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Salvatore Curaba: "Même à mon niveau, j'ai encore souvent peur, mais je me dis qu'il faut se lancer"

56 ans/Né à La Louvière/Issu d’une famille ouvrière de cinq enfants, d’origine sicilienne/A étudié l’informatique à l’ICET Cuesmes/Fondateur d’Easi en 1999, Entreprise de l’Année 2019 (Ernst & Young), "Best Managed Company" (Deloitte, 2018) et 5 fois "Best Workplace" (Great Place to Work) /Ex-footballeur professionnel au Royal Charleroi SC /Conférencier/Propriétaire du restaurant Le Drapeau Blanc/Président du club de football RAAL La Louvière/Père de deux enfants.
©Debby Termonia

Quand vous aviez 25 ans, vous avez laissé tomber le football professionnel et votre carrière d’ingénieur en IT pour devenir représentant commercial chez IBS. Pourquoi?

Je pense que je sentais que je n’allais pas être un grand joueur et je n’étais peut-être pas très heureux. C’est dur, le métier de footballeur: il y a un match toutes les semaines, un noyau de 23 joueurs alors que 11 seulement peuvent jouer. C’est très dur à supporter. Je savais que j’avais des qualités commerciales, donc je me suis dirigé vers la vente.

Quel est le plus bête ou le pire achat que vous ayez fait?

Je m’en souviens encore! Je devais avoir 15-16 ans, mes parents avaient une toute petite maison en Sicile. J’ai insisté pour qu’ils m’achètent une moto là-bas et je ne l’ai utilisée que durant deux étés pendant 15 jours. Je regrette très souvent cet achat car ça ne se fait pas d’insister auprès de ses parents.

En cinq chiffres
  • 1999: La date de création d’Easi.
  • 19: Mon dernier numéro de maillot au Sporting de Charleroi.
  • 93: Mon matricule de football à la RAAL La Louvière.
  • 7100: Le code postal de La Louvière.
  • 1986: L’année de rencontre de mon épouse Patricia.

Quel type d’éducation financière donnez-vous à vos enfants?

Je déteste les dépenses inutiles, ce qui est superflu, et mes enfants également. Ils ont le véritable sens de l’argent. On est très attentifs à l’argent, sans tomber dans l’excès. Nous sommes prêts à faire de grosses dépenses pour l’immobilier par exemple, mais je déteste le gaspillage et les caprices.

Enfant, receviez-vous de l’argent de poche? À quoi le dépensiez-vous?

Non, mais j’ai eu la chance d’avoir une toute petite voiture à 18 ans. Il fallait cependant du carburant et j’étais très embêté de demander de l’argent à mes parents. Quand j’ai eu mon premier contrat au Sporting de Charleroi, je devais m’y rendre depuis La Louvière, mais je n’avais pas assez d’argent pour mettre du carburant. C’est la première fois que j’ai dû demander une avance à mon employeur.

À quel âge souhaiteriez-vous pouvoir prendre votre retraite? Vous voyez-vous arrêter un jour, ou pas du tout?

Non, car je ne fais pas de différence entre le travail, le sport et la vie privée. J’accomplis des projets et j’en suis passionné. Je n’ai jamais eu le sentiment de devoir travailler. La taille du projet n’a pas d’importance. J’y mets toujours la même énergie et le même sens des responsabilités. Chaque nouveau projet me passionne, à tous les niveaux.

L’argent ne doit jamais être un objectif. Ce n’est pas une fin en soi. Je n’ai jamais regardé à l’argent, je n’évalue rien par rapport à l’argent. Dans tous les cas, on ne doit pas changer, quelles que soient nos richesses.
Le conseil

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui entame des études ou qui se lance dans la vie active?

Il faut sortir de sa zone de confort, accepter de travailler beaucoup, mettre le travail avant les loisirs. C’est normal d’avoir peur, mais il faut développer son courage. Même à mon niveau, encore maintenant, j’ai souvent peur, mais je me dis qu’il faut y aller, se mettre en mouvement et ne pas accepter telles quelles les habitudes. Il faut oser remettre en question tout ce qui se passe autour de soi.

Quelle définition donneriez-vous de quelqu’un de riche?

Je ne me pose pas cette question car, de toute façon, il y a toujours quelqu’un de plus riche que vous. La richesse n’est pas une qualité, il n’y a rien derrière. Je n’aimerais pas qu’on dise de moi que je suis riche, mais plutôt travailleur ou courageux.

Dans son portefeuille: "Je n’ai pas de portefeuille car ça prend de la place. J’ai un porte-cartes avec 2-3 cartes de crédit, des cartes vitales, environ 5-6 cartes en tout, et un billet de 50 euros. J’ai rarement du cash mais j’essaie d’avoir toujours un billet de 50. Je paie un maximum avec des cartes de débit car je trouve que les cartes de crédit sont du vol par rapport au commerçant." ©doc

Si vous deviez réduire votre train de vie, que sacrifieriez-vous?

Les vacances. J’ai une villa au Maroc, un appartement en Espagne. Je vais au moins 4 ou 5 fois par an en vacances. Mais quand je suis en vacances, je travaille quand même 6 heures par jour. Comme j’ai deux voitures, je pourrais en éliminer une.

Vous demande-t-on souvent conseil ou de l’argent à prêter?

On me demande conseil au moins trois ou quatre fois par semaine. Encore ce matin, une personne m’a sollicité sur LinkedIn. Je prends toujours le temps de rappeler. Quand on me demande des rendez-vous, je n’ai pas souvent le temps mais j’invite alors les personnes à une conférence et je peux discuter avec elles après.

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