Mon argent La réponse à toutes vos questions d'argent

Frank Fol: "Il faut planifier ses dépenses mais aussi profiter de la vie"

Surnommé le "chef des légumes"/Président actuel de l’association des Maîtres Cuisiniers de Belgique ("MasterCooks of Belgium") fondée par Pierre Romeyer en 1980/ Ancien chef étoilé du "Sire Pynnock" à Louvain/ Consultant chez Exki et Thalys/ Créateur des "légumaises" (sauces émulsionnées à partir de légumes)/ Impliqué dans les programmes spatiaux d’alimentation pour astronautes et cosmonautes/Grand amateur et connaisseur de vin.
©Dieter Telemans

Quels sont vos souvenirs de jeunesse liés à l’argent?

J’ai commencé à travailler très jeune, quand j’étais encore à l’école, vers 17 ans. C’était dans un restaurant de Saint-Trond, en salle, ma première expérience en restauration. Mon salaire me permettait juste de payer mes déplacements en bus et en train. Lors de mes études à l’école hôtelière Coovi (Anderlecht), j’ai eu la chance de faire un stage à La Villa Lorraine. Après trois mois, le chef, Freddy Vandecasserie, a signé un rapport de stage pour mes professeurs où il était inscrit "Frank peut venir travailler ici après ses études". J’y ai travaillé sept ans et fini comme sous-chef.

Pouvez-vous dépenser sans compter?

J’ai toujours de l’argent de côté pour aller manger au restaurant. Quand j’étais étudiant, je suis allé avec des amis au Comme Chez Soi. La cravate était alors de rigueur. Comme nous ne savions pas nouer un nœud de cravates, nous sommes entrés dans un café où l’on nous a aidés… Aujourd’hui, je me rends dans trois, voire quatre restaurants par semaine.

"Si vous voulez exercer le métier de cuisinier, allez d’abord travailler quelque temps dans un restaurant. Si cela vous plaît, malgré toutes les contraintes liées à ce métier, foncez! C’est une profession merveilleuse mais pas facile. On ne compte pas ses heures".
Le conseil

Pour quoi ne dépenseriez-vous pas un euro?

Pour du mauvais vin. Je ne peux pas boire un vin qui ne me procure pas d’émotion.

Devenir subitement millionnaire, cela changerait votre vie?

Pas beaucoup. Peut-être que je refuserais des boulots que je qualifie d’"alimentaires", mais pour le reste, pas grand-chose.

En cinq chiffres
  • 1987: "L’année où j’ai rencontré Leen Selis, ma femme et compagne de mes projets, comme l’ouverture du restaurant Sire Pynnock à Louvain."
  • 1990: "L’année de naissance de notre fille Isabelle."
  • 1999: "Mon premier contact avec les fondateurs d’Exki et le débutd’un parcours, d’un projet novateur dans le monde de la restauration saine. Notre philosophie: ‘pensez légumes et pensez fruits!’"
  • 2003: "La reconnaissance officielledu nom ‘De Groentekok/le chef des légumes/the vegetables chef’. Une marque déposée."
  • 2012: "En mai, je suis devenu président de l’association des ‘Mastercooks of Belgium’, qui compte aujourd’hui près de 180 membres."

Y a-t-il un mauvais achat que vous regrettez?

Un smartphone. C’était au tout début et il n’était pas au point. Il a été vite fichu et il a d’ailleurs été retiré du marché après un an.

Comparez-vous les prix avant d’acheter. Êtes-vous impulsif ou réfléchi?

Plutôt impulsif. Mais avec ma femme, quand nous achetons ensemble, nous sommes réfléchis. On compare les prix et on juge la durabilité, même si le coût est plus élevé.

Une récente petite folie?

Des bouteilles assez chères. Pas beaucoup, trois. C’était un grand vin de Toscane, région que j’apprécie particulièrement, y compris pour ses vins. Pour le reste, je me laisse aller, il est vrai, lorsque je fréquente de grands restaurants, comme récemment le Mirazur à Menton et le Piazza Duomo à Alba.

Êtes-vous collectionneur?

Oui, de livres sur la cuisine. Mais pour les acheter, il faut qu’il y ait un déclic. Je les feuillette rapidement et puis je décide si je les achète ou pas.

Possédez-vous un objet que vous comptez garder à vie?

Mon père, Maurice Fol, avait créé un vignoble voici 57 ans, à Linden: le Domein Tempelberg. Je conserve la veste qu’il portait lorsqu’il allait travailler dans sa vigne, ainsi que sa trompette.

Quelle est la principale leçon que vous ayez tirée sur l’argent?

Que l’on peut en gagner mais qu’il faut toujours en mettre de côté, ne jamais tout dépenser. Il faut planifier ses dépenses, mais aussi profiter de la vie.

Dans son portefeuille: "À côté des nécessaires carte d’identité et permis de conduire, j’y ai glissé une photo de ma fille, Isabelle, des cartes de visite, une clé USB, des pin’s des maîtres-cuisiniers et ma carte Thalys Premium." ©Dieter Telemans

Avez-vous un rêve que vous estimez impossible à réaliser financièrement?

Oui, une voiture. Même si je pourrais l’acheter. Mais là, je reviens à ma réponse à votre précédente question. Laquelle? Une Mercedes GLC.

Y a-t-il des produits ou services dont vous estimez le prix exagéré?

La téléphonie et les ordinateurs. C’est parfois un sacré budget, mais on en a besoin. À l’opposé, je m’insurge contre certains produits peu chers. Du poulet à trois euros le kilo! On mange trop souvent bien mal…

Dans votre maison, quelle est la pièce où vous avez le plus investi?

Ma cave à vin, où reposent environ 3.000 bouteilles. Et puis, ma cuisine.

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