interview

Philip Mestdagh: "En tant que coach, je gagne à peu près la même chose qu'un enseignant"

©Dieter Telemans

55 ans/Yprois/Trois enfants/Enseignant de formation/Coach des Belgian Cats depuis 2015/Lors de la Coupe du monde, l’équipe nationale féminine de basket-ball a atteint la demi-finale

Regrettez-vous certaines de vos décisions financières?

Quand j’étais jeune, mon premier objectif était de gagner ma vie le plus rapidement possible et de vivre seul. C’est pourquoi à 18 ans je travaillais déjà dans le secteur de la construction. Pendant dix ans, j’ai travaillé sur des chantiers, par tous les temps. Cette décision m’a peut-être fait passer à côté d’autres opportunités. Après dix ans, j’ai fini par reprendre des études et ensuite j’ai commencé ma vie d’enseignant.

En cinq chiffres
  • 8682: "C’est l’ancien code postal de Beselare. Mon village natal, le village où j’ai grandi et où j’ai vécu une jeunesse fantastique."
  • 94: "Ça a toujours été mon numéro en tant qu’enseignant au VTI d’Ypres. J’y ai donné cours pendant 25 ans. J’ai beaucoup aimé. Le chiffre 94 restera toujours gravé dans ma mémoire."
  • 3: "C’est le nombre d’enfants que nous avons ma femme Jo et moi. Nos enfants sont formidables. Ils ont quitté le cocon familial un par un et nous sommes toujours très heureux lorsqu’ils viennent nous voir."
  • 2015: "L’année où j’ai été nommé ‘head coach’ de l’équipe nationale féminine de basket-ball. Une équipe qui a accompli de grandes choses. Ce fut le début de ma carrière de coach professionnel."
  • 72: "Le numéro de notre petit nid à Ypres. J’espère que je pourrai y vivre jusqu’à mon dernier jour."

 

 

 

 

Gérez-vous vos finances vous-même?

Sur ce plan, j’ai beaucoup de chance, car ma femme travaille dans le secteur bancaire. Elle s’y connaît beaucoup mieux que moi et elle gère les finances de la famille. Elle est à la fois ma comptable et ma banquière. Je sais que nous avons quelques investissements sûrs, mais ne me demandez pas lesquels!

Quelle la meilleure décision que vous ayez prise sur le plan financier?

Acheter avec ma femme une maison mitoyenne. Je me félicite encore aujourd’hui que nous ne nous soyons pas trop endettés pour faire construire une grande et luxueuse villa. Nous avons préféré rénover une maison modeste au centre d’Ypres, où nous avons élevé nos trois enfants. Ce fut de loin notre meilleur investissement.

En Belgique, est-il possible de bien gagner sa vie en tant que coach de basket-ball?

Il ne faut pas faire ce métier pour l’argent. J’ai cependant fait en sorte de gagner l’équivalent d’un salaire d’enseignant. Je suis surtout coach par idéalisme et par passion, car je travaille beaucoup plus que dans l’enseignement. Et je n’ai pas de vacances, car j’entraîne à la fois l’équipe de Namur et l’équipe nationale. Pour moi, ce n’est pas un problème, car j’ai pu faire un métier de ma passion.

"Investissez dans des choses que vous pouvez déduire de vos impôts. Par exemple, nous étions les premiers à installer des panneaux solaires. Dès qu’un emprunt était remboursé, nous regardions si nous pouvions investir ailleurs, par exemple dans la rénovation de nos garages."
Le conseil

Est-ce que vous gagneriez plus en entraînant une équipe à l’étranger?

Très certainement. Jusqu’à tout récemment, ce n’était pas une option, car les clubs étrangers ne cherchaient pas un coach dans la petite Belgique! Mais suite aux bons résultats de l’équipe nationale, j’ai reçu plusieurs propositions. Mais je n’ai pas envie de me lancer dans une aventure à l’étranger. Mon objectif n’est pas de travailler dans une équipe où l’on vous licencie après trois défaites. Je n’accepterai une nouvelle mission que si j’ai l’opportunité de construire quelque chose.

Comment gérez-vous les incertitudes financières caractéristiques du statut de coach?

Nous sommes en effet susceptibles d’être remerciés en cas de défaites répétées. J’ai cependant l’avantage d’avoir opté pour une interruption de carrière dans l’enseignement. Je peux donc toujours reprendre mon ancien métier si besoin est.

Dans son portefeuille: "J’ai toujours un peu de cash sur moi. Je fais encore partie de la ‘vieille école’ et je n’aime pas trop les méthodes de paiement modernes. Mais j’ai toujours mes cartes Bancontact et Visa sur moi. J’ai aussi mon permis de conduire, ma carte de groupe sanguin, etc. dans mon portefeuille. Et surtout aussi 4 petites photos: une de ma femme Jo et de mes enfants Robin, Kim et Hanne." ©Dieter Telemans

Quel est le message que vous souhaitez transmettre à vos enfants sur le plan financier?

Que l’argent n’est pas la chose la plus importante dans la vie. Une de mes deux filles joue au basket-ball au niveau professionnel à l’étranger. L’an dernier, Kim jouait dans une équipe turque, où elle gagnait bien sa vie. Mais elle n’était pas heureuse. J’ai essayé de lui faire comprendre que les considérations financières ne devaient pas prévaloir dans ses décisions. Aujourd’hui, elle joue dans une autre équipe. Elle gagne moins, mais elle se sent beaucoup mieux.

Qu’est-ce qui vous agace le plus en matière financière?

Je ne supporte pas les gens qui se montrent arrogants parce qu’ils ont de l’argent. Je viens d’une famille d’ouvriers qui vivait selon la devise "tais-toi et continue". J’y adhère totalement. Nous allons régulièrement au restaurant et nous apprécions une bonne bouteille de vin. Nous aimons voyager. Mais tous ces petits plaisirs ne doivent pas nécessairement être exceptionnels.

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