interview

Nicolas Martin: "Ma famille n'avait pas beaucoup de moyens, on m'a enseigné très jeune la valeur de l'argent"

©Anthony Dehez

Bourgmestre de Mons (PS)/ 42 ans/Également député au Parlement wallon et à la Fédération Wallonie-Bruxelles jusqu’aux élections de mai 2019/Sportif dans l’âme, il fait beaucoup de musculation et de natation/Passionné de musique, d’histoire et de géographie/Pour se ressourcer hors des événements politiques, il s’évade quand il le peut en city trip en Europe.

Suite à l’urgence climatique, avez-vous modifié certaines habitudes au quotidien?

Oui, j’ai installé des panneaux photovoltaïques chez moi, ainsi qu’une citerne à eau de 10.000 m³, j’ai une maison basse énergie et un véhicule hybride au gaz. C’est important de pouvoir poser des gestes pour la planète dans son comportement quotidien. J’envisage aussi d’acheter des poules pour mes déchets organiques, même si c’est un sujet de débat chez moi (rires).

Votre élection au mayorat de Mons a-t-elle changé vos habitudes de dépenses?

J’ai choisi une fonction qui sera moins rémunérée qu’au Parlement. Je devrai donc être plus vigilant à l’avenir quant à mes dépenses, mais j’y suis globalement assez attentif. J’ai grandi dans une famille qui n’avait pas énormément de moyens, on faisait très attention. On m’a enseigné très jeune la valeur de l’argent, la notion d’effort, du travail.

"Il faut planifier sur une année les dépenses qui vont arriver et qui peuvent faire mal, comme les assurances et les différentes taxes à payer."
Le conseil

Dans son portefeuille: "J’ai un porte-cartes avec mes cartes, notamment celles de fidélité.Ma carte de salle de sport est d’ailleurs la première qui ressort (rires). Je n’ai pas de vrai portefeuille.C’est un gros défaut car j’ai toujours mon argent dans mes poches.Quand je sors un billet il est souvent froissé, ce qui n’est pas forcément très élégant." ©Anthony Dehez

Vous avez donc déjà eu des difficultés à joindre les deux bouts?

Oui, je me souviens que lorsque mes parents se sont lancés dans les travaux d’extension de leur maison, ils n’avaient quasiment rien sur leur compte en banque. C’était très compliqué à ce moment-là. De mon côté, systématiquement quand j’ai changé de mode de vie, j’ai dû me réadapter. Quand j’ai quitté mon job pour devenir échevin, j’ai perdu ma voiture de fonction, j’avais un revenu nettement inférieur à ce que je touchais et j’ai dû finir de payer un terrain que je venais juste d’acheter.

Quels sont les postes de votre budget que vous essayez de limiter?

Avant, je dépensais beaucoup d’argent pour des vêtements. Maintenant, j’ai diminué cela très fortement, par volonté et manque de temps. Je pense que c’est une tendance générale dans la société. Par contre, je ne suis pas du tout internet. À part les vacances, je n’achète quasiment rien en ligne. Et certainement pas des vêtements, car je déteste acheter sans essayer, c’est impensable (rires).

En 5 chiffres
  • 4: "Le nombre minimal de séances de sport que j’essaye d’arracher à mon agenda en soirée chaque semaine. Je fais de la musculation. En général, j’y vais vers 20h30. D’ailleurs, ça fait rire tout le monde dans la salle, car à chaque fois j’arrive à la limite de la fermeture."
  • 1994: "L’année où je me suis présenté à une élection pour la première fois. J’avais constitué ma propre liste à Mons. Elle s’appelait ‘Jeunes’ et j’étais le plus jeune candidat aux élections du pays. J’ai d’ailleurs fêté trois fois mon anniversaire avec les télés locales, la RTBF et RTL parce que j’avais 18 ans le jour des élections communales."
  • 2006: "Une année de contrastes, car j’ai perdu deux êtres chers: ma meilleure amie, tuée dans un accident de voiture, et mon mentor en politique, Jean-Claude Carpentier, qui est décédé des suites d’un cancer et de qui j’ai dû prendre la relève. Mais à l’inverse, je suis devenu échevin pour la première fois. C’est donc aussi une étape importante dans mon parcours personnel."
  • 2000: "Le nombre d’emplois créés par les dossiers d’investissements que j’ai gérés à Mons."
  • 5: "Le nombre de glaces que j’ai pu m’enfiler en une fois, de manière totalement excessive." (rires)

Votre métier influence-t-il votre façon d’appréhender les questions d’argent?

J’ai envie de dire que c’est plutôt l’inverse. C’est mon parcours personnel qui influence la manière dont j’appréhende la gestion des deniers publics. Comme je vous le disais, mes parents m’ont enseigné la valeur de l’argent. Je suis de ce fait extrêmement attentif à la manière dont on dépense l’argent public. J’ai déjà été confronté à des dépenses que j’ai estimées inappropriées et à chaque fois, ça me met en colère.

Que payons-nous encore trop cher à l’heure actuelle?

Toutes les charges liées au logement. Dans la vie courante, je pense aussi à toute une série de biens, comme l’eau, les yaourts, etc. Je vis dans une région frontalière et je le sens très fort. Beaucoup de gens vont faire leurs achats à Valenciennes ou Maubeuge car à Mons, les prix sont extrêmement élevés à cause de la fiscalité, l’énergie, le diesel…

Vous souvenez-vous de votre premier contact avec l’argent, enfant?

Tout gamin, mes grands-parents me donnaient de temps en temps une pièce de 20 francs belges, ce qui me permettait d’acheter des bonbons. Ma maman me gardait aussi de côté un petit porte-monnaie dans lequel elle mettait mes économies. Je me souviens d’ailleurs être une fois tombé dessus par hasard, c’était un peu le trésor d’Ali Baba. J’avais filé au magasin pour aller acheter une tonne de bonbons et elle m’avait surpris. C’est vrai que je suis particulièrement branché sucreries, toujours d’ailleurs. J’essaye de manger avant d’aller au magasin, sinon j’en achète à coup sûr (rires).

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect