interview

Yann-Antony Noghès: "Je déplore les sentiments anti-riches primaires"

©Dieter Telemans

40 ans/Marié, trois filles/Journaliste et producteur de télévision monégasque/Depuis le 2 janvier dernier, il présente le magazine "Coûte que coûte" sur RTL TVI/Auparavant, il était correspondant à Bruxelles pour BFM TV et La Tribune/Diplômé en relations internationales à Boston et en journalisme de l’Institut Français de Presse/ Membre du Comité d’organisation du Grand Prix de Monaco/Fervent supporter de l’AS Monaco

Votre métier de journaliste économique influence-t-il votre façon d’appréhender les questions d’argent?

Au-delà de mon métier, ce sont mes origines et mon parcours qui ont conditionné mon rapport à l’argent. Je suis né à Monaco, où personne ne se retourne sur une Ferrari ou une Lamborghini tant il y en a, et j’ai fait mes études aux Etats-Unis, où tout le monde, du livreur de pizzas au jeune loup de Wall Street, est convaincu qu’il peut faire fortune. En fait, là-bas, il n’y a pas vraiment de jalousie. L’argent est une unité de mesure de la réussite. Et quand quelqu’un réussit, les autres regardent comment il a fait afin de s’en inspirer.

En cinq chiffres
  • 1929: "L’année de création du Grand Prix de Monaco par mon grand-père Antony Noghès."
  • 6/04/2004: "Le jour où l’AS Monaco a mis trois buts au Real Madrid en Champions League. Rien n’est impossible!"
  • 2015: "L’année de création de la société Check Productions avec mon frère et mon associé Alexandre Rougier."
  • 112: "Le nombre de personnes qui ont travaillé sur notre dernier documentaire."
  • 41,5%: "Coûte que coûte a battu le 10 avril un record historique d’audience (18-64 ans) alors que je redoutais une baisse en reprenant le flambeau."

Quelle est votre définition du "vrai luxe"?

À mes yeux, c’est parvenir à se façonner une vie professionnelle et personnelle sur mesure. Travailler où, quand et surtout avec qui on le souhaite et puis aussi, être libre de dégager du temps pour sa famille.

Aimez-vous le luxe?

Aucun objet ne me fait rêver, mais j’ai beaucoup d’admiration et de respect pour les produits haut de gamme qui sont le fruit d’une tradition, d’un savoir-faire.

J’apprécie le luxe quand j’estime que la valeur d’un objet ou d’une prestation est justifiée et n’est pas simplement le fruit d’une manipulation marketing surfant sur le besoin humain d’avoir ce que les autres n’ont pas et d’acheter l’article le plus cher.

Quel comportement relatif à l’argent vous insupporte?

J’ai un peu de mal avec les gens qui pensent que l’argent peut tout acheter, tout comme je déplore les sentiments anti-riches primaires.

"Il ne faut pas courir après l’argent coûte que coûte!"
Le conseil

Lors d’un acte d’achat, êtes-vous impulsif ou réfléchi?

Je recherche toujours le meilleur deal possible. Je n’achète par exemple des vêtements que deux fois par an pendant les soldes. Dans ce sens, j’imagine que je suis plutôt réfléchi. Mais une fois que je suis dans le magasin, je prends un peu tout ce qui me passe sous la main de manière assez impulsive, comme chez Ikea par exemple.

Essayez-vous de tirer le maximum des avantages fiscaux?

Je suis de nationalité monégasque et mon pays d’origine propose une fiscalité douce, avec une TVA normale et un impôt sur les sociétés, mais sans impôt sur le revenu. Or j’ai vécu, travaillé et payé des impôts pendant plus de quinze ans en Belgique, l’un des pays où le travail est le plus taxé en Europe. On a vu des optimisations fiscales plus agressives!

Mais oui, bien sûr, en tant qu’indépendant puis gérant de société, le niveau de déductibilité des dépenses a régulièrement guidé mes choix.

Quelles sont les choses pour lesquelles vous dépenseriez sans compter et celles pour lesquelles vous ne donneriez pas un sou?

La seule "folie" à laquelle je songe sérieusement, c’est offrir un tour du monde à ma famille. Sinon, avec mon épouse, nous investissons l’essentiel de nos revenus dans la pierre ou dans les objets qui prennent de la valeur.

Dans son portefeuille: "Mon portefeuille n’est techniquement pas un portefeuille. C’est un porte-cartes d’un grand sellier. Il est très fin et ne contient que le minimum vital: carte d’identité, cartes de crédit et cartes d’accès à mon immeuble et mon club de sport." ©Dieter Telemans

L’idée de dépenser de l’argent dans un loyer ou dans une voiture qui se déprécie de 10% dès sa sortie de la concession automobile ne m’enchante guère. En fait, je réalise en vous parlant que je n’ai jamais acheté de voiture neuve de ma vie! J’ai une old timer et sinon, je récupère généralement les anciennes voitures de ma femme.

Quel est l’objet dont il vous serait impossible de vous passer, même si vous pouviez le vendre cher?

Notre maison de famille. C’est un combat permanent pour la conserver. Il y avait une pub pour une carte de crédit qui se concluait systématiquement par "priceless". Pour moi, une maison de famille où nous avons vécu ensemble des moments de joie et de peine avec nos grands-parents, parents, frères, cousins et enfants, et où nous nous retrouvons tous plusieurs fois par an, cela n’a pas de prix.

Si vous deviez réduire votre train de vie, quelles dépenses sacrifieriez-vous?

D’abord, les sorties au restaurant. Et si ça allait vraiment mal, notre abonnement familial au stade de football!

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