mon argent

"J'ai été un vrai addict des produits et nouveautés Apple" (Denis Gerardy)

©Dieter Telemans

53 ans/ Né à Liège/ Directeur du Cirque Royal de Bruxelles depuis 2018/ Journaliste à la RTBF de 1988 à 1994/ Fondateur de l’agence 33 Tour/ Musicolor/ A été programmateur des Francofolies de Spa, des Fêtes de Wallonie à Namur, du Brussels Summer Festival, de la Fête de l’Iris/ Directeur du BSF de 2013 à 2018/ Il rénove et participe au lancement de la Salle de la Madeleine à Bruxelles/ Passionné de musique, de politique internationale et de cyclisme

Avez-vous des loisirs pour lesquels vous mettez facilement la main au portefeuille?

Oui, les vacances et les week-ends prolongés en famille dès que je le peux. C’est toujours en Europe et souvent dans des grandes villes. On aime beaucoup l’Espagne car mon épouse est d’origine espagnole, mais comme c’est un peu loin, on va surtout dans des villes hollandaises, je suis amoureux de Rotterdam.

Comment définiriez-vous quelqu’un de riche?

Pour moi, il y a deux sortes de riches: d’abord, ceux qui le sont réellement, parfois par héritage familial. Je pense qu’ils vivent dans un autre monde et dans une certaine discrétion.

"Il ne vient pas de moi mais d’une phrase d’Edgar Morin, un grand sociologue français: ‘À force de sacrifier l’essentiel pour l’argent, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.’ Ça me correspond tout à fait."
Le conseil

Et puis, il y a les nouveaux riches, ceux qui étalent leur pouvoir d’achat, leur statut. Je trouve qu’ils font souvent preuve de vulgarité et d’arrogance, ils m’énervent un peu.

Prenez-vous la peine de renégocier certains contrats d’assurance, voire d’en changer?

Dans mon travail au quotidien, je n’arrête pas de négocier et de gérer, mais au niveau personnel, je ne suis vraiment pas un bon gestionnaire. En réalité, je déteste cela. Donc, je délègue lâchement à mon épouse.

Comparez-vous les tarifs des fournisseurs (gaz et électricité, télécoms)?

Pas assez. Et franchement, je ne sais même pas si je le regrette (rires). Par contre, je négocie avec les opérateurs téléphoniques, car je suis un grand consommateur. Ils nous roulent depuis des années, surtout en Belgique, et ça m’énerve vraiment. Tous les deux ans, je fais un bilan. C’est quand même drôle que je trouve moins cher à chaque fois!

Avez-vous une obsession en matière d’achat?

Je dois avouer que par le passé j’ai vraiment été un addict des produits et nouveautés Apple. J’en étais même à visiter les Apple Stores dans les villes que je traversais, ce qui était complètement ridicule, car hormis l’architecture, c’est toujours la même chose que l’on trouve dedans.

En cinq chiffres
  • 4400: "C’est le code postal de Flémalle, la commune ouvrière de la région de Liège où j’ai vécu jusqu’à mes 22 ans et que je n’ai jamais reniée."
  • 18: "Le 18e arrondissement à Paris. J’y ai vécu lorsque j’ai dirigé avec deux amis une salle qui s’appelait ‘Les Trois Baudets’, une expérience très riche en découvertes."
  • 0: "Pour zéro plastique, c’est ce que j’ai voulu en reprenant la gestion du Cirque Royal de Bruxelles."
  • 5: "Ce sont mes vrais amis et ils se reconnaîtront, mes cinq amis sur lesquels je peux toujours compter."
  • 1981: "C’était l’année de l’élection de François Mitterrand, j’étais jeune et plein d’espoir de changement, je croyais encore à une transformation de la société par son élection. Je dis bien ‘je croyais’ (rires)."

Avec l’âge, je me suis beaucoup assagi, ça m’intéresse de moins en moins. C’est peut-être le départ de Steve Jobs qui a mis fin à cette addiction.

Accepteriez-vous le principe d’une carrière qui deviendrait horizontale à partir d’un certain âge ou progresser dans votre carrière jusqu’au bout est-il indispensable?

Je pense qu’obliger les gens à travailler jusqu’à 67 ans est un vrai hold-up sur leur propre vie. J’ai même tendance à dire qu’à partir de 62 ans, on devrait pouvoir choisir la manière dont on va occuper le reste de ses jours. Je sais qu’il y a des réalités économiques, mais il y a aussi des professions pénibles. Et puis une fois arrivé à l’âge de 65 ans, il faut aussi calculer le temps de vie où on sera encore en bonne santé pour en profiter.

Y a-t-il des comportements ou des sujets relatifs à l’argent qui vous insupportent?

Je déteste ceux qui ne parlent qu’en chiffres, en résultats, en statistiques. Au quotidien, je respecte les budgets, mais sans me soucier de croissance continue. Cela m’insupporte. Pour moi, le succès est plutôt synonyme d’équilibre et de stabilité économique.

Quelles sont les choses pour lesquelles vous dépenseriez sans compter et celles pour lesquelles vous ne donneriez pas le moindre euro?

Je ne compterai jamais lorsqu’il s’agit du bien-être de mes proches. Mais je ne donnerai jamais d’argent à des multinationales plus que douteuses en matière de santé publique et peu scrupuleuses au niveau de l’éthique.

Dans son portefeuille: "C’est un portefeuille tout à fait classique, il n’y a rien de spécial dedans: quelques cartes de banque, quelques cartes de visite, ma carte d’identité, mon permis de conduire. Il contient en général entre 20 et 30 euros, une carte de fidélité de ma boulangerie et ma carte de transport en commun de Rotterdam.Je suis très fier de la porter sur moi (rires). Mon portefeuille est assez plat, car étant souvent sur le terrain du spectacle, je n’aime pas m’encombrer." ©Dieter Telemans

Je refuse ainsi les grandes chaînes américaines de fast-food et je n’achète par exemple jamais de produits Bayer, qui rappelons-le, a acheté des déportés du camp d’Auschwitz pour des expérimentations scientifiques.

Si vous héritez d’une grosse somme, dans quoi l’investiriez-vous aujourd’hui?

Le fait d’hériter ne me réjouit absolument pas, car ça signifierait que j’aurais perdu un être proche. Je n’arrête jamais de dire à ma mère qu’elle doit profiter un maximum de la vie et qu’elle cesse de penser à nous laisser quelque chose à tout prix. Mais je me rends compte que c’est générationnel.

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