en Écosse, région qui est en quelque sorte le berceau de référence du whisky.

Quelle est votre principale leçon sur l’argent?

Seul, on est toujours pauvre.

Avez-vous un souvenir particulier lié à l’argent?

Le jour où j’ai compris que mes rêves avaient un prix. C’était plutôt une nuit, un mercredi à trois heures du matin.

Pour quoi ne dépenseriez-vous pas un euro?

Pour mettre de la glace dans mon whisky.

Dans son portefeuille: "Rien de très spécial: carte d’identité, permis de conduire, cartes de banque et de crédit, un peu d’argent au cas où." ©Dbcreation Dbcreation

Votre vie changerait-elle si vous deveniez millionnaire?

Bien sûr que oui. Comme on ne boit pas mon whisky avec des glaçons, je m’occuperais de sauver des icebergs.

Des produits ou services dont vous estimez le prix trop élevé?

Ce qui vient d’ici et que je paie plus cher que ce qui vient d’ailleurs.

Pour vos achats quotidiens, privilégiez-vous la grande distribution ou les magasins de proximité?

Plutôt ces derniers. Des produits bio et locaux aussi, sans toutefois en faire une obsession.

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