interview

Tanguy van de Werve: "Il m'a fallu dix ans pour apprendre à vendre une action à perte"

©RV-DOC

Tanguy van de Werve (50 ans) est directeur général de l’EFAMA (European Fund and Asset Management Association), l’association européenne des fonds et de la gestion d’actifs.

Quel est votre principal conseil en matière d’investissement?

Je sais que cela peut paraître ennuyeux, mais la diversification reste la clé d’une stratégie d’investissement réussie. Personne ne sait précisément comment les marchés financiers évolueront dans le futur. On ne peut pas compter sur les prétendus "tuyaux". Un portefeuille diversifié est le seul pilier sur lequel un investisseur peut s’appuyer.

Quel fut votre premier achat d’action?

À l’âge de 22 ans, j’ai acheté des actions McDonald’s, une entreprise que je connaissais bien comme étudiant. J’ai rapidement engrangé un beau bénéfice, même si j’aurais pu obtenir davantage en gardant les titres plus longtemps. En fin de compte, c’est cela le plus difficile: savoir quand il faut vendre. Et c’est encore pire quand une action est dans le rouge. Il m’a fallu dix ans pour apprendre qu’il valait parfois mieux se séparer d’une action, quitte à engranger une perte.

Investissez-vous dans des fonds?

J’investis surtout dans des actions individuelles. J’ai aussi quelques trackers avec lesquels j’investis dans des industries ou des marchés en croissance très spécifiques. Je possède notamment des trackers d’actions dans la cybersécurité, le secteur de l’eau et la Bourse indienne.

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Je recommande souvent les fonds d’investissement traditionnels aux personnes qui ont peu de temps à consacrer à leurs investissements, qui connaissent moins bien le domaine ou encore qui ne s’y intéressent pas. Je m’occupe par exemple des finances de ma mère. Pour elle, j’investis essentiellement dans des fonds d’investissement gérés activement.

Quels sont les produits dans lesquels vous n’investirez jamais?

Dans les produits que je ne peux pas déchiffrer moi-même, comme les options binaires ou les CFD. Dans mes jeunes années, il m’est arrivé d’investir dans des options et des warrants. J’ai beaucoup appris de cette aventure, mais au final, je ne suis pas un grand fan de ces produits. Le problème, c’est que lorsqu’on se rapproche de l’échéance, leur valeur peut chuter rapidement. Je préfère opter pour la simplicité.

Quelle est votre principale source d’agacement en matière d’argent?

Je déteste l’attitude des nouveaux riches. Ce n’est pas parce que vous réussissez au plan financier et que vous vous êtes constitué une fortune que vous devez regarder les gens de haut. Tout le monde mérite le respect. Je viens de rentrer d’un séjour dans les Alpes et je peux vous assurer que j’ai souvent constaté ce type de comportement.

Dans quel domaine dépensez-vous sans compter?

Dans les voyages et les vacances en famille. Nos sorties préférées se font avec le sac à dos. Nous avons par exemple passé trois semaines l’an dernier au Sri Lanka. Nous avons parcouru tout le pays en transports en commun locaux – bus et trains. J’apprécie beaucoup ces moments. Ma fille est décédée quand elle avait à peine sept ans, mais nous avons eu la chance de faire avec elle deux beaux voyages en Inde et à Oman. Ce sont des souvenirs qui ne me quitteront jamais.

Dans quoi détestez-vous investir de l’argent?

Dans de grosses voitures chères. Je pense que peu de personnes sont conscientes du coût total de leur voiture. Le prix d’achat, l’assurance, le carburant, les taxes et les entretiens coûtent beaucoup trop d’argent par rapport à ce que vous en retirez. Je préfère dépenser dans l’amélioration de ma maison et pour mon bien-être.

Investissez-vous dans l’immobilier?

Pour le moment, nous ne possédons que notre habitation. Le crédit hypothécaire étant remboursé, nous réfléchissons à la possibilité d’acheter un bien de rapport. Cela constituerait une forme de diversification de nos avoirs, car pour l’instant, 70% de nos économies sont investies en actions et le solde en numéraire.

Vous occupez-vous de l’éducation financière de votre fils?

Il a aujourd’hui 16 ans et je lui ai acheté ses premières actions quand il avait six ans. Quand il a eu dix ans, je lui ai expliqué ce qu’était une action. Il comprend donc des concepts tels que les bénéfices des entreprises, les dividendes et les impôts.

"Il m’a fallu dix ans pour apprendre à vendre une action à perte."

Que feriez-vous si vous n’aviez aucune limite au plan financier?

Je dépenserais, j’investirais dans l’immobilier et je voyagerais avec ma famille. Je donnerais peut-être aussi une autre direction à ma carrière en enseignant à temps partiel et en aidant à former les jeunes. Car au final, l’important ce sont les contacts humains, bien plus que les chiffres.

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