interview mon argent

Jacques Mercier: "J'ai déjà vécu au-dessus de mes moyens dans un show-biz un peu débridé"

©Dieter Telemans

75 ans/Journaliste, animateur radio et écrivain/Sortie en mai de son livre "Le compte est bon"/En 2008, il quitte la RTBF mais reste actif, notamment avec des émissions comme "Monsieur Dictionnaire" avec Philippe Geluck/Officier de l’Ordre de Léopold en 2005 et Officier du Mérite wallon en 2013/Il se promène dans le bois de Hal au moins deux fois par semaine et partage un haïku personnel chaque matin sur les réseaux sociaux/Passionné de jazz

Vous avez pris votre retraite il y a un peu plus de 10 ans. Quels sont les postes de votre budget dont l’importance a le plus évolué ces dernières années?

Depuis ma retraite, rien n’a réellement changé, hormis ma plus grande liberté d’action et de choix. J’ai conservé le même train de vie. Les postes qui ont évolué le plus sont bien sûr les soins de santé, les frais médicaux.

Êtes-vous attentif au coût de vos soins de santé?

Pas vraiment, je pense que c’est un poste pour lequel j’ai trouvé les bons endroits, les bons médecins, qui me suivent depuis longtemps pour tout ce que je dois surveiller dans ma santé: ORL, thyroïde, cœur, acupuncture, dentisterie, etc.

Avez-vous eu un jour des difficultés financières? Quelle leçon en avez-vous tiré?

Oui, bien entendu. Il fut une époque de ma vie où je vivais au-dessus de mes moyens dans un show-biz un peu débridé. On sortait après les concerts, on voyageait beaucoup, etc.

En cinq chiffres
  • 13: "Le nombre de mes petits-enfants. Un bonheur lorsque nous organisons des fêtes d’anniversaire!"
  • 45: "45 ans d’une carrière complète entre 20 et 65 ans au service public. En 1963, j’ai fait un stage d’été à Radio-Luxembourg, qui fut suivi de mon entrée à la RTB en septembre."
  • 55: "Le nombre de livres édités. De toutes sortes: poésie, essais sur la langue ou le chocolat, nouvelles, romans…"
  • 1978: "La rencontre avec Myriam, ma deuxième femme, dont je suis toujours amoureux."
  • 15.000: "Mon premier salaire comme assistant, 15.000 FB, c’était beaucoup à l’époque."

J’ai dû trouver des boulots supplémentaires pour essayer de revenir à zéro sur mon compte en banque: animations, articles, enregistrements, etc. Un jour, un vendredi après-midi alors que je voulais emmener ma petite famille à la mer, je me suis rendu dans ma banque à Uccle pour retirer un peu de liquide.

Il y avait un monde fou et la dame du guichet me voyant entrer a crié devant tous les clients présents: "Ce n’est pas la peine d’attendre, Monsieur Mercier, votre compte est en négatif!" Cela ne s’oublie pas! Depuis quarante ans (la rencontre avec ma nouvelle femme), je ne suis plus jamais descendu en dessous de zéro!

L’e-commerce et la livraison de colis ont le vent en poupe. Achetez-vous souvent sur internet?

Oh oui! J’adore autant les boutiques et les grandes surfaces que l’achat en ligne, dont j’apprécie l’efficacité et la simplicité. Il m’est arrivé de regarder l’interview d’un auteur en télé et d’avoir acheté et téléchargé le livre sur ma liseuse avant la fin de l’émission!

Avez-vous une collection?

La seule collection que j’ai n’a qu’une valeur sentimentale: ce sont des statuettes de petits animaux que j’achetais lors de voyages et de reportages: une girafe en cuivre au Sénégal, un serpent en Amazonie, un scarabée en Egypte, etc.

"Deux conseils: ne jamais vivre au-dessus de ses moyens et avoir de bonnes assurances, un bon courtier."
Le conseil

Consacrez-vous un budget important à l’achat d’objets littéraires?

Tout est relatif! J’achète une dizaine de livres par mois. J’ai une grande bibliothèque, qu’il faut dégager régulièrement. Alors je donne les livres devenus inutiles.

Laissez-vous un pourboire au restaurant?

Oui, toujours! Être au service des autres est un métier difficile et si le sourire est présent, je ne donne jamais de pièces, mais au moins un billet.

Pour vos achats de tous les jours, comparez-vous les prix?

Si l’achat est inhabituel, comme un nouveau smartphone ou un iPad, je pose la question à ma femme avant de l’acheter.

J’ai la chance d’avoir épousé une "femme d’affaires" et tout passe par elle. Il m’arrive de lui téléphoner d’une boutique pour savoir si c’est un bon prix.

Que pensez-vous de la tendance qu’ont les jeunes de rester de plus en plus longtemps chez leurs parents, voire de revenir chez eux en cas de problème?

Cette tendance, je l’observe et je la comprends. Plusieurs de mes enfants sont ainsi revenus un moment chez nous avant de rebondir dans leur vie. Mais ils se sont tous envolés assez tôt, car chacun suivait sa passion.

Le compte d’épargne ne rapporte plus rien depuis un certain temps. En avez-vous profité pour modifier l’affectation de votre argent?

Nous suivons les conseils d’un de nos enfants, lui-même Business Manager chez BNP Paribas Fortis. Les conseils de ce spécialiste (co-auteur de mon dernier livre) sont non seulement précieux mais sûrs — on peut lui faire confiance forcément.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect